Rencontre avec ETRANGE, par Alexis Cro-Mags

Unanimement salué par la critique, le premier album éponyme d’ETRANGE, basé sur un concept alliant cosmos, vide interstellaire ou questions existentielles, s’est imposé comme une des sorties majeures du dernier trimestre de l’an 2019. Un entretien s’imposait afin d’en savoir plus sur cet épopée spatiale et musicale à deux têtes.

Vous venez de sortir votre premier album éponyme. La critique réservée à ce disque semble unanime et amplement justifiée, tant du côté de vos pairs que celui du public. En avez-vous été surpris, voire émus ?

Deadale : Nous sommes très agréablement surpris des retours sur l’album. En faisant notre truc dans notre coin, en DIY (Ndr : acronyme anglophone de « do it yourself », que l’on peut traduire par « faire par ses propres moyens »), nous nous sommes faits plaisir avant tout et ne nous attendions pas à de tels retours de la presse et du public, un peu partout dans le monde. Nous ne te cacherons pas que cela fait quelque chose de recevoir des mails d’encouragements ou de félicitations. Par exemple, deux peintres nous ont envoyé des photos de leurs œuvres que notre album a inspiré. C’est plus que touchant !

La musique développée par Etrange s’apparente à une pyramide aux bases de laquelle fourmille une quantité de détails et subtilités convergeant vers le sommet de votre édifice musical. De quelle manière parvenez-vous à élaborer cette unité artistique au milieu de ce magma d’idées fulgurantes ?

Deadale : Aucune idée !!! (rire) Bien évidemment, notre inspiration est à rechercher dans divers courants musicaux et visuels, mais je crois que nous recentrons tout cela pour atteindre notre objectif principal, à savoir, créer des mélodies. Nous ne cherchons pas à en mettre plein la vue ou à foutre des notes partout. Ce qui compte le plus, c’est que nos morceaux aient du sens, qu’ils soient plus ou moins progressifs mais coulent de source.

Velhon : Dès le début, il a été décidé que l’album serait un concept avec une histoire, un fil conducteur. Nous nous sommes donc efforcés de donner à chaque morceau son identité propre mais également de créer une unité en plaçant dans certains morceaux des petits rappels de riffs et de mélodies provenant d’autres morceaux, mais travaillés différemment. Cela permet à la musique finale d’avoir une conception logique du début à la fin.

Comment vous partagez-vous les rôles de la composition ?

Velhon : L’écriture se fait de concert. On s’échange d’abord par mail des riffs, des thèmes, des arrangements. Ensuite on voit ce qui vaut le coup, ce qui peut être amélioré. J’articule alors tout ça ensemble, en modifiant si besoin pour obtenir une cohérence sur les harmonies, les modes,… De fil en aiguille, les morceaux prennent ainsi forme, et une fois que tout est en place du début à la fin, on écoute en boucle pendant des semaines et on réajuste les détails. Sur ce premier disque la participation de chacun dans la composition varie grandement d’un morceau à l’autre. Par exemple, toute la première partie de « Exile » est majoritairement issue des idées de Deadale, tandis que la majorité de « Nebula » vient de mes idées. On travaille vraiment au feeling selon la disponibilité de chacun. Il peut arriver que pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, il n’y ait pas d’échange, et d’un coup l’un de nous envoie un mail avec une proposition de morceau quasiment complet !

Deadale :  J’ajouterai que, même s’il s’agit d’un projet instrumental, nous écrivons au préalable une histoire qui nous sert de base de travail. C’est l’ossature de l’album autour de laquelle devront s’articuler certaines ambiances ou émotions.

La composition musicale en groupe implique nécessairement des compromis. Avez-vous eu à faire face à des divergences substantielles pour qu’un de vous deux se sente dans l’obligation de faire des concessions ?

Deadale : Nous avons évidemment des méthodes de composition différentes liées à des parcours musicaux qui le sont tout autant. Mais nous avons surtout une base solide d’influences communes. Paradoxalement, je n’ai pas souvenir de divergences notables pendant la composition de l’album, lequel s’est construit presque instinctivement. Nous suivons la trame de l’histoire que nous avons en tête, chacun s’inspire des idées de l’autre et nous en discutons beaucoup par mail. On enregistre nos parties de notre côté et Velhon se charge de l’assemblage final. C’est essentiel pour conserver une cohésion d’ensemble.

Votre œuvre affiche un goût prononcé pour le septième art, de par sa grandiloquence et son approche « bande originale » . Quel impact le cinéma a-t-il sur vos vies et votre inspiration ?

Velhon : On a grandi avec les jeux vidéo et les films des années 80. J’ai été influencé par les musiques de John Williams, James Horner,… Mais je pense que ce sont les jeux video qui ont eu le plus d’impact sur ma musique. A cette époque, la technique était limitée au son 8-bit et les compositeurs ne pouvaient pas se contenter de miser sur les gros sons épiques et réalistes d’aujourd’hui. Ils faisaient un vrai travail d’écriture pour dégager des harmonies et mélodies aussi « catchy » qu’emblématiques.

Deadale : Tout à fait. J’ajoute que nous ne pouvons dissocier la musique de Etrange de l’image au sens large, tels que les films, dessins animés, illustrations ou jeux vidéos, des bandes originales de films, voire de la littérature de science-fiction. Cela serait trop long de lister les monuments SF qui nous ont inspirés mais notre concept tourne autour du thème spatial, du voyage vers l’inconnu, des grandes questions existentielles, la cosmologie, l’immensité, le vide… C’est fascinant car l’Univers est à la fois magnifique et inquiétant ! C’est une source intarissable d’inspiration. C’est pourquoi nous avons aussi fait appel à Stan W. Decker (Ndr : illustrateur de pochette d’albums, bien connu des aficionados de heavy metal ) pour illustrer ce que nous avions en tête. C’était très important à nos yeux d’avoir un visuel qui colle à notre univers. Le résultat est au-delà de nos espérances.

Ainsi que vous l’évoquiez à l’instant, l’univers développé par Etrange évolue autour de l’espace et du cosmos. Aviez-vous cette idée de thématique dès la création du groupe ou est-ce venu plus tard, au fur et à mesure que progressait l’élaboration de l’album ? 

Deadale : La thématique spatiale s’est imposée d’elle-même, comme une évidence. Nous avons monté le groupe à l’automne 2017 et dès les premiers jets de riffs, de sonorités de claviers, nous savions où cela nous conduirait.

Peut-on citer Liquid Tension Experiment, Jean-Michel Jarre, Emperor ou John Williams comme influences marquantes de votre parcours artistique, même si cela reste sans doute bien trop réducteur ?

Velhon : Carrément, J’adore tous ces artistes. Jordan Rudess m’a énormément influencé sur le plan des sons de lead. A un moment donné, nous avions cité Emperor comme influence, mais il n’y en a pas vraiment de trace dans notre premier album. On peut par contre entendre une influence Enslaved, Mayhem ou encore Thorns sur les plans black de « Nebula » par exemple. Les grands compositeurs de musique de film comme Williams ou Horner ont également laissé une petite emprunte dans notre écriture, mais comme tu le dis il y a beaucoup d’autres influences, comme la variété des années 60 qui trouve d’ailleurs écho également dans le rock japonais des années 90 et 2000. Et puis, difficile de ne pas mentionner les groupes de heavy prog’ tels que Symphony X, entre autres.

Deadale : C’est marrant car, niveau sonorité de claviers, j’aurais plutôt tendance à citer Kevin Moore (rire). Oui, bien évidemment, il est impossible de passer à côté des classiques Dream Theater et Liquid Tension Experiment. Mais j’étais déjà énormément influencé par la scène metal prog’ instrumentale en général à travers des groupes tels que Planet X, Cosmosquad, Gordian Knot, mes potes de PaRaLLaXe. Et puis le heavy et le thrash qui ont bercé mon adolescence. Sans parler de tout un tas de groupes et artistes que je vénère. C’est sans fin (rire)

Etrange est-il destiné à se produire sur scène ?

Deadale : Non, et ce pour plusieurs raisons : la distance, le fait que nous soyons un duo, lequel fonctionne parfaitement en studio mais dont les performances ne conviendraient pas sur scène. Si l’on ajoute à cela le travail et la vie de famille, cela devient impossible.  Etrange est avant tout un projet studio de passionnés et nous souhaitons consacrer ce qui nous reste de temps libre à la poursuite de cette aventure au travers du processus de création.

Quels sont les liens vous unissant tous les deux ? Que pensez-vous vous apporter mutuellement, tant humainement qu’artistiquement ?

Velhon : Je suis pote avec le frère de Deadale depuis le lycée, c’est comme ça qu’on s’est connus. On se voit peu car je vis à Bordeaux et lui à Paris. Tous nos échanges concernent la musique. On s’échange des groupes à écouter, du prog’ bien sûr, mais Deadale est un très gros fan de death metal technique. Quant à moi, je reste un gros fan de black metal, ce qui nous permet de nous enrichir mutuellement.

Deadale : Vel et moi nous connaissons depuis des années mais c’est le hasard qui nous a conduit à créer Etrange. Ce qui nous lie, c’est cette passion commune pour la musique. Ce qui nous grandit, c’est le fait de concrétiser ce projet qui nous tient à cœur. Avec Etrange, on se fait vraiment plaisir ! Et tout le reste, comme par exemple cet entretien avec toi, c’est la cerise sur le gâteau !

Quel serait le pire défaut de votre alter-ego ? A changer ou non d’ailleurs, pour l’écriture du second album…

Deadale : Honnêtement ? Je n’ai rien à reprocher à Velhon. C’est le couteau-suisse du groupe, un bourreau de travail, un excellent musicien, un ingénieur du son, un photographe, un graphiste, un informaticien… S’il sait faire la cuisine, c’est l’homme parfait ! (Rire)

Velhon : J’ai une bonne maîtrise de la cuisson des frites, c’est un bon début ! (rire)  Bien évidemment, rien à redouter de la part de Deadale pour l’acte 2 d’Etrange, notre duo fonctionnant aux petits oignons (rire) Nous créons la musique que nous souhaiterions entendre, et nous sommes avant tout notre premier public. C’est juste du plaisir pur.

L’album Etrange est toujours disponible à l’achat physique ou numérique via ce lien

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On stage with… XAVIER, vocaliste de MALEMORT

CREDIT PHOTO « PICS ‘N’ HEAVY »

MALEMORT, auteur d’un somptueux second album intitulé Ball Trap (2016), est sans doute le groupe français qui monte exponentiellement ces dernières années, sur  disque autant que sur les planches. Un potentiel scénique énorme ayant poussé les organisateurs du HELLFEST à confier l’ouverture de l’édition 2018 du festival de Clisson au groupe de Xavier, chanteur de son état, sur l’une des Mainstages de surcroît. Une opportunité gravée dans la mémoire collective, mais aussi et surtout sur un album live paru en exclusivité ce mois-ci en complément du numéro estival anniversaire des confrères de ROCK HARD. L’occasion de revenir sur le rapport intime qu’entretient Xavier avec la scène, son histoire personnelle liée à celle-ci, ou bien encore les habitudes que sont les siennes autour de son terrain de jeu. Sans omettre quelques réflexions quant à cet incroyable événement  lié au Hellfest l’an passé.

Te souviens-tu de la première fois où tu t’es retrouvé face à une scène, que ce soit lors d’un concert, d’une pièce de théâtre ou lors d’un tout autre événement ? Ou peut-être un souvenir de spectacle de fin d’année étant enfant ?

Je m’en souviendrai toute ma vie. Il s’agissait du Messie (Ndr : oeuvre composée en 1741) de Georg Friedrich Haendel, dans la Cathédrale Notre-Dame de Senlis. Je devais avoir 7 ans. Ma mère en était choriste. Dans l’obscurité du lieu Sacré, j’ai ressenti toute la puissance que peut dégager la musique.

Penses-tu que ce moment face à la scène ce jour-là t’a donné inconsciemment envie d’y bondir et de t’emparer d’un micro ? Ou est-ce venu bien plus tard ?

Absolument pas ! Bien trop hors de portée. Pendant longtemps, ça ne m’a absolument pas effleuré. Il a fallu le miracle du début des 90’s et de l’adolescence, de même que les vhs visionnées avec les potes au prix de cours séchés et la fascinante complémentarité scénique des Guns N’Roses, la puissance de Metallica – le Live Shit (1993), notamment le concert de Seattle sur la tournée … And Justice For All (1988) qui a beaucoup tourné – la maestria de Steven Tyler (AEROSMITH) ou bien encore l’impériale présence scénique de Bruce Dickinson (IRON MAIDEN).

Enfant, étais-tu d’un naturel timide, réservé ou plutôt éloquent et désinhibé ?

J’ai assez vite aimé la discussion, la confrontation des points de vue, mais de là à se mettre en scène, à attirer les regards, il y a un pas que je ne franchissais qu’occasionnellement.

As-tu le souvenir de ta première scène en tant qu’artiste ?

Curieusement, j’ai fait beaucoup de scène, relativement jeune d’ailleurs, car je suivais un cursus scolaire particulier incluant une grosse formation musicale au conservatoire, mais sans ressentir le vrai grand frisson. J’appréciais la puissance ressentie au sein d’un orchestre symphonique, ou la prise de risque que représente une formation plus restreinte comme le quatuor, mais pas de vocation en vue.

Avec le recul, vois-tu la scène comme une évidence pour ton équilibre physique, mental et moral ? Certains artistes y voient comme une sorte de thérapie, d’introspection. Pierre Desproges en parlait même, dans un de ses sketchs, comme d’une thérapie de groupe, même si c’était déclamé sur le ton de l’humour.

Je ne pense pas que dans mon cas je parlerais d’équilibre. Je cherche même plutôt le lâcher prise, la perte de repère, et donc une forme de déséquilibre. Le concert doit permettre d’ouvrir une faille afin de te conduire au-delà du raisonnable, du quotidien. Et c’est ce pas de côté qui fera aussi voyager ton public.

Je crois savoir que tu es professeur de Lettres dans le « civil ». Transmettre son savoir est sans doute le plus beau métier du monde. Peux-tu dresser un parallèle entre cet « exercice scénique » quotidien – ou presque, selon ton emploi du temps ! – et ton rôle de frontman sur scène au sein de MALEMORT ? Y a-t-il des similitudes entre ces deux exercices, même à des degrés différents ?

Il y a effectivement de larges parallèles à tracer. Un bon professeur est un frontman. Il va chercher l’attention jusqu’au fond de la classe, la capte et ne relâche la pression que pour mieux rebondir et rythmer la séance. Son autorité est reconnue car chacun sent qu’il sait où il veut vous emmener. Et bien sûr, il sait théâtraliser son attitude, tout en exprimant une grande sincérité ! Mes deux métiers me donnent parfois l’impression de n’en former qu’un seul. Dans les deux cas, tu es en première ligne, tu fais le show et tu crois totalement en ta mission.

MALEMORT a eu l’opportunité d’ouvrir l’édition 2018 du Hellfest sur la Mainstage. J’imagine aisément que ce fut un moment très, très spécial pour toi, comme pour le groupe. Comment as-tu appréhendé ce show exceptionnel ? De quelle manière le groupe – et toi en particulier – a-t-il préparé cet événement si intense ?

Cet événement est effectivement capital pour tout groupe qui le vit, pour la bonne raison que le Hellfest est le plus beau festival metal du monde. C’est quasiment un lieu de pèlerinage. Jouer là bas, notamment pour un groupe français, c’est recevoir la médaille du travail ! Et cet instant de reconnaissance est d’autant plus important lorsque tu connais les conditions de vie d’un groupe indépendant de metal en France. Avec MALEMORT, nous avons décidé de préparer ce show comme une performance. Nous avons combiné préparation au millimètre en salle de répétition et lors de différents concerts pour la vibration. La seule chose à laquelle nous ne pouvions nous entraîner, c’était l’occupation d’une scène aussi vaste que la Mainstage. Nous aimons remuer, mais nous le faisons souvent sur des espaces très restreints. Certains excellents groupes de club semblent parfois moins efficaces sur des grandes scènes. A mon grand soulagement, nous nous sommes tout de suite sentis à l’aise sur cette grande plaine et nous avons même pris plaisir à la fouler de long en large, nos réflexes habituels de scène fonctionnant finalement très bien à plus grande échelle.

CREDIT PHOTO « PICS ‘N’HEAVY »

Pour rester dans une métaphore scolaire, ton taux d’adrénaline en ce jour de juin 2018 était-il aussi élevé que celui qui est le tien lors d’une rentrée des classes ?

Oh, je suis un vieux briscard, j’ai fait un paquet de rentrées, et à vrai dire, j’aime cette petite montée d’adrénaline. Il en est de même pour la scène. La seule chose qui m’angoisse est la peur de ne pas être en voix. Mais derrière la scène de la Mainstage, une fois que j’ai su que le public était massivement au rendez-vous malgré l’horaire matinal, j’ai senti que nous allions faire un beau concert.

Sans trahir un secret inavouable, as-tu une préparation spécifique avant de monter sur scène ? Des habitudes à ne jamais changer ? Es-tu superstitieux ? As-tu un porte-bonheur ? Es-tu plutôt décontracté ou extrêmement tendu et concentré ?

J’ajuste ma cravate, mes bretelles et je me retrouve dans ma tenue de super-héros frenchie  ! Isolation du monde extérieur grâce à mes in-ear vissés dans les oreilles, chewing-gum mâché à m’en décrocher la mâchoire, un coup d’œil sur le public, un autre sur la setlist, et je bascule…

A part le fait de te souvenir des paroles, à quoi penses-tu sur scène ?

Tu ne crois pas si bien dire ! C’est le pépin qui m’arrive le plus souvent ! Au théâtre, je serais catastrophique… Et comme je chante en français, baragouiner du yaourt est assez vite détectable ! Certaines personnes vivent assez fortement les textes de MALEMORT, et je me dois de ne pas casser leur voyage, même si en réalité, en concert, c’est parfois assez imbitable ! Sur scène, toute mon attention va au public et à l’énergie que je peux lui envoyer. Je fais volontairement abstraction du reste.

Dirais-tu que tu es dans un état second lors d’un concert ?

Une part de moi reste parfaitement consciente, analytique, mais au fil des ans, je suis parvenu à la réduire au tiers, ce qui me paraît un bon ratio. Je contrains l’autre part à la déraison, à la transe.

Y-a-t-il des améliorations qui te semblent nécessaires d’apporter s’agissant de tes prestations scéniques ?

Oh, bien sûr, je suis probablement mon juge le plus sévère, et dans MALEMORT, nous visionnons régulièrement nos concerts pour retravailler ce qui nous paraît mauvais ou perfectible. Un concert est un show, et pas seulement une représentation musicale. Mais ne compte pas sur moi pour t’indiquer les défauts de cuirasse ! Les musiciens sont des soldats, et ils doivent aussi savoir se protéger…

Comment entretiens-tu ta voix ? La travailles-tu régulièrement pour la garder au maximum de ses capacités sur scène ?

Ma voix est à l’opposé de ce dont j’ai toujours rêvé et elle est limitée. Je me suis rêvé en Axl Rose ou en Bruce Dickinson, et je me fais quasiment l’effet d’un Gainsbourg. Attention, j’admire tout le premier versant de l’oeuvre de ce génie. Nous portons tous notre croix ! Mais en même temps, elle dit assez fidèlement qui je suis. Je chante très régulièrement, je m’échauffe avant de monter sur scène, mais à vrai dire, ma voix est aussi têtue que moi, elle fait comme bon lui semble !

Si tu en avais la possibilité, que penserais-tu de Xavier, chanteur du groupe MALEMORT, en le voyant sur les planches tandis que tu serais au milieu du public ? Qu’aurais-tu envie de lui dire ?

Le p’tit gars envoie le pâté comme si sa vie en dépendait, il aime les gens qui sont devant lui, et c’est tout ce qui compte.

Comment gères-tu les imprévus techniques pouvant hélas parfois arriver lors d’un concert ? As-tu un souvenir douloureux ou savoureux à nous conter ?

Depuis que j’ai vu une année au Hellfest le frontman de AIRBOURNE meubler une coupure générale de courant en communiquant avec le public par gestes pendant dix minutes, je considère que peu de choses peuvent nous empêcher de donner un concert. Le public a fait des bornes pour te voir, il n’a pas à pâtir de problèmes secondaires. Les chutes, les vomis en bord de scène, les coups de jus, ça fait partie des inconvénients du métier !

Quelle actualité pour MALEMORT ? Quels projets dans un futur à plus ou moins long terme ?

Nous travaillons maintenant à la composition du troisième album, qui sera assurément audacieux.

Merci infiniment Xavier de t’être prêté à cet exercice. Bon vent à toi et  bonne route à MALEMORT !

Merci à toi pour cette sortie des sentiers battus.

Ball Trap toujours disponible à l’achat numérique ou physique via ce lien

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MONOLYTH, les (18) marches de la gloire

PHOTO ALBAN JIMENEZ

Il est de ces rencontres dont on souhaiterait qu’elles se prolongent davantage mais dont la durée impartie nous est malheureusement comptée. Pas que l’interlocuteur soit pressé que la discussion se solde par un arrêt brutal mais plutôt par une préparation d’entrevue bien trop maigre au regard des réponses avancées, de la spontanéité d’un discours fleuri ajouté à une extraordinaire gentillesse des membres d’un groupe sentant bon l’amour de l’art créé et pratiqué. MONOLYTH, puisque c’est de lui qu’il s’agit, regorge d’un potentiel musical et scénique enviable tout en avançant à pas de géant vers une renommée nationale et européenne, lui qui dispose d’une fan base extrêmement solide si l’on en juge par l’accueil fait à son dernier album  » A Bitter End / A Brave New World » et la réputation grandissante dont jouissent ses membres. Rendez-vous était donc pris le 14 décembre dernier aux 18 Marches de Moissy-Cramayel, petite salle des plus agréables, nichée au cœur de la Seine et Marne, pour un échange bien appréciable avec un groupe soudé, bourré d’auto-dérision mais fortement impliqué dès lors qu’il s’agit de créer et de présenter sa musique dans des messages scéniques orbi et urbi ou enregistrés sur galette (la chronique de la dernière sortie de MONOLYTH est toujours à consulter par ICI). Rencontre avec un groupe absolument délicieux, disposant d’un album solide et bienheureux. Continuer la lecture de MONOLYTH, les (18) marches de la gloire

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ABDUCTION Guillaume Fleury fait son introspec-view (2/2)

PHOTO PAULINE ROYO

Seconde et dernière partie de notre entretien avec Guillaume Fleury, guitariste et principal compositeur de la musique d’ABDUCTION, qui s’est de bonne grâce prêté à la première « introspec-view » de Pré en Bulle. Un immense merci à lui.

Guillaume, tout d’abord merci d’essuyer les plâtres de cette nouvelle formule d’interview, l’introspec-view. Peux-tu, dans un premier temps, nous dire d’où tu viens, dans quel environnement tu as grandi ?

J’ai grandi en banlieue parisienne. J’ai commencé ma vie dans des tours HLM, puis dans un second temps dans des cités résidentielles truffées de petites maisons, plutôt entrée de gamme, dans un quartier populaire. (sourire) J’étais ce qu’on appelle un petit garçon assez énergique, pas du tout introverti comme c’est le cas aujourd’hui. Je le suis devenu par la force des choses, par l’expérience de la vie. J’étais un enfant très enthousiaste, très bavard, affable et ouvert. C’est ensuite que les choses plus ou moins délicates de la vie m’ont amené à m’endurcir. En fait, tout bien considéré, je n’ai pas forcément grandi dans un environnement « rêvé » puisque j’étais au milieu d’une banlieue parisienne pleine de béton mais lorsque j’ai eu 12 ans, mes parents ont décidé de partir vivre à la campagne, ce qui a changé certains paramètres. Continuer la lecture de ABDUCTION Guillaume Fleury fait son introspec-view (2/2)

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ABDUCTION, une musique sombre et empirique, au discours Fleury – Entretien (1/2)

PHOTO PAULINE ROYO

Fort d’un nouvel album, A L’heure Du Crépuscule, paru en mars dernier via le label Finisterian Dead End, que les amateurs de black metal qualifient de totale réussite, ABDUCTION se pose en fervent défenseur d’une certaine idée de l’art qu’il pratique. Amoureux fou de la langue de Molière et doté d’un savoir-faire singulier, le groupe français se plait à progresser jour après jour davantage, tel un artisan soucieux du travail bien fait. Rencontre avec Guillaume Fleury, guitariste et principal compositeur d’ABDUCTION, un garçon aussi humble que talentueux et visionnaire.

Bonjour Guillaume ! Pour les lecteurs qui ne connaissent pas ABDUCTION, peux-tu revenir succinctement sur la genèse du groupe s’il te plait ?

Bien sûr ! La formation du groupe remonte à 2006. Cela faisait déjà plusieurs années que je souhaitais mettre en pratique cette passion, à savoir concrétiser la chose et ne plus seulement rester passif, uniquement dans l’écoute. A titre personnel, il y a eu un élément déterminant qui m’a poussé davantage encore. Il s’agit de la mort de Jon Nödtveidt, le leader et fondateur de DISSECTION (Ndr : DISSECTION fut un groupe suédois de black/death metal extrêmement populaire, en particulier durant les années 90, et respecté malgré les démêlés judiciaires de son leader. Nödtveidt a mis fin à ses jours le 13 août 2006). C’est à cette période que j’ai basculé véritablement dans le black metal. DISSECTION a été une véritable révélation pour moi. Continuer la lecture de ABDUCTION, une musique sombre et empirique, au discours Fleury – Entretien (1/2)

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Cékidonk…pour Arno Strobl ?

PHOTO CYRIL MAZAK BEZE

En plus de l’interview accordée à Pré en Bulle dans le cadre de la sortie du premier album éponyme de FREITOT, Arno Strobl a accepté de se prêter au petit jeu du Cékidonk. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il en dépasse allègrement, du cadre. Une entrevue savoureusement drôle et tout simplement humaine. A son image. Continuer la lecture de Cékidonk…pour Arno Strobl ?

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FREITOT Interview Arno Strobl

PHOTO PAULINE SARTHOU – TALARN

C’est par Skype que le vocaliste Arno Strobl a accepté de se prêter au jeu de l’interview avec sa bonne humeur légendaire. Il revient sur l’aventure FREITOT, en dévoile les coulisses, les tenants et les aboutissants. Entrevue des plus agréables pour Mister Strobl semble-t-il puisque dans la foulée de cet entretien promotionnel, la chanteur a accepté de bonne grâce de se frotter à la rubrique « Cékidonk pour… » – en ligne très prochainement.

Continuer la lecture de FREITOT Interview Arno Strobl

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Rencontre avec SLIM PAUL, Paris le 12 avril 2018

 

A quelques heures d’un show magistral donné sur la scène du Hasard Ludique à Paris, dont le report en toujours en ligne, SLIM PAUL s’est confié sur son parcours, ses ressentis et son amour de la musique. Un artiste touchant, passionné et passionnant. Continuer la lecture de Rencontre avec SLIM PAUL, Paris le 12 avril 2018

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