BLOODLET @ Le Petit Bain, Paris – 19 janvier 2020, par Julien Masson

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Tournée des 25 ans Darkest Hour + Fallujah + Bloodlet + Une Misère

Un froid glacial souffle sur les quais vides du 13e arrondissement parisien. Dans un Petit Bain relativement vide (ou à moitié plein), un événement à marquer d’une pierre blanche : BLOODLET va fouler le sol français. C’est une première qui vaut son pesant d’or. Le groupe, qui existe depuis presque 30 ans, n’a posé q’une seule fois le pied en Europe, à Berlin en 1998. Ce qui est amusant, c’est que BLOODLET n’est qu’une première partie pour accompagner cette tournée des 25 ans de DARKEST HOUR, laquelle n’a pas l’air de soulever les foules, en tout cas à Paris ce soir. Peu importe, on est là pour BLOODLET qui hante nos oreilles depuis notre jeunesse, fort de 3 albums dont le chef-d’œuvre The Seraphim Fall (1998), un album qui s’écoute de la première à la dernière note de façon quasi religieuse.

le groupe islandais UNE MISÈRE terminant son set, il est temps de passer aux choses sérieuses. BLOODLET se branche, pas de temps à perdre, le set s’annonce serré avant les têtes d’affiche. Placé au premier rang, on se dit qu’on hallucine : on va voir BLOODLET en live ! On a du mal à y croire, le sourire reste figé. On a besoin de le dire au bassiste qui finit de « plugger » son instrument. Il rigole. Lui aussi semble avoir du mal à y croire.

CREDIT PHOTO JULIEN MASSON

Lumière rouge, celle qui sied le mieux à la musique du groupe, et c’est parti. « Brainchild » et « Something Wicked » lancent l’assaut. Comme à son habitude, le groupe ouvre avec ses classiques de 1995, tirés de l’excellent Entheogen. On a l’impression d’être sur Youtube, seul moyen jusqu’à présent de voir le groupe en live pour nous, pauvres européens que nous sommes. C’est beau, c’est totalement maîtrisé, ça groove et ça réveille les morts. Scott Angelacos est comme un prêtre démoniaque, appuyé sur son micro. Il a une classe folle. On l’espérait, on l’a eu ce « Shoot The Pig », LE morceau obsessionnel pour tout fan du groupe – dont la vidéo issue du concert est à découvrir en pied d’article. 1’40 de pure haine avec son riff en boucle qui donne envie de prendre un mur et de le casser à coup de latte (remplacer « mur » par « les gens »). On ne va pas se mentir, on attendait ça depuis deux décennies. « Cherubim », « CPAI-75  » , la setlist à une classe folle et offre un panorama parfait de la carrière du groupe qui ensuite nous pousse dans le précipice avec « Whitney », morceau ouvrant The Seraphim Fall. C’est fort et démoniaque. On en met des coups de poing dans les retours du bord de scène parce qu’on n’a pas le choix : il faut que ça sorte ! « Holy Rollin Homicide », classique de chez classique issu de leur album de 2002, Three Humid Nights In The Cypress Trees  produit par Steve Albini, vient parachever ce best of total du groupe, avant d’envoyer un « Viper in Hand » cru 2019 en guise d’uppercut. Rideau.

La lumière se rallume, on est sonnés, on reste figés, on a l’impression qu’on vient de nous piquer à l’adrénaline. On vient vraiment de vivre ça ? Était-on plus de 10 dans la salle à comprendre l’importance de l’événement ? Je ne pense pas. Tant mieux : BLOODLET est un des secrets les mieux gardés de la musique. Cerise sur le gâteau, la gentillesse du groupe prendra le temps de se poser quelques instants après le set pour signer le disque fraîchement acheté. Evidemment, on a besoin de leur dire à quel point on les aime. On veut savoir des détails sur tel ou tel morceau, on exprime notre amour pour tel riff, tel album. Leurs sourires ne trompent pas : ça leur fait du bien. Grosses accolades, on les laisse tranquille et on rentre chez nous parce qu’après cette expérience quasi mystique, le reste nous paraît forcément très fade. Merci BLOODLET.

CREDIT PHOTO JULIEN MASSON

Du reste de l’affiche, on ne retiendra pas grand-chose. UNE MISÈRE, annoncé comme le groupe Nuclear Blast à suivre en ce moment, propose un metal beatdown de bonne facture en live, mais qui ne transcende pas sur album. FALLUJAH a offert un set brouillon niveau son. Les morceaux sont un peu pénibles à écouter, et les poses du groupe sont insupportables. Partis après, on « manque » DARKEST HOUR, sans regret après avoir écouté quelques albums le lendemain.

SETLIST BLOODLET

Brainchild
Something Wicked
Shoot the Pig
Cherubim
CPAI-75
Whitney
Holy Rollin Homicide
Viper in Hand

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