PERSISTENCE TOUR 2020 @ l’Ancienne Belgique, BRUXELLES, 19 janvier 2020 – par Alexis Cro-Mags

Mons, Nivelle, Halle… Aucun doute, nous sommes sur la bonne piste pour parvenir à l’Ancienne Belgique afin d’assister à l’édition 2020 du Persistence Tour, laquelle se déroule à Bruxelles, cité la moins éloignée de la capitale française. Le Menneken Pis nous y attend pour nous abreuver durant quelques heures d’un hardcore « made in USA ». L’affiche proposée cette année reste une fois de plus d’un sacré niveau, puisque ce ne sont pas moins de huit groupes qui vont se succéder toute l’après-midi et dans la soirée, parmi lesquels les légendaires GORILLA BISCUITS, assurant la tête d’affiche, mais aussi AGNOSTIC FRONT, WISDOM IN CHAINS ou bien encore H2O. Autant l’avouer d’emblée, les heures à suivre risquent de donner quelques sueurs froides aux agents de sécurité postés dos à la scène et face au crash barrières séparant cette dernière du public. Tiens, non ! Pas de barricade, juste un agent de sécurité posté sur scène côté jardin, lequel n’interviendra pas de la soirée, ou à peine. Quel plaisir d’assister à des concerts de hardcore sans crash barrière, à l’ancienne, avec tout ce que cela comporte ! Certains des groupes présents à l’affiche ce soir ne manqueront d’ailleurs pas de le souligner, non sans délectation. Après un rapide un coup d’oeil jeté au stand de merchandising, lequel met en vente un tee shirt à l’effigie d’Adam Blake, bassiste de H2O actuellement en lutte contre la maladie et dont les ventes lui sont exclusivement destinées pour vaincre le poison contre lequel il se bat – le hardcore et sa légendaire fraternité, il est déjà temps de se diriger dans l’enceinte même de l’Ancienne Belgique, jolie salle surplombée d’un balcon hélas fermé ce soir.

CREDIT PHOTO JURGEN BRUYNOOGHE

C’est dans une salle pour le moment extrêmement clairsemée que COUNTIME investi la scène. Il faut dire que l’heure franchement avancée (15h30) n’incite pas vraiment le public à pénétrer dans la salle, préférant se retrouver entre ami(e)s parfois venu(e)s de loin, voire des pays limitrophes de la Belgique. A leur décharge, signalons que le set des natifs de Los Angeles ne dure qu’une vingtaine de minutes et que le son, certes percussif, proposé par l’imposant leader Jr5150 et ses collègues ne brille pas par son originalité, quand bien même certains passages se laissent apprécier agréablement. Beaucoup de postures et l’obligation de jouer deux reprises dans un laps de temps de jeu aussi court laissent à penser que le groupe ne semble pas avoir véritablement trouvé sa place au sein de cette affiche. Car comment expliquer autrement les incursions du « Clobberin’ Time » de SICK OF IT ALL et du « Pride (Times Are Changing) » de MADBALL au milieu d’une setlist de vingt minutes, si ce n’est pour tenter de sauver les meubles en collant au plus près de cette affiche majoritairerment new-yorkaise, de faire bouger les spectateurs de la salle jusqu’ici presque amorphes, applaudissant poliment entre les titres ? Dommage d’être obligé de tomber dans une forme de facilité pour tenter de  sauver le set d’un quasi naufrage – pourtant pas annoncé du tout, tandis que la persévérance et l’abnégation aurait sans doute été saluées plus dignement par le public et la critique. A revoir néanmoins dans d’autres conditions et pour un set nettement plus long, cela va sans dire.

CREDIT PHOTO JURGEN BRUYNOOGHE

Place maintenant à CUTHROAT, également originaire de Los Angeles. Forts de deux sorties plutôt agréables mixant un hardcore tendance old school avec des parties vocales assez proches d’un phrasé hip hop, le set des Américains semble indéniablement plus apprécié par le public, lequel désormais occupe une place bien plus conséquente dans le pit que lors du show de COUNTIME. Si la voix un tantinet agaçante sur la longueur du vocaliste Neil Roemer – lequel a également officié un termps au sein de DOWNSET – rappelle sous certains aspects celle de Fred Durst (LIMP BIZKIT) en nettement plus monocorde, le set n’est reste pas moins relativement agréable à suivre, le combo se démenant comme un beau diable pour tenter de faire participer le public. Vingt minutes assez plaisantes et compactes, sauvées, il faut bien le reconnaître, par le côté groovy et dansant de la musique délivrée par CUTTHROAT, davantage que par l’aspect parfois plus rapide de son hardcore. Un bon moment, néanmoins sans réelle surprise.

Assister à un show de WISDOM IN CHAINS reste toujours un grand moment, d’une part parce que le groupe, fort d’une vingtaine d’années d’existence, emporte dans sa poche une expérience scénique et un savoir-faire sans nul autre pareil, d’autre part parce que Mad Joe Black, imposant et surpuissant vocaliste du gang, dispose d’une aura singulière et suffisamment magnétique pour soulever une foule, même dans les moments difficiles. Contre toute attente, c’est un Mad Joe quelque peu sur la réserve qui va débouler sur scène, moins explosif qu’à l’accoutumée et semblant ménager ses efforts lors des premiers titres, pourtant acclamés par un public désormais bien présent dans le pit. Sans doute ces quelques minutes ont-elles été nécessaires et bénéfiques au frontman pour trouver ses marques, parce qu’ensuite Mad Joe Black a littéralement déroulé un set d’une puissance phénoménale, comme à son habitude. Ne disposant que d’une bien maigrichonne demi-heure, WISDOM IN CHAINS va asséner l’un des premiers et meilleurs coups de masse de la soirée. Porté par un pit désormais libéré de son expectative froideur, le groupe enchaîne maintenant les titres d’un best of de sa carrière face à un nuage humain, lequel investi désormais la scène pour une séance de stage diving sauvages, parfaitement encouragés par Joe et ses amis. Voici enfin venue l’ambiance tant attendue par tout le monde, celle des titres les plus chantants du groupe, repris à gorge déployée par ses nombreux fans venus ce samedi à Bruxelles, comme en témoigne le nombre conséquent de tee shirts à l’effigie du groupe visibles dans la salle. Entre deux torpilles de son hardcore/punk bleuglé autant que chanté énergiquement, Mad Joe prend le temps de remercier l’ensemble des groupes présents à l’affiche de même que l’organisation de cette tournée semblant avoir été à cet instant une parfaite réussite, à tout point de vue. Une des plus grosses ambiances de cette journée, sans aucun doute.

CREDIT PHOTO JURGEN BRUYNOOGHE

BillyBio, fort d’un premier album solo paru il y a un peu plus d’un an et plutôt bien accueilli par les fans et la critique, dispose lui aussi d’une petite demi-heure pour s’imposer dans les règles de l’art. Après 30 ans d’activité au sein de BIOHAZARD, POWERFLO ou en remplaçant de luxe pour ses potes de BLOOD FOR BLOOD, le père Billy en a pourtant encore sous la semelle, en témoigne l’incroyable énergie qu’il déploie sur scène, étant désormais libéré d’un micro et de son pied puisque le garçon évolue depuis peu équipé d’un micro serre-tête sans fil lui permettant de se déplacer librement sur scène et d’enchaîner sauts et courses effrénées d’un bout à l’autre de celle-ci. La torpille BillyBio est donc en place pour assassiner le pit, lequel n’en demande pas moins. Si l’idée de ce nouveau micro s’avère excellente pour accaparer la scène sous tous ses angles – et l’accompli sportif que reste l’ami Billy ne s’en prive pas une seconde, le rendu sonore n’est, quant à lui, sans doute pas forcément à la hauteur des attentes, en tout cas côté façade. Obligé de chanter avec la bouche de côté afin d’être au plus près du micro, Billy semble avoir parfois du mal à restituer l’ensemble des paroles qu’il délivre pourtant à haut débit selon les titres. Probablement conscient que tout n’est pas parfait à ce niveau, le frontman ne se laisse pas abattre et délivre une prestation de haut vole, fort bien secondé par son groupe, très impliqué lui aussi, à l’image de cet imposant bassiste, lequel assure un show digne des plus grandes heures du genre. Piochant majoritairement dans les titres de son unique album, BillyBio n’en oublie pas pour autant le groupe qui a tant fait sa renommée, puisqu’il va par deux fois piocher dans le cultissime Urban Discipline (1992) de BIOHAZARD. « Shades Of Grey » et l’inévitable « Punishment » seront donc exécutés pour le plus grand bonheur de l’assistance, avec une invasion de la scène par une trentaine de téméraires moshers en transe sur ce dernier. Seule étrangeté que l’on pourra mettre sur un même plan ou presque que les reprises jouées pour COUNTIME durant son set, Billy et ses potes nous infligent une reprise absolument abominable du pourtant magnifique « Get Up, Stand Up » du grand Bob Marley. Déjà massacrée par POWERFLO sur album, cette merveille est de nouveau exécutée (au sens propre) ce soir par BillyBio. Vraiment pas indispensable, surtout lorsque l’on ne dispose que d’un temps de jeu très court. Chouette prestation du groupe malgré tout, avec une mention spéciale pour les covers de BIOHAZARD ayant littéralement transfiguré l’assistance, un peu au détriment de ses titres solo, par ailleurs forts recommandables également.

CREDIT PHOTO JURGEN BRUYNOOGHE

Place nette désormais pour accueillir l’un des points forts de la soirée, H2O. Depuis plus de 25 ans, le groupe de Toby Morse détient l’une des réputations scéniques les plus enviables de la scène hardcore. Que l’on apprécie ou non sa musique, difficile de ne pas accrocher à un set de H2O, tant l’attitude et la passion aussi sincère que débordante de son leader Toby jaillissent de sa personne tout en illuminant l’assistance. Et ce soir, nous allons avoir droit à une véritable leçon de punk/hardcore mélodique, joyeux et extrêmement bien ficelé, quand bien même les New-yorkais ne disposant eux aussi que d’une trentaine de minutes. Inutile de bouder notre plaisir et sachons profiter de ce set de très haute performance, probablement le mieux accueilli de la soirée. C’est bien simple, le public va devenir totalement incontrôlable durant trente minutes. D’une énergie folle, il va pousser Toby Morse et ses potes dans ses retranchements et ne relâchera la pression qu’en toute fin de set avec l’imparable et désormais morceau de clôture « What Happened », tiré du référentiel et délicieux Nothing To Prove (2008), dont le pont central sera chanté par Civ de GORILLA BISCUITS himself, lequel n’aura pas manqué une miette du show de ses collègues du côté cour de la scène. Autre invité salué par la foule, Mike Gallo, bassiste d’AGNOSTIC FRONT, venu prêter main forte le temps d’un « Guilty By Association » tiré de F.F.T.W (1999). Etrangement, aucn titre extrait du dernier album en date de H2O n’est joué ce soir, le pourtant fort recommandable Use Your Voice de 2015, tandis que le groupe y va également de sa petite reprise, la terrible « Nazi Punks Fuck Off » de DEAD KENNEDYS, laquelle fut enregistrée en son temps à l’occasion d’un album paru en 1999, luttant de toutes ses forces contre toute forme de racisme. Enorme groupe, pit absolument intenable, foule en délire, vous l’aurez compris, il va être bien difficile pour les groupes suivants de s’assurer une place au soleil après une telle débauche d’énergie et d’ondes positives.

CREDIT PHOTO JURGEN BRUYNOOGHE

Malheureusement pour lui, c’est sur STREET DOGS que cela va tomber ce soir. A lui la lourde tâche d’enchaîner après la tornade H2O. Toujours mené par l’infatigable ancien chanteur de DROPKICK MURPHYS, Mike McColgan, STREET DOGS, s’il ne démérite pas un instant, va devoir trouver les ressources nécessaires afin de rester en contact avec le public, lequel a légèrement déserté la salle pour se reposer un peu et s’abreuver après le show bouillant comme la braise de H2O. Mission quasiment impossible sur le papier, mais c’est sans compter sur une volonté dure comme l’acier et sans se laisser démonter que STREET DOGS va parvenir à inverser la tendance, non sans mal, reconnaissons-le. Disposant également d’une trentaine de minutes, le groupe va intelligemment piocher dans l’ensemble de sa discographie ou presque et par ce fait rameuter pas mal de monde face à lui, même si la jauge d’un pit qui se respecte en pareille circonstance ne sera pas atteinte. Toutefois, reconnaissons que le set des Bostoniens est bien agréable et que son punk rock/oi empruntant autant à COCK SPARRER qu’à SOCIAL DISTORTION ou aux CLASH, s’avère être des plus délectables. Concluant également son set par une reprise de BLACK FLAG, le légendaire « Rise Above » tiré du cultissime Damaged (1981), STREET DOGS sort de scène sur la pointe des pieds, probablement conscient de la difficulté qu’était le sienne ce soir, coincé entre un brasier et une légende new-yorkaise.

CREDIT PHOTO JURGEN BRUYNOOGHE

AGNOSTIC FRONT. Pour être tout à fait honnête, ce live report dans sa globalité n’aurait pas dû voir le jour du simple fait d’évoquer une nouvelle fois la grosse légende de New-York. Il paraîssait en effet bien délicat de faire l’impasse sur Roger Miret et consort tandis que le groupe est une fois de plus à l’affiche du Persistence Tour. Seulement voilà, l’envie de traduire en mot le ressenti et la vision qu’ont été miennes ce soir de janvier 2020 à Bruxelles a manqué à votre serviteur durant de longues semaines. Le dépit a donc laissé place à la résignation de ne pas rédiger ce papier. Pas envie de tirer sur l’ambulance. Par respect, beaucoup ; par humilté, cela va sans dire ; par amertume, hélas ; par nostalgie, forcément ; par déconvenue, pas vraiment. Et puis dans le fond, pourquoi pas ? Ce qui va sans dire va encore mieux en le disant. Que retenir donc du set d’AGNOSTIC FRONT ? Il y aurait tant de choses à rédiger qu’il est préférable de concentrer le propos sur l’essentiel. Après une succession d’albums pour le moins similaires les uns aux autres, tant sur le fond que dans la forme – pour faire court, entre Another Voice (2004) et le petit dernier Get Loud! (2019) – le groupe de Roger Miret et Vinnie Stigma parcourt encore et toujours le globe, ce qui en soi reste on ne peut plus respectable et éminamment respecté. Partant de ce postulat, il est légitime de se poser la question de savoir s’il convient toujours de vouloir assister au show d’un groupe dont seuls deux membres du line-up originel deumeurent en place, l’un ayant allègrement dépassé la soixantaine, Stigma (64 ans), l’autre ne possédant plus un gramme de souffle, la faute hélas et sans doute à de récurrents problèmes de santé, notamment cardiaques. Si le second, du haut de ses 55 printemps parvient encore à donner l’illusion qu’il fait le job, du moins physiquement, le premier reste une énigme à bien des égarts. Soyons clairs et précis d’entrée de jeu, Vinnie Stigma ne doit sa présence au sein d’AGNOSTIC FRONT que par son nom, la sympathie évidente qui émane de sa personne et le charme presque pittoresque que lui confère son statut de légende vivante. S’agissant de ses prestations scéniques, il faut bien admettre que l’on est face à un clown qui ne semble même plus jouer ses parties – où est donc passée, par exemple, la relance punk de « The Eliminator », exécutée après la grosse accélération accompagnant le solo ? Craig Silverman désormais s’en charge sans sourciller – se singeant lui-même avec ses petit tourniquet qu’on ne compte plus et son poing droit lancé à la foule, geste qu’il exécute une bonne trentaine de fois, sourire jusqu’aux oreilles, plutôt que de se concentrer et jouer ses parties… par ailleurs inaudibles. D’ailleurs, est-il véritablement branché, Silverman assurant un travail colossal à sa place ? Son incursion au milieu du pit durant un titre ne sauve pas une prestation artistique aux abois. Quelle tristesse d’assister à un tel naufrage lorsque l’on voit cet homme en si grande forme physique ? Prisonnier (involontaire ?) de son image et de son statut de légende, Stigma n’est plus du tout à ce qu’il fait. En revanche, le guitariste respire la vie, la bonne humeur et la joie d’être présent, ce qui est déjà formidable, mais semble désormais irrémédiablement désintéressé par ses prestations scéniques et le rendu qu’elles dégagent au sein de son groupe de toujours. Puisqu’il est fait mention de « The Eliminator » quelques lignes au-dessus, signalons tout de même qu’il s’agit là du seul et unique titre de la première vie d’AGNOSTIC FRONT joué ce soir. Incroyable ! 0 titre de Victim In Pain (1984), 0 titre de One Voice (1991), 0 titre de United Blood (1983) – cela va sans dire… ! – et un malheureux titre de Liberty And Justice For… (1987), l’indéboulonnable reprise d’IRON CROSS « Crucified », bizaremment jouée sur un tempo plus rapide que de coutume, comme pour se débarasser de ce passage obligé en milieu de set. Comment peut-on se débarasser d’un revers de main de tout un pan de son histoire discographique, laquelle s’inscrit au papier calque avec la grande histoire du genre ? A n’y rien comprendre. Mike Gallo assure quant à lui un service tout à fait honorable, impliqué dans sa tâche, ce qui n’est pas le cas de Pokey Mo, son batteur et comparse rythmicien. Pour faire simple, Pokey Mo donne l’impression de pointer à l’usine, avec ses petits gants noirs pour les travaux salissants. Le batteur assure le service minimum, ne donnant plus l’impression d’être heureux de jouer et participe davantage encore à cette impression de malaise généralisé. Quant à Roger Miret, tout a été dit ou presque quant à ses prestations scéniques, chez Pré en Bulle ou ailleurs. S’il dispose d’un capital sympathie gigantesque et d’un respect absolu, le chanteur est à la peine vocalement depuis maintenant de très nombreuses années, la faute sans doute à des ennuis de santé comme évoqué plus haut. En partie, car l’homme n’a jamais brillé par sa puissance vocale, à l’exception notable des débuts très punk du groupe. Un sentiment extrêmement mitigé de ce set de 50 minutes, vous l’aurez sans doute compris, clôturées par la sempiternelle reprise des RAMONES, « Blitzkrieg Bop ». Peut-être serait-il temps de tirer des conclusions plutôt que des plans sur la comète…

CREDIT PHOTO JURGEN BRUYNOOGHE

Tête d’affiche de ce Persistence Tour 2020, les vétérans de GORILLA BISCUITS, toujours menés par l’inénarable et ô combien respecté Anthony « Civ » Civorelli, s’apprêtent à clore cette remarquable soirée belge. Dire que le groupe a eu un impact gigantesque sur tout ce que la scène hardcore mondiale compte de groupes est un euphémisme. A l’instar d’un YOUTH OF TODAY, d’un CHAIN OF STRENGHT ou d’un JUDGE, GORILLA BISCUITS représente ce que la génération Youth Crew a pu produire de mieux, tant musicalement que textuellement. Il faut voir le monde sur les deux côtés de la scène durant la prestation de Civ et ses potes pour comprendre immédiatement à quel point ce groupe est adulé, à commencer par un Toby Morse (H2O) absolument intenable tout le long du show de GORILLA, chantant les paroles à tue-tête, harguant la foule autant que ses amis à ses côtés sur scène. C’est bien simple, une fois la traditionnelle et légendaire introduction de Start Today (1989) exécutée par deux trompettistes, Civ et les siens vont délivrer un show des plus énergiques et remarquables, comme dans les livres d’histoire. Walter Schreifels se démène comme un damné avec sa guitare, assure les choeurs, saute comme à la grande époque tout en harangant le public, lequel semble un peu fatigué en cette fin de soirée. Il faut dire qu’après six heures de show dans les pattes, la raideur des jambes commence à se faire sentir. Tous les classiques sont là, issus du Start Today précité, de même que ceux parus sur le légendaire Gorilla Biscuits paru en 1988. A tout cela s’ajoutent quelques surprises, telles que deux titres en provenance directe du répertoire solo de Civ, ainsi que deux reprises gargantuesques, « Minor Threat » du groupe du même nom, avec l’intervention du père Morse, toujours ingérable, et le définitif « As One » de WARZONE, durant lequel Mad Joe (WISDOM IN CHAINS) revient assurer une partie vocale saisissante d’intensité en plus de la traditionnelle reprise des BUZZCOCKS, « Sitting Around At Home », jouée depuis toujours par GORILLA BISCUITS. Un set admirable, mené de main de maître par Civ et Schreifels, malgré une ambiance ayant pris un peu de plomb dans l’aile au terme de cette journée éprouvante. Culte et euphorique.

CREDIT PHOTO JURGEN BRUYNOOGHE

Une nouvelle fois, le Persistence Tour a tenu toutes ses promesses, offrant au public un plateau des plus alléchants malgré un temps de jeu un peu court pour chacun des participants. Parce qu’on en aurait bien repris une petite louche des H2O, GORILLA BISCUITS, WISDOM IN CHAINS ou BillyBio, avant la route de nuit pour le retour en France, laquelle semble désormais boudée par ce chouette festival itinérant. Dommage, vraiment.

Share Button