« Vivid » – des couleurs toujours plus vivantes

Il y a 29 ans sortait Vivid, premier album d’un ovni nommé LIVING COLOUR.
Cet album allait devenir la pierre angulaire de la révolution alternative fusion des années à venir, aux côtés des RED HOT CHILI PEPPERS ou autre FAITH NO MORE.
Nous somme en 1988, le titre « Cult of Personality » tourne en boucle sur MTV et permet au groupe de passer du cercle des clubs new-yorkais aux premières parties des STONES ou de GUNS N’ROSES durant l’année 1989.
ANTHRAX, et surtout AEROSMITH, avait jeté les premières pierres, non sans humour, d’une émergence grand public du crossover hip-hop / rock avec la relecture de « Walk This Way » et le décalé « I’m The Man ».

LIVING COLOUR se permet un tour de force avec ce premier album, Chuck D de PUBLIC ENEMY en featuring sur « Funny Vibe », Mick Jagger à l’harmonica, aux choeurs et en co-production sur 2 titres, excusez du peu !
Le tout est un avion à réaction, de funk électrisant, de métal en fusion et de groove ultime. On découvre l’extra-terrestre Vernon Reid à la six cordes, son phrasé complètement barré, dissonant va en déconcerter plus d’un mais va l’imposer comme une référence. Avec lui point de solos convenus à la mode 80’s. On gratte sec, rapide, salement parfois. On grince des dents souvent, mais qu’est ce que c’est bon ! Pour autant, le bougre n’est jamais à court d’idées quand il faut sortir des riffs de grande classe, en témoignent « Cult Of Personality », « Middle Man », « Funny Vibe », « Open Letter (To A Landlord) » ou encore « Which Way To America », tous imparables.
Les grosses rythmiques funky en son clair ont leur lot de pépites également, « Glamour Boys », « Which Way to America » toujours, ou « What’s Your Favorite Colour » qui, après son intro électrique hendrixienne, laisse la place à ce groove digne d’un pur James Brown.

Outre Vernon Reid, on découvre le talent de conteur et la voix chaude et puissante de Corey Glover. On le découvrira quelques années plus tôt dans le rôle d’un soldat US au Vietnam dans le Platoon d’Oliver Stone.

Quant à la section rythmique, que dire ? C’est une tuerie sans nom, Will Calhoun explose de tout son talent ce premier album, secondé admirablement par le groove incendiaire de Muzz Skillings. Celui-ci sera remplacé en 1992 par Doug Wimbish, tout aussi efficace dans une autre style. Le style de Skillings correspond plus au son LIVING COLOUR pour ma part, mais ceci est un autre débat.

LIVING COLOUR militera au travers de ses textes et par ses engagements pour la cause des délaissés de la société américaine et pour la cause Black en particuliers. Aux Etats-Unis, certains leur reprocheront un engagement limite sectariste, proche des Black Panthers dans ce domaine. Cela restant anecdotique, on pourrait également en faire le reproche à Ice T et tant d’autres à ce compte, ces débats sont un miroir pour ma part assez représentatifs de l’histoire américaine avec ses minorités.
Peu importe, leur musique parle pour eux et c’est bien l’essentiel, leur critique de la société américaine est dans la droite lignée des mouvements de protestations propres aux Etats-Unis.

L’album suivant, Time’s Up (1990), sera le digne successeur de Vivid. Le groupe sentira le besoin de durcir le propos avec Stain (1993), à la limite du hardcore et un son beaucoup plus sombre. Stain reste pour ma part la référence ultime de LIVING COLOUR.

Top de l’album: « Which Way To America »

Alors quelle est définitivement ta couleur préférée?
LIVING COLOUR !!

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