PARPAING PAPIER « Tester Des Casques »

La ville de Nantes n’abrite pas uniquement la ferveur supportrice des Canaris ou la douceur avinée des Pays de la Loire nommée Muscadet. Au-delà des lieux communs relatifs à la région si chère à André Breton, le chef-lieu du département de la Loire-Atlantique renferme une petite bombe musicale nommée PARPAING PAPIER, un étrange et singulier patronyme reflétant à merveille l’essence de sa musique. Lâché en tout début d’été, ce mini album 5 titres intitulé Tester Des Casques se révèle être d’une fraîcheur salvatrice et une fabuleuse déflagration sonore au milieu d’une scène hexagonale frisant parfois l’auto-plagiat ou la redondance indigeste. Mêlant tour à tour gros rock (très) énervé, aux frontières du hard rock, à des passages nettement plus calmes non dénués de jolies parties plus mélodiques – pour ne pas dire mélancoliques – qu’il vous sera extrêmement difficile d’extirper de votre cervelas jusqu’à la fin de la journée, la musique de l’oxymore nantais affiche un étonnant savoir-faire pour une formation si jeune, l’acte de naissance de PARPAING PAPIER étant horodaté du tout début de l’année en cours. Le plus souvent up-tempo, l’ensemble des chansons tient du petit miracle sonore en partie dû au fait d’une extrême bonne humeur communicative, à la limite de la contagion foudroyante, d’une exécution instrumentale et vocale de premier ordre, de textes élaborés en français, incarnés en mode  « non prise de tête » fleurant bon le positivisme, mais aussi et surtout grâce à des compositions proprement irrésistibles. A ce titre, jetez une oreille attentive au morceau-titre ci-dessous. Impérieux, qu’on vous dit ! Une sucrerie auditive, scénique – si l’on en croit les échos unanimes glanés de-ci de-là – et un EP à vous procurer de toute urgence pour les longues soirées d’hiver. A propos de longueur, 5 titres, c’est bien. 12 titres, c’est mieux. Impatience totale. Ami(e)s du Pré, foncez tête baissée contre le parpaing ; vous ne serez pas déçu(e)s du voyage en pays nantais. Idéal pour un réveillon du nouvel an mémorable.

Tester Des Casques disponible au format digital  via ce lien

Liste des titres

1 – Tester Des Casques

2 – Robinet d’eau Tiède

3 – Premières Neiges

4 – Champions Du Patin

5 – Tempête Je T’aime

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PRESS GANG METROPOL « Point Blank »

PRESS GANG METROPOL. Derrière ce nom un peu étrange se cache l’un des derniers frissons musicaux découverts récemment par votre bien humble serviteur. Pourtant fondé dès 2006 et auteur de plusieurs sorties remarquées, dont un premier album Checkpoint paru en 2012, la formation niçoise propose depuis quelques jours un second opus baptisé Point Blank, sur lequel les ingrédients demeurent globalement identiques à ceux de la première sortie, à la différence notable qu’en 2019, un assombrissement prononcé du propos est sorti du ventre de la bête. Pas que Checkpoint laissait entrevoir une séance de stage diving sauvage à la FISHBONE, mais Point Blank appuie nettement sur la pédale du spleen bienheureux, celui qui plonge dans un état de mélancolie puisée au tréfonds du métabolisme. Si la conception des chansons de PRESS GANG METROPOL s’articule bien souvent autour de la basse à l’omniprésence aussi hypnotique que redoutable de Christophe Baudrion, l’enchevêtrement des pistes de guitare dans leur plus simple appareil entrouvre quant à lui une porte sur un horizon plus dépouillé, davantage emprunt d’une poésie cathartique, un aspect moins tangible sur le premier album dont l’influence parfois très prononcée de David Bowie n’est sans doute pas étrangère à ce constat. Bien sûr, certains ne manqueront pas de déceler dans la musique du groupe ses plus évidentes influences, à commencer par THE CURE dont le son de basse directement emprunté à celui de Simon Gallup est aussi jouissif qu’une carie à soigner pour un dentiste. Le sensibilité du nouveau vocaliste Sébastien Bernard offre un aspect bien plus épais, délaissant quelque peu les intonations « à la Bowie » de son prédécesseur au profit d’une voix davantage ancrée dans la profondeur, la gravité. Nick Holmes (PARADISE LOST) ou Dave Gahan (DEPECHE MODE) ne sont pas très loin. Il s’en dégage une assise vocale plus sûre et fluide, en parfaite adéquation avec la musique glaciale concoctée pour ce Point Blank. Paradoxalement, la musique de PRESS GANG METROPOL, si elle semble avoir gagné en maturité de par son approche épurée ce qu’elle a perdu en candeur – voire en une certaine forme de naïveté juvénile, offre une richesse qui poussera l’auditeur à puiser dans ses ressources pour en toucher le substrat du bout des doigts. L’oeuvre proposée ne livrera sans doute pas toute sa diversité et sa richesse lors des premières écoutes. Elle suppose un apprivoisement pour enfin en livrer son essence. La musique de Point Blank ne se donne pas comme une fille facile. Elle se mérite. Cet amalgame entre un rock sombre, une new wave directement empruntée aux earlies 80’s et des sonorités plus récentes atteste de la richesse de l’album proposé par le groupe. Les amateurs de JOY DIVISION – et par extension NEW ORDER, THE CURE, ou SIOUXIES AND THE BANSHEES devraient pouvoir se retrouver autour du feu avec ceux de PARADISE LOST, notamment de la période One Second / Host, ou NINE INCH NAILS auxquels j’ajouterai bien volontiers ceux de XTC, DEPECHE MODE ou LORDS OF THE NEW CHURCH. S’il est un seul reproche que l’on peut éventuellement faire valoir auprès du groupe, c’est sans doute celui de ne pas varier suffisamment ses tempi avec pour conséquence de ne pas fouiller avec davantage de profondeur ses ambiances lorsque celles-ci pourraient sans nul doute délivrer une palette de couleurs d’autant plus riche que le genre pratiqué par PRESS GANG METROPOL s’y prête extrêmement bien. Rien de bien grave en somme, le moment passé à écouter cet album n’est pas perdu, bien au contraire. Voici donc un disque aux vertus florissantes dont il est bien difficile de ne pas avouer, et sans aucune torture, qu’il compte parmi les sorties les plus réussies de ce premier semestre de l’année. Foncez !

Album disponible via ce lien

Liste des titres

1 – Empty Playground

2 – Outshined

3 – Stalemate

4 – Orphans

5 – MMT

6 – Eternally

7 – Diva

8 – Sovereign

9 – The Place You Own

10 – Unraveling

11 – Vertigo

12 – With Our Love

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HELLFEST 2017 – 1/2 : Quand distinction rime avec passion

En 2017, le Hellfest est devenu une institution française autant qu’européenne et mondiale. A travers la décennie écoulée, la réputation attachée à l’association de loi 1901 n’a fait qu’accroître au point qu’un prétendant au trône a fait son apparition dès 2016, d’abord en proche banlieue parisienne avant d’atterrir sur une base militaire à peine plus éloignée de la première édition. Continuer la lecture de HELLFEST 2017 – 1/2 : Quand distinction rime avec passion

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Matmatah : Imbattables !

MATMATAH est de retour. Un tour de piste et au revoir ? Pas vraiment non. Le groupe, toujours mené par Tristan Nihouarn (guitare/chant) et Eric Digaire (basse), s’est adjoint les services, dans le cadre de cette reformation, d’Emmanuel Baroux en seconde guitare et de Julien Carton aux claviers et aux chœurs pour la tournée à venir. Benoît Fournier (batterie) est, quant à lui, toujours présent comme c’était déjà le cas sur le précédent album publié en 2007, La Cerise. Continuer la lecture de Matmatah : Imbattables !

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One Shot Not

Vendredi 2 juin 2017 se tiendra à La Boule Noire de Paris un show musclé et robuste car doté de quatre formations d’horizons divers ayant cependant un but commun avoué : le rock n’roll sans concessions. Quelques petites nuances sont tout de même à apporter au milieu de ces tonnes de testostérone. Continuer la lecture de One Shot Not

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METALLICA « Hardwired…»

MET_HTSD_Hardwired_2016-08-16Câblé. Branché. Programmé. Pour paraphraser un peu François Mitterrand « Vous savez, moi, quand j’étais enfant, on inversait déjà les » qualificatifs. On prenait à peine le temps de découvrir un disque qu’on lui attribuait déjà tous les superlatifs mis à disposition par notre champ lexical du plaisir. Continuer la lecture de METALLICA « Hardwired…»

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