COMPUTERS KILL PEOPLE « Healing Bruises »

Unies en 2010, les quatre personnalités que compte COMPUTERS KILL PEOPLE proposent une musique des plus atypiques sans pour autant dénoter avec ce qui sort de nos jours, bien au contraire. Les Parisiens, à l’origine d’un premier EP 6 titres paru en 2012, The Fun Machine, ainsi que d’un premier véritable album Silence Means Security, paru quant à lui en 2016, affichent d’emblée la couleur, à savoir une musique qui puise sa source aux confins du désert californien, là où se terrent les lézards, vipères et autres psammomys. Un endroit tel que l’aridité devient reine et les hallucinations coulent de source. COMPUTERS KILL PEOPLE nous narre sa vision de l’immensité d’une zone peu propice à la vie, stérile de toute verdure mais riche en profondeur d’une rivière souterraine, vivace cours d’eau d’où s’échappe comme par magie une musique luxuriante, où la faune et la flore survivent en paix et harmonie au milieu de l’hostilité du territoire. Le quatuor, qualifié un peu hâtivement de « QUEENS OF THE STONE AGE français », propose une musique, un son nettement plus remarquables que ce que laisserait suggérer un simple ersatz du groupe de Josh Homme. Vraiment trop réducteur. Bien sûr, ce Healing Bruises fraîchement sorti n’est pas exempt de quelques réminiscences harponnées aux Reines de l’âge de pierre. Difficile de se départir d’une influence aussi majeure pour toute une génération de musiciens, mais là où nombres d’entre eux en restent figés, presque prostrés, COMPUTERS KILL PEOPLE ouvre son champ d’action vers d’autres horizons, bien plus personnels et bientôt affranchis de l’ombre du géant californien. En témoigne le second titre « Sunset Kiss » gorgé d’un feeling nettement moins polissé, à la personnalité bien prononcée, grâce à un chant un tantinet plus vicieux et rampant avant un refrain absolument lumineux. Du travail d’artiste, plus précisément de petit d’artisan animé par l’amour du détail, de l’ornement furtif qui fait toute la différence. En seulement trois titres, COMPUTERS KILL PEOPLE parvient à combiner la subtilité des arrangements, la musicalité intuitive de compositeurs connaissant leur affaire, un sens de la mélodie absolument sensationnel – « The Day I Knew » placé en troisième position est à se damner – et une évidente facilité à attraper l’étrier de l’auditeur au moyen d’une musique paradoxalement assez épurée de tout artifice. Ajoutons à cela une production des plus convaincantes d’où s’échappe une osmose auditive de premier ordre. Alors bien évidemment, quelques grincheux trouveront que l’ombre des FOO FIGHTERS, QUEENS OF THE STONE AGE et autres MONSTER MAGNET plane vraiment beaucoup autour des COMPUTERS mais le groupe, après un album et deux EP, entame sa délicate mue en s’affranchissant petit à petit de ses encombrants aînés. Il creuse dans le sable son propre sillon, sous un soleil de plomb certes, mais à l’abri des regards indiscrets. Les premières gouttes de son propre cours d’eau sont à portée de main. Laissez-leur le temps de vous prouver à leur tour de la luxuriance de leur musique. Garantie vous est faite que ce groupe saura trouver une place de choix au milieu de votre discothèque, ce trois titres n’étant en effet que le premier volet du quartet dont on attend impatiemment la suite pour le courant de l’année 2019. A suivre de près !

Liste des titres

1 – Only the Dead

2 – Sunset Kiss

3 – The Day I Knew

Healing Bruises en écoute sur Deezer

Boutique en ligne COMPUTERS KILL PEOPLE

Bandcamp COMPUTERS KILL PEOPLE

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