FOR THE SIN « Sweet Suffering »

Récemment formé à Marseille, FOR THE SIN soumet au public son premier EP Sweet Suffering, disponible aux formats physiques et numériques depuis quelques mois. Evoluant dans un hardcore foncièrement beatdown, le combo de la cité phocéenne arrive à point nommé pour enfoncer des portes à grands coups de moulinets. Après quelques évolutions de line-up, FOR THE SIN semble être parvenu à consolider ce dernier et ainsi renforcer son impact sonore, impressionnant de maîtrise et de brutalité plus ou moins contenue. Une cohésion d’où découle ce hardcore ultra lourd, tout en disparités et contrecoups. Après une introduction des plus angoissantes, FOR THE SIN impose sa conception de ce que se doit d’être le beatdown ; un mélange massif aux saveurs saccadées duquel ressortent quelques accélérations propices au pétage de câble pour qui se trouve au milieu du pit. Accélérations dont les riffs ne sont d’ailleurs pas se rappeler certains groupes de thrash metal parmi les plus « evil ». Toutefois, les maîtres-mots de cet EP restent « pachydermique », « abrupte » et « âpre ». Sur une production mettant en valeur la férocité de la voix de Loud, dont l’approche parfois ultra caverneuse n’est pas sans rappeler celle d’un Frank Mullen (SUFFOCATION) accouplée à la voix du Chris Barnes des grands jours – comprenez par-là, de l’époque CANNIBAL CORPSE, voire à celle d’Anthony Lucero (CULT LEADER), même si le propos musical global n’a que peu de rapports avec la formation de Salt Lake City, FOR THE SIN catapulte des torpilles qui font extrêmement mal. Difficile également de passer sous silence ces petites modulation vocales typiquement beatdown, en plus des growls inhumains précités, sans lesquelles rien ne serait possible. Une des réussites de cet EP, sans l’ombre d’un doute. Les titres défilent à vive allure de par leur courte durée et la cohérence se dégageant de l’ensemble permet à l’auditeur d’en prendre plein les oreilles sans avoir le temps de s’ennuyer. On pense parfois à IRATE, notamment sur un « Run » très éloquent en la matière, autant qu’à COLD HARD TRUTH, même si FOR THE SIN renforce davantage encore sa lourdeur que ses petits camarades de jeu. SHATTERED REALM n’est sans doute pas très loin non plus s’agissant de la structure des titres. La production globale du EP laisse comme une traînée d’écrasement et d’étouffement, tant et si bien qu’au sortir de l’écoute de ces 6 titres, on ne se sent que lessivé par tant de brutalité musicale et de gifles contrôlées. Pas ou peu de temps morts, si ce n’est une introduction à peine plus délicate à l’orée du dernier titre, « Voracious Night », avant que le labourage de crâne ne reprennent son travail de boucherie auditive, à grand renfort de double pédale et de montée en puissance. Très bon début pour un groupe plus que prometteur dont on attend de pied ferme la parution d’un album longue durée. Colérique à souhait.

Sweet Suffering disponible à l’achat physique ou numérique via ce lien

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Liste des titres

1 – Here We Are

2 – Infinite

3 – Run

4 – Pain

5 – Death Rains

6 – Voracious Night

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NOTHING FROM NO ONE « Requiem For Mankind »

Fondé au début de l’an 2014, NOTHING FROM NO ONE s’est confié pour mission tacite de détruire l’ensemble des scènes qu’il devait fouler. Pour ce faire, le groupe originaire de Montpellier s’est dès le départ donné les moyens de ses ambitions en élaborant un hardcore brutal, sans concession aucune, mais surtout fortement métallisé au milieu duquel surgissent des vocaux éructés sans ménagement. Après quelques maigres atermoiements dus à de légers remaniements d’effectif, NOTHING FROM NO ONE parvient à se stabiliser durablement, se permettant de fouler – et donc de détruire – les scènes aux côtés, entre autres, de SOULFLY, GET THE SHOT ou MERAUDER, non sans avoir omis de publier deux EP remarqués, N.F.N.O (2015) et The Painful Truth (2017), tous deux bien accueillis. Forts de ces expériences, les membres de la formation montpelliéraine s’attellent à l’écriture de leur premier album parallèlement à la signature du groupe sur le fameux label australien 10-54 Records. Ce Requiem For Mankind fraîchement paru le 15 mai dernier ne laisse que peu de places au doute quant à la musique délivrée sur ce disque. Pratiquant son style avec une redoutable efficacité doublée d’une conviction jamais démentie, NOTHING FROM NO ONE assène à l’auditeur sa vérité artistique en l’espace de onze morceaux – dont une intro apocalyptique digne des plus grandes heures du metal-hardcore le plus virulent et une magnifique outro toute en douceur, permettant de reprendre ses esprits après ce déferlement de violence extrêmement bien contrôlée. Pas de place pour la réflexion métaphysique, pas de perte de temps en bavardage inutile, l’idée générale est d’envoyer l’auditeur dans ses 22 mètres au bout de quelques secondes et surtout de ne plus le lâcher en le travaillant au corps. Dans un style pouvant évoquer tour à tour HATEBREED, WALLS OF JERICHO – avec une approche sans doute plus saccadée, ARKANGEL pour ses riffs souvent très métallisés, associés à de furieuses parties légèrement empruntes de beatdown, le combo de l’Hérault ne fait pas décidément aucun quartier. D’autant que NOTHING FROM NO ONE s’est permis d’inviter quelques amis pour vous faire comprendre que vous n’avez aucune chance de résister, parmi lesquels les vocalistes de CAPITAL ENEMY, CRACKDOWN, IRONED OUT et KRAANIUM, de même qu’un certain Billy Milano (M.O.D), bien connu pour avoir engendré avec trois de ses amis l’un des plus furieux et inestimables albums de crossover de la planète, Speak English Or Die (1985), une galette estampillée S.O.D. Il y a là sans doute un peu trop de « featuring » pour un album ne comptant que 9 morceaux chantés, bien que chaque contribution soit parfaitement assimilée à l’ensemble de l’album, celui-ci ne perdant donc rien en homogénéité. D’autant que le groupe s’est adjoint les services d’une pointure du genre pour mettre tout ceci à plat, Alan Douches, bien connu pour son travail avec des groupes tels que SWORN ENEMY, SUFFOCATION, ALL OUT WAR ou PRIMAL AGE. Un album vraiment très solide, compact, inscrit dans la tradition du genre et dont on ne peut raisonnablement pas extirper un titre plutôt qu’un autre, chacun d’entre-eux se révélant sans faille et doté d’une férocité attachante. S’il doit être émis un très léger bémol à cet ensemble rageur à souhait, c’est celui d’un manque d’accélération sur la longueur d’un titre. L’auditeur friand de vitesse se contentera la plupart du temps de morceaux plutôt mid-tempo, tabassés de double pédale et essaimés d’accélérations sporadiques fort bienvenues. Sans doute manque-t-il un vrai titre purement speed, histoire de mettre tout le monde d’accord. Mais c’est là chipoter, cet album accomplissant sa mission avec brio. Avec un tel bagage sous le bras, NOTHING FROM NO ONE peut se permettre de viser haut et juste, tant ce qu’il vient d’accomplir depuis la stabilité trouvée de son line-up il y a deux ans semble n’être que le début d’une longue et belle aventure. Un groupe sérieux dans ses affaires. Massive hardcore rules !

Requiem For Mankind disponible via ce lien

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Liste des titres

1 – R.I.P

2 – Padre Nuestro

3 – King Maggot

4 – The Great Deceiver (featuring Jason – CAPITAL ENEMY)

5 – Uncontrolled

6 – Sensitive Trigger (featuring Rolf – CRACKDOWN)

7 – Bloodshed Scenery (featuring Louis – IROUNED OUT)

8 – Fucked By Life (featuring Jack – KRAANIUM)

9 – Stench Of Corruption

10 – Redemption’s Way (featuring Billy Milano- S.O.D/M.O.D)

11 – Son Of The Mist

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