SOS – Rock cherche icônes !!

2016 vient de s’achever, 2017 vient à peine de commencer et mon constat est invariablement le même depuis quelques années ; où sont les prochaines icônes de notre bon vieux rock ?

Hey, réveillez-vous, sortez de votre trou, sortez basse, batterie, six cordes et vendez-nous du rêve que diable !
Bon, la faute n’est pas à attribuer seulement aux artistes, l’époque veut ça également. Cette période de sur-consommation numérique où tout ce qui sort meurt aussitôt, n’est guère propice à la postérité artistique.
Une référence digne de ce nom se construit sur des années alors que la durée de vie médiatique actuelle s’étend à quelques semaines, quelques mois au mieux.

P!nk, The Truth About Love Tour, 2013-2014, © WireImage

La pop s’en sort mieux, certains artistes se sont construit un sérieux nom ces dix dernières années et embrassent la génération numérique avec succès, à tout hasard je citerais Lady Gaga, Adele, Beyoncé, P!nk ou encore Rihanna comme les icônes pop modernes, et elles le méritent bien, que l’on aime ou pas leur musique. Je pense que P!nk défonce tout mais c’est un autre débat !! 🙂

Concernant notre rock chéri le constat est plus qu’amer en comparaison.
La relève se fait attendre depuis un bail maintenant, certains artistes ont certes du succès, mais ça reste des succès d’estime destiné à une niche. Un Jack White est aujourd’hui respecté par une caste du monde du rock mais ça ne dépasse pas le stade de remplissage d’une salle moyenne, et musicalement parlant c’est sympa sans réinventer non plus le genre. Un Dave Grohl se transforme peu à peu en gourou du rock, gardien du temple, mais on ne parle pas de musique ici, son rôle déviant de plus en plus en chef de secte que comme musicien servant de référence.

The Beatles, Abbey Road (1969)

En effet, il faut parler de références, et le constat est plutôt maigre.
Les 60’s ont eu les Beatles, les Stones, Hendrix, les Kinks, les Who, les Beach Boys….et la liste est longue comme huit bras.

Les 70’s ont accouché de Led Zep, Sabbath, Deep Purple, Bowie, des Stooges, des Pistols, etc…, là pareil on peut faire une liste qui n’en finit pas et autant de noms devenus iconiques en quelques mois à quelques années à peine.

Motörhead

Les 80’s ont eu leur lot, plutôt heavy metal pour le rock, mais on peut parler facilement de Motörhead, The Police, Judas Priest, Van Halen, Mötley Crüe, U2, Simple Minds, Iron Maiden, Bon Jovi, Guns n’Roses, Metallica, etc… Tous ces artistes ne sont pas restés le phénomène d’une année et sont encore présents, remplissant encore des stades pour certains d’entre eux.

Je vais faire l’économie d’une liste trop longue pour les 90’s, mais on ne peut passer à côté de Nirvana, Pearl Jam, Oasis, Blur, Soundgarden, les Red Hot, Alice In Chains, Korn, Deftones. Une véritable contre culture s’est fabriquée d’elle même durant ces 90’s, un peu à l’image des années 70 et a généré ses propres icônes rock pour la postérité.

Muse, Drones Tour, 2015-2016

Les années 2000 et 2010 sont à coté de toute cette histoire d’une pauvreté absolue. On peut citer Muse ou QOTSA aujourd’hui, un peu l’arbre qui cache cette forêt abattue.
Misère, misère chantait Coluche, oui c’est bien une misère d’icône du rock que nous vivons depuis presque 15 ans.
Les festivals se remplissent sur des vieilles gloires, les « nouveaux » artistes complétant souvent une affiche qu’ils n’auraient de toute façon jamais remplie à eux-seuls. La faute à quoi, à qui ? Manque de créativité ? Manque de visibilité ? Trop d’offre musicale ?
C’est le grand paradoxe de notre époque, trop de choix tue le choix, créer de la musique n’a jamais été aussi facile, et pourtant on revient de manière incessante sur le passé.

The Police, Reggatta De Blanc (1979)

Les icônes sont essentielles à la culture, c’est le marqueur d’une tendance culturelle, d’une période précise de l’histoire. Les années 2000 et 2010 se définiront comme le désert rock de l’histoire, aucun marqueur véritable à en retirer sinon celle d’une génération musicale à l’offre si multiple qu’elle se fabrique des icônes de niche pour se distinguer.
Signe des temps, le moment est à la distinction individuelle plutôt qu’à l’émergence d’un véritable phénomène culturel auquel une assemblée souscrit volontiers. Nos années sont plutôt celles de la déconstruction d’icônes populaires au profit de la singularité individuelle. Il en résultera un vide historique culturel et rock de ces années 2000, 2010.
Deux ou trois noms ne suffiront pas à sauver l’édifice.

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