PRESS GANG METROPOL « Point Blank »

PRESS GANG METROPOL. Derrière ce nom un peu étrange se cache l’un des derniers frissons musicaux découverts récemment par votre bien humble serviteur. Pourtant fondé dès 2006 et auteur de plusieurs sorties remarquées, dont un premier album Checkpoint paru en 2012, la formation niçoise propose depuis quelques jours un second opus baptisé Point Blank, sur lequel les ingrédients demeurent globalement identiques à ceux de la première sortie, à la différence notable qu’en 2019, un assombrissement prononcé du propos est sorti du ventre de la bête. Pas que Checkpoint laissait entrevoir une séance de stage diving sauvage à la FISHBONE, mais Point Blank appuie nettement sur la pédale du spleen bienheureux, celui qui plonge dans un état de mélancolie puisée au tréfonds du métabolisme. Si la conception des chansons de PRESS GANG METROPOL s’articule bien souvent autour de la basse à l’omniprésence aussi hypnotique que redoutable de Christophe Baudrion, l’enchevêtrement des pistes de guitare dans leur plus simple appareil entrouvre quant à lui une porte sur un horizon plus dépouillé, davantage emprunt d’une poésie cathartique, un aspect moins tangible sur le premier album dont l’influence parfois très prononcée de David Bowie n’est sans doute pas étrangère à ce constat. Bien sûr, certains ne manqueront pas de déceler dans la musique du groupe ses plus évidentes influences, à commencer par THE CURE dont le son de basse directement emprunté à celui de Simon Gallup est aussi jouissif qu’une carie à soigner pour un dentiste. Le sensibilité du nouveau vocaliste Sébastien Bernard offre un aspect bien plus épais, délaissant quelque peu les intonations « à la Bowie » de son prédécesseur au profit d’une voix davantage ancrée dans la profondeur, la gravité. Nick Holmes (PARADISE LOST) ou Dave Gahan (DEPECHE MODE) ne sont pas très loin. Il s’en dégage une assise vocale plus sûre et fluide, en parfaite adéquation avec la musique glaciale concoctée pour ce Point Blank. Paradoxalement, la musique de PRESS GANG METROPOL, si elle semble avoir gagné en maturité de par son approche épurée ce qu’elle a perdu en candeur – voire en une certaine forme de naïveté juvénile, offre une richesse qui poussera l’auditeur à puiser dans ses ressources pour en toucher le substrat du bout des doigts. L’oeuvre proposée ne livrera sans doute pas toute sa diversité et sa richesse lors des premières écoutes. Elle suppose un apprivoisement pour enfin en livrer son essence. La musique de Point Blank ne se donne pas comme une fille facile. Elle se mérite. Cet amalgame entre un rock sombre, une new wave directement empruntée aux earlies 80’s et des sonorités plus récentes atteste de la richesse de l’album proposé par le groupe. Les amateurs de JOY DIVISION – et par extension NEW ORDER, THE CURE, ou SIOUXIES AND THE BANSHEES devraient pouvoir se retrouver autour du feu avec ceux de PARADISE LOST, notamment de la période One Second / Host, ou NINE INCH NAILS auxquels j’ajouterai bien volontiers ceux de XTC, DEPECHE MODE ou LORDS OF THE NEW CHURCH. S’il est un seul reproche que l’on peut éventuellement faire valoir auprès du groupe, c’est sans doute celui de ne pas varier suffisamment ses tempi avec pour conséquence de ne pas fouiller avec davantage de profondeur ses ambiances lorsque celles-ci pourraient sans nul doute délivrer une palette de couleurs d’autant plus riche que le genre pratiqué par PRESS GANG METROPOL s’y prête extrêmement bien. Rien de bien grave en somme, le moment passé à écouter cet album n’est pas perdu, bien au contraire. Voici donc un disque aux vertus florissantes dont il est bien difficile de ne pas avouer, et sans aucune torture, qu’il compte parmi les sorties les plus réussies de ce premier semestre de l’année. Foncez !

Album disponible via ce lien

Liste des titres

1 – Empty Playground

2 – Outshined

3 – Stalemate

4 – Orphans

5 – MMT

6 – Eternally

7 – Diva

8 – Sovereign

9 – The Place You Own

10 – Unraveling

11 – Vertigo

12 – With Our Love

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