MUSE, Arènes de Nîmes, 18 Juillet 2016

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15 avril 2016 – 18 juillet 2016. Trois mois de délai répartis équitablement en 3 tiers séparent ces deux dates. Formation identique, lieux à l’opposé l’un de l’autre, setlist remaniée juste ce qu’il faut. MUSE fait halte ce soir à Nîmes dans le cadre de sa tournée estivale promotionnant le dernier album du combo, « Drones » paru en 2015. Il est inutile de présenter le trio britannique mené par le surdoué Matthew Bellamy, guitariste-chanteur, principal compositeur des albums et chef de file d’une formation récompensée par une multitude de prix allant du plus farfelu (Meilleur groupe britannique de tous les temps en 2010 !) au plus consternant (Homme le plus sexy de l’année 2010 et 2011 pour Bellamy) en passant par les plus évidents aux yeux de certains mais pas forcément de votre serviteur (Meilleur groupe live ou Meilleure tournée de l’année). Venons-en donc à ce show bouillant qui nous est servi dans une marmite gardoise de premier choix.

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Crédit photo : Hélène Drouot

Après une première partie assurée par LAST TRAIN, que j’ai honteusement ratée, et Tom Odell dont je sais désormais qu’il me faut rater systématiquement la première, la seconde et pourquoi pas toutes les parties, je me vois installé confortablement pour une période un tantinet étalée comme la Tapenade sur le pain, la faute à un piano pesant un poids totalement proportionnel à la prestation de l’ami Tom : lourd. Mais il a bien fallu le descendre de scène par tous les moyens (je parle du piano, bien-sûr. Quoique….) après cette série de craies sur le tableau vocal pour le moins criant (criard ?) de vérité. Mais place maintenant à l’entrée de notre repas britannique du soir. Au moment où le ramequin d’olives Picholines est retiré de la table, Muse débarque enfin sur cette scène bien plus adaptée au trio que l’immense plateforme londonienne sur laquelle il se produisait en avril dernier, au son de l’ébouriffant « Psycho ». La mise en son met un peu de temps à se peaufiner mais la puissance est déjà de la partie tandis que « Plug In Baby » est dégainé dans la foulée de ce premier titre à la saveur particulière. En effet, c’est dès ce deuxième titre que je me décide à mettre mes oreillettes, d’une part parce que le volume sonore est d’un niveau fort raisonnable mais aussi parce que les petits beignets gardois que Tante Yvonne a préparé me font de l’œil depuis tout à l’heure. Nous ne sommes pas au carnaval, cependant la scène et ses lumières n’ont pas à rougir d’une comparaison flatteuse avec celui de la ville. La sobriété a du bon. Pas de grosse artillerie pour ce feu d’artifice musical à l’inverse de la tournée des salles. Cette scène sied à merveille à Bellamy et ses partenaires dans la mesure où le groupe n’est pas ce qu’on pourrait appeler des monstres de présence. Impossible de parler d’exubérance scénique à l’évocation de MUSE, si ce n’est un Dominic Howard (batterie) plus impressionnant que jamais et un Christopher Wolstenhome qui abat un bouleau absolument phénoménal à la basse et aux chœurs mais qui n’est pas à proprement parler une bête de scène. Il n’est pas Steve Harris ou Billy Sheehan, quoi… Cependant, quel incroyable musicien ! Là où se situe la différence entre le concert de Londres et celui-ci réside dans l’attitude de Matthew Bellamy. Dans le cadre idyllique des Arènes Nîmoises, il évolue comme un poisson dans l’eau, tel la Bourride que Tante Yvonne me sert maintenant (je n’ai déjà plus faim, mais vous savez ce que c’est…) alors que la scène usitée pour leur propre tournée est un peu démesurée pour lui, faisant de notre bel ami un pantin solitaire au milieu de la farandole des lumières et effets. D’autant que malgré tout son génie musical et sa facilité déconcertante à décocher des soli à la limite de l’orgasme, il n’est pas un « beau » musicien. Entendez par là qu’il n’a pas la silhouette ni l’attitude d’un David Gilmour ou d’un Slash, dans un autre genre. Bellamy est le plus souvent arcbouté sur son instrument donnant de fait l’impression qu’une partie de son manche n’est pas sous nos yeux, si vous voyez ce que je veux dire…Mais cela n’enlève en rien au charisme de notre héros dont la main est dévorée par le public à chacune de ses sollicitations. Evoquer le héros sans parler de sa guitare serait un sacrilège. L’homme défouraille tout ce qu’il a en magasin et donne le tournis aux apprentis musiciens présents dans le public tout en chantant divinement bien. Sacré bonhomme ! La setlist étant  assez similaire à celle évoquée dans le report du show de Londres, je ne m’étendrai pas dessus en détail, mais je dois avouer regretter l’absence de « Map Of The Problematique » tiré du déjà légendaire « Black Hole And Revelations » (2006), et de « Reapers » qui m’avait bluffé outre-Manche. Pour le reste, rien n’est à jeter. Le concert est vraiment très plaisant et les bienvenus « Hysteria » (ce n’est pas la reprise de DEF LEPPARD) et « Resistance » (ce n’est pas celle de THE CASUALTIES non plus !) se dégustent tous seuls, comme la Gardianne qui arrive sous mon nez (amis végétariens passez votre chemin, tante Yvonne est d’une nature old school). Cette daube n’est rien en comparaison de l’Estouffade à la Saint-Gilloise que sont « Supermassive Black Hole », suivie  de près par une jam basse/batterie affriolante servie (avec ses anchois et ses câpres) juste avant un « Madness » velouté à souhait. Avec son solo de guitare dont le son ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de Brian May (QUEEN), ce titre est l’ossature du concert avec le très martial « Dead Inside » et la doublette « Assassin », saccadé juste ce qu’il faut et effrayant de puissance, « Starlight » repris jusqu’à plus soif par un public qui maintenant jump sur le tube « Time Is Running Out ». Mais c’est notre mort qu’ils veulent, impossible autrement. Et Tante Yvonne qui arrive maintenant avec la brandade…Oups ! J’ai soif et pas de bulles. Que de la plate. Après une légère digestion (« Drones »), il est temps maintenant de passer au pousse-café avec un « Uprising », autre tube du combo, qui voit le public pas fatigué pour un sous suivre le groupe dans ses derniers retranchements. Quelques Caladons et Pélardons nous sont ensuite servis pour accompagner « Mercy », nouvel extrait de « Drones » avant le final tant attendu : le Croquant Villaret…et accessoirement  « Knights Of Cynodia » intronisé par le bon harmonica de la brute Wolstenhome, pas truand pour un sou. Il était une fois dans le sud….

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Crédit photo : Hélène Drouot

Le public repart conquis par la prestation des Anglais qui ont fait une nouvelle fois honneur à leur rang. Une tournée mondiale que peu de groupes de cette envergure peuvent revendiquer, avec pas moins de six AccorHotels Arena (Bercy beaucoup de ce nom ridicule) et cinq O2 Arena sur cette tournée. Surhumain. Seul U2 parvient à rivaliser avec MUSE en termes de fréquentation. Incroyable quand on y pense, d’autant que MUSE réussi là où U2 a échoué : il amène sa musique à un autre niveau, se renouvelle sans cesse au bout de 7 albums et 17 ans de carrière tandis que le Bonavox Band commençait sérieusement à stagner au bout de 11 ans et la sortie de « Achtung Baby » (jetons un voile pudique sur « Zooropa »…). MUSE joue dans la cour des très grands, fait du ballon prisonnier avec QUEEN, joue à la marelle avec Bruce Springsteen et saute à la corde avec les ROLLING STONES. Mais il est aussi le plus fidèle représentant d’une forme de classe anglaise, pleine de flegme et de savoir-faire, à mille lieues des maitres Beatles même s’il est assis au premier rang, sourit timidement au professeur McCartney avec sa pomme apportée le jour de la rentrée. Bientôt mon Amy, bientôt. Le passage à l’âge d’homme arrivera plus vite que tu ne le penses.

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