MONOLYTH, les (18) marches de la gloire

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Il est de ces rencontres dont on souhaiterait qu’elles se prolongent davantage mais dont la durée impartie nous est malheureusement comptée. Pas que l’interlocuteur soit pressé que la discussion se solde par un arrêt brutal mais plutôt par une préparation d’entrevue bien trop maigre au regard des réponses avancées, de la spontanéité d’un discours fleuri ajouté à une extraordinaire gentillesse des membres d’un groupe sentant bon l’amour de l’art créé et pratiqué. MONOLYTH, puisque c’est de lui qu’il s’agit, regorge d’un potentiel musical et scénique enviable tout en avançant à pas de géant vers une renommée nationale et européenne, lui qui dispose d’une fan base extrêmement solide si l’on en juge par l’accueil fait à son dernier album  » A Bitter End / A Brave New World » et la réputation grandissante dont jouissent ses membres. Rendez-vous était donc pris le 14 décembre dernier aux 18 Marches de Moissy-Cramayel, petite salle des plus agréables, nichée au cœur de la Seine et Marne, pour un échange bien appréciable avec un groupe soudé, bourré d’auto-dérision mais fortement impliqué dès lors qu’il s’agit de créer et de présenter sa musique dans des messages scéniques orbi et urbi ou enregistrés sur galette (la chronique de la dernière sortie de MONOLYTH est toujours à consulter par ICI). Rencontre avec un groupe absolument délicieux, disposant d’un album solide et bienheureux.

Une incertitude plane quant à savoir le, les ou laquelle des membres du groupe sera assis(e) face au dictaphone lors de cette entrevue instaurée avant le début du show. Ce ne sont pas un, ni deux, ni même trois membres de MONOLYTH qui entrent dans la pièce au moment de l’entrevue mais bien l’ensemble du groupe qui a décidé de participer à cet entretien. Une vraie marque de solidité d’un line-up qui a longtemps connu des déboires et des désillusions jusqu’à sa soudure définitive et l’enregistrement de l’excellent « A Bitter End / A Brave New World », son dernier album. S’il est une preuve de la réussite artistique et de l’excellence de la réception du disque, c’est bien l’engouement certain que suscite le nom MONOLYTH ces derniers mois, comme en témoigne le groupe sous l’impulsion d’Amaury, son vocaliste. « Nous avons énormément travaillé sur cet album. Nous sommes convaincus d’avoir donné le meilleur de nous-mêmes avant de le proposer au public. La communication interne a été primordiale voire décisive à l’élaboration de ce nouveau disque. Le groupe a connu beaucoup de remue-ménage avant de se stabiliser autour de nous cinq. Il a même été en sommeil avant de renaître et de revenir. Sans doute avions-nous à cœur de rendre plus évidente cette joie communicative à l’auditeur ». Fafa, bassiste de son état, rebondit sur les propos de son vocaliste. «  L’album a mis du temps à sortir, ce qui nous a permis de faire mûrir la plante en parvenant à l’aboutissement d’une musique en laquelle nous croyions, tant du point de vue des compositions que de l’artwork. Cela a donné un album homogène et un concept qui nous est propre. Il peut probablement plaire à autant de personnes différentes que nous avons de facettes différentes à proposer. Du coup, pas mal d’auditeurs peuvent se retrouver dans notre musique, d’une manière ou d’une autre ». Julien, l’un des guitaristes, poursuit dans cet élan. « Il est à préciser que nous avons effectué pas mal de dates depuis 2016. Donc depuis plus deux ans, nous tournons avec ce line-up. De fait, nous en avons profité pour jouer un ou deux titres de ce nouvel album, ce qui sans doute a suscité de l’intérêt voire une attente par rapport au disque. Ceci associé à cette cohérence retrouvée au sein du groupe n’ont fait que nous renforcer en nous permettant d’attirer un peu plus la lumière sur cette dernière sortie ». Une sortie presque unanimement saluée par la critique – « presque » car Pré en Bulle à une fois de plus réussi à faire son intéressant en soulignant des peccadilles qui n’engagent que lui, ce nouvel album demeurant en tout point remarquable. Eclat de rire général, Fafa reprend. « Aucun problème avec ça ! Au contraire, nous apprécions les critiques car elles nous permettent de corriger certaines choses afin de les améliorer. Les critiques apportent un recul, une hauteur de vue que peut-être nous n’avons pas au moment de l’élaboration des titres. Nous avançons grâce aux critiques, ce qui est une très bonne chose, pour peu qu’elles soient fondées » MONOLYTH parvient à structurer ses morceaux autour d’une agressivité jamais démentie et de subtiles mélodies fort justement trouvées. Un exercice paraissant périlleux mais dont Fafa semble avoir une explication satisfaisant ses coéquipiers. « Ce nouvel album a été en grande partie composé par Amaury et Julien, tous deux extrêmement inspirés. Deux autres membres le sont également (sourire) Ce qui nous fait quatre personnes à la composition et aux arrangements mélodiques. Les idées foisonnent et permettent d’envisager différentes pistes avant d’en garder le meilleur pour un titre. Cela facilite les choses pour garder une certaine aisance au moment de la composition. J’ajoute que la culture musicale des membres de MONOLYTH est vraiment très riche, notamment celle des compositeurs principaux. L’inspiration n’en est que naturellement plus importante ».

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MONOLYTH ne faisant pas mystère des nombreux changements de line-up en son sein – et même d’un arrêt total d’activité durant quelques temps, il paraît intéressant d’avoir sa définition de l’unité du groupe, avec un personnel vraiment impliqué enfin retrouvé et l’assurance d’un travail bien fait. Julien a son idée, non sans humour. « Tu sais, il y a les bons line-up et les mauvais line-up ! » (rire général, Julien faisant référence au truculent sketch des Inconnus, « Les chasseurs ») . Amaury reprend.  « Depuis que nous sommes tous les cinq, nous n’avons plus connu de moment où quelqu’un se braquait, bloquait la composition d’un titre ou sur un sujet, quel qu’il soit. Il n’y a pas de recette magique. Nous sommes d’accord sur à peu près tout, tant musicalement qu’humainement. Nous sommes partis en tournée entassés les uns sur les autres, avec la promiscuité que tu imagines. Nous ne nous connaissions que depuis peu de temps et pourtant tout s’est merveilleusement déroulé. Je pense qu’il y a eu un effet team building renforçant les liens  entre nous tous ». Fafa renchérit. « Bien sûr que nous avons tous notre caractère mais l’essentiel reste le fait que nous savons nous écouter les uns, les autres. La base d’un groupe qui fonctionne bien reste une excellente communication et je pense que tous les membres de MONOLYTH l’ont très, très vite compris. C’est un couple à cinq que l’on vit ». Tristan, le second guitariste du groupe, poursuit sobrement avec l’efficacité de celui qui a connu également quelques antécédentes difficultés. « Nous avons tous tiré quelque chose de nos précédentes expériences au sein de nos groupes respectifs. On a bien compris qu’en essayant de gueuler plus fort que les autres, cela ne pouvait pas fonctionner. Du coup, pour MONOLYTH, il n’est pas question de retomber dans certains schémas déjà douloureusement vécus. Donc l’écoute reste notre priorité absolue. Et même s’il dira le contraire (Ndr : Tristan adresse un regard complice et amical en direction de son collègue guitariste Julien), nous avons deux compositeurs principaux au sein du groupe. Si tu proposes une idée qui semblent ne pas plaire, il n’y a aucun problème avec ça. Tu t’asseois dessus et puis voilà. Si c’est pour mettre le groupe dans le mur, ça ne sert à rien d’insister ! ». Une bien jolie leçon d’humilité et de cohérence d’un groupe qui a bien conscience de son potentiel au vu de l’accueil plus qu’enthousiaste réservé à son petit dernier, tant par le critique que le public. Difficile de ne pas aborder dans ces circonstances des plus agréables et propices à l’ouverture d’un nouveau chemin, l’élaboration d’un prochain album, alors que celui-ci vient à peine de sortir, et évoquer la suite des aventures de MONOLYTH. Julien, une nouvelle fois, se propose de répondre avec humour dans un premier temps avant de redevenir sérieux, non sans avoir en tête le fond de la question, savoir sur quel(s) point(s) faible(s) le groupe se doit de progresser et sur quel(s) atout(s) celui-ci se doit d’appuyer. «  Oui, absolument ! Nous allons enregistrer un album de ballades juste pour toi. (rires généraux, Julien faisant ici référence à la chronique de Pré en Bulle qui n’avait pas été tendre avec la seule et unique ballade de l’album) Amaury poursuit. « Nous allons probablement poursuivre dans cette veine mélo-death tout en en variant davantage le propos. Nous en parlions encore à midi. Sans doute allons-nous tirer davantage encore vers les extrêmes car nous aimons beaucoup cette diversité, ce mélange entre agressivité et accalmie. Nous envisageons un album comme un journal intime s’étirant par essence sur plusieurs mois, voire plusieurs années, supposant différentes humeurs. Ceci dit, nous sommes bien conscients que pour varier le propos, il va nous falloir travailler sur autre chose que du « bête » mélo-death. Peut-être, comme tu le suggérais dans ta chronique, allons-nous tenter quelques effets plus progressifs, travailler les nuances. Nous avons en tête également de mettre un peu de côté le fait de faire de la technique pour de la technique. Nous nous sommes aperçus que certains morceaux de l’album sont techniquement exigeants pour un résultat pas forcément plus efficace que d’autres titres l’étant nettement moins. Le groupe va donc tenter de faire la chasse à cette surenchère technique parfois superflue pour accentuer le travail de composition pur afin de proposer des titres forts sans forcément en mettre plein la vue. Certains de nos anciens morceaux proposaient quelques gimmick qui nous collaient assez bien mais pour ce nouvel album, nous avons peut-être privilégié la technique car nous avions peut-être besoin de nous prouver certaines choses du fait qu’il était délicat de franchir certains paliers avec l’ancien line-up. Avec cette nouvelle équipe très motivée, nous n’avons plus de barrière technique. La seule barrière que nous avons à franchir est celle de la composition. Nous allons nous y atteler » (sourire) Au-delà d’être un excellent groupe, humble et généreux, MONOLYTH reste d’un renversant pragmatisme. Fafa prend la parole. « Avec notre expérience, nous avons conscience que nous ne vivrons jamais de notre musique. Néanmoins, nous restons des passionnés. Je pense que notre objectif est de continuer à tourner le plus possible, de manière à faire découvrir notre musique au plus grand nombre et de donner envie aux gens de s’intéresser à ce que nous proposerons à l’avenir, parce que c’est déjà en préparation. Du coup, l’idée est de faire des scènes suffisamment intéressantes pour attirer du monde. Pas simple de se faire une petite place car le marché est saturé de groupes plus ou moins bons. C’est très compliqué de se démarquer ! Nous vivons à fond notre musique sur scène (Ndr : Entièrement d’accord !) et nous souhaiterions que le public participe à ce partage avec nous. Bien évidemment, une bonne première partie d’un groupe établi serait un plus indéniable » (sourire) A l’écoute de l’album, un morceau en particulier attire l’attention, le premier et notamment son titre, « The Ego Disaster ». Du vécu ? Amaury s’empare du sujet. « Toutes les chansons sont du vécu ! S’agissant de ce titre en particulier, la deuxième personne du singulier est employée car il s’agit de quelqu’un de très imbu de lui-même, à un point tel qu’il en est devenu exécrable. C’était ma manière de le lui dire. Un genre de déclaration (sourire) Donc oui, c’est du vécu ». Julien précise. « Amaury écrit toutes les paroles des chansons. Son seul souci est de faire ressentir ses émotions, positives comme négatives. Il est important à ses yeux que ses textes reflètent son vécu, sa personnalité mais aussi que l’auditeur puisse ressentir tout cela avec lui. Depuis quelques années maintenant que nous nous subissons l’un, l’autre (rire), je sais que c’est ce vers quoi Amaury souhaite se diriger : quelque chose qui nous parle tous ».

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Le metal s’étant démocratisé depuis maintenant de nombreuses années, il est apparu intéressant d’avoir le point de vue d’un acteur de la scène française à ce propos. L’éloquente Fafa reprend la parole. « Moi je trouve ça très bien ! », avant que Julien n’enchaîne. « Cela fait des années déjà que le metal gagne du terrain avec l’émergence du Hellfest et le succès qu’on lui connaît. A titre personnel, je suis un peu partagé sur le sujet. Cela fait vingt piges que je suis dans le metal, que j’en écoute quasi exclusivement et que j’en joue. J’ai fait mon connard de base élitiste à un moment donné pour une raison qui me paraît simple, celle de voir des gens en écouter pour en écouter sans en saisir forcément l’esprit. C’est quelque chose qui a pu un temps me bloquer. Après, il est évident qu’on a tous commencé à un moment ou un autre en intégrant les codes du genre au fur et à mesure. Aucun doute là-dessus, mais la transmission est une notion vraiment très importante, notamment sur un plan humain. C’est même primordial à mes yeux. Certains collègues à mon boulot n’écoutant pas du tout ce style de musique ont eu la curiosité de jeter une oreille à notre album sur Deezer ou de regarder notre clip sur Youtube, et sont ensuite venus me trouver en me disant ‘Putain y a des trucs cool dans le metal !’. Si c’est vraiment très gratifiant sur un plan musical, ça l’est d’autant plus que j’ai le sentiment d’avoir transmis quelque chose à cette personne. Elle ne s’est pas intéressée au genre parce que c’est à la mode mais bien pour l’attrait que cela lui a procuré ». Fafa, une nouvelle fois, renchérit. «  Même si ça se démocratise, et bien que certaines petites salles ferment à cause du voisinage, le fait que des groupes soient davantage programmés permet une diffusion plus large de la musique qu’il y a vingt ans, ce qui n’est pas négligeable. Il n’y a plus cette sorte de diabolisation du genre, ce qui me fait très plaisir en plus de permettre aux groupes plus modestes d’obtenir une plus large visibilité » Batt, détenteur des baguettes au sein de MONOLYTH, apporte toutefois un petit bémol. «  Enfin ça dépend des régions. Vers chez moi, à Amiens et ses alentours, il ne se passe plus grand chose. Il n’y a quasiment aucun concert au-dessus de Paris. Il semble que ce soit désormais très sectorisé. Dommage… » Ceci dit, l’ensemble des membres du groupe s’entend sur un point, résumé par Amaury : « Si l’ouverture du metal au plus grand nombre génère de vraies passions, c’est vraiment super. J’en suis le premier ravi. En revanche, si les gens vont au Hellfest comme à Disneyland, c’est une autre affaire, nettement moins cool ».

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Au fait, y a-t-il des groupes qui ont impressionné MONOLYTH ces derniers temps ? Batt reprend la main. « Nous avons récemment tourné avec le groupe DEUS EX MACHINA (Ndr : ce groupe suisse vient de changer de nom, ayant opté pour KASSOGTHA). J’ai vraiment été impressionné dans le sens où nous avons pu observer leur manière de procéder qui était bien différente de la notre, ce qui nous a permis de prendre de l’assurance et de trouver un fonctionnement interne plus efficace. Leur logistique est une mécanique vraiment bien rodée, que ce soit l’installation de leur matériel, de leur balance ou de leur attitude. Ce qui se ressent sur scène après parce que… ça joue. Et bien ! (sourire) Impressionnants sur scène comme en dehors ». Fafa donne à son tour son coup de cœur « Nous avons joué il n’y a pas longtemps au Napalm Fest à Evry-Grégy-Sur-Yerre avec un groupe qui s’appelle DAGARA, d’ailleurs présent ce soir à l’affiche. C’est un groupe que je suis depuis plusieurs années et qui m’impressionne toujours autant car lorsqu’ils montent sur scène c’est vraiment la guerre. Ils vivent leur musique à fond, ce qui me plaît vraiment. D’autant qu’ils sont deux à tenir le micro et qu’ils parviennent à entremêler leur chant, à se compléter tout en transmettant quelque chose de fort au public. C’est tellement puissant que ça me bouleverse ». Et Tristan, qu’écoute-t-il ces derniers temps ? « Je suis un fan de Michael Romeo. (Ndr : guitariste du groupe de metal progressif SYMPHONY X) Il vient de sortir un album solo, « War Of The World // Pt.1 » qui est une tarte monumentale. Il arrive toujours à se renouveler malgré tout ce qu’il a déjà fait avec SYMPHONY X. Il reste une référence ultime à mes yeux. Ceci dit, d’autres groupes m’impressionnent comme ARCH ENEMY dont l’arrivée d’une nouvelle chanteuse a permis au groupe de franchir un nouveau palier alors que certains craignaient que le départ de la précédente vocaliste soit une difficulté féroce à surmonter. Sans parler de leurs différents changements de guitaristes. Je reste très admiratif de ce groupe tout comme de TEXTURES que j’aurais aimé découvrir plus tôt. MERCENARY me plaît beaucoup aussi pour leur aspect mélodique. Et puis bien sûr DEUS EX MACHINA ». Après avoir lui aussi fait l’éloge de ce groupe suisse remportant décidément tous les suffrages, Julien poursuit. « Je me dois de citer SERENIUS avec lesquels nous avions joué une première fois au Headbang Contest en 2014 et qui ont pris un envol absolument effrayant depuis, de même que WHEN REASONS COLLAPSE qui sont autant incroyablement performants sur scène qu’adorables humainement » Amaury quant à lui approuve tous les groupes cités en en ajoutant un nouveau, celui de CALIGULA’S HORSE, « C’est un groupe australien incroyable que j’ai découvert grâce à un copain il y a un peu plus d’un an et qui m’a totalement retourné. On a affaire à un prog’ à la TEXTURES avec un côté presque pop, hyper accrocheur à la LEPROUS. Ce n’est pas une musique simple mais elle est vraiment fabuleuse ! »

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Pour terminer cet entretien sur une note un peu ludique, il est soumis aux membres de MONOLYTH quelques adjectifs qualificatifs, le but étant de trouver celui ou celle à qui cet attribut se rapporte le mieux. Quel(le) membre du groupe se montre le/la plus affable ? « Je ne sais même pas c’que ça veut dire » lance Batt sur un ton désabusé et sous les éclats de rire de l’assistance. Amaury prend la parole. « Je pense que Fafa a cette envie permanente que les gens s’entendent bien, en toute circonstance. D’ailleurs, pour en avoir parlé avec elle, ce n’est sans doute pas un hasard si elle joue de la basse. Pour moi, la basse est l’instrument qui lie tout le reste. Il faut qu’elle soit à l’écoute de tous les autres de manière à ce qu’eux-mêmes puissent s’exprimer de la meilleure manière possible. Elle est l’ossature du groupe, ce qu’elle est aussi humainement ». Le ou laquelle est le/la plus drôle ? « Je ne sais même pas c’que ça veut dire » dit Batt qui semble apprécier le comique de répétition. Re-rire général et petit indice quant à la réponse du groupe. Julien avance « On a tous nos moments de déconne incontrôlée mais c’est vrai que Batt s’en tire avec les honneurs, même si les autres ne sont pas en reste. Bien au contraire ! (rire) » Le ou laquelle est le/la plus impatient(e) ? Collégiale réponse : « Probablement Amaury ! » Julien nuance : « Ce qui ne veut pas dire forcément soupe au lait mais c’est vrai qu’Amaury sera impatient que les choses se fassent, et qu’elles se fassent bien. J’ajoute qu’il a ses coups de nerf, comme tout le monde, mais que ce ne sont jamais des hurlements ou des actes démonstratifs. Amaury intériorise beaucoup ses pulsions (sourire) » Fafa poursuit :  « C’est d’ailleurs parfois un peu frustrant parce qu’on aimerait bien qu’il lâche un peu la pression avec nous de manière à ce que l’on puisse partager avec lui ses doutes ou ses colères plutôt que de rester dans son coin à ruminer » Le chanteur apporte son grain de sel, tout en finesse et sous forme de déclaration de confiance et de respect : « Nuance, je n’ai jamais eu à me mettre en pétard après vous, à vous dire un truc qui me force à me mettre en colère. Il se passe quelque chose de très fort entre nous cinq. Il n’y a plus rien de désagréable ou de contrariant dans ce groupe, ce qui a pu être le cas dans le passé. Et ça, ça fait toute la différence ». Le ou laquelle est le/la plus ambitieux(se) ? « Julien ! » s’exclame Fafa, sous l’approbation de ses petits camarades. L’intéressé acquiesce. Le ou laquelle est le/la plus à fleur de peau ? (silence religieux) Julien se lance timidement : « Nous sommes tous de grands émotifs, chacun à notre manière. Il est difficile de détacher un membre plus qu’un autre par rapport à ça ». Le ou laquelle est le/la plus colérique ? « Tristan ! » lance Fafa. « Disons qu’avec lui, ça ne prévient pas : ça tombe sans préavis » (rire) Julien poursuit : « Le truc, c’est qu’on ne s’est jamais pris la tête entre nous. Pour l’instant… (rire) Mais en ce qui concerne d’éventuels coups de sang par rapport à des personnes extérieures au groupe, Tristan arrive en tête ». Après une bataille acharnée pour savoir quel(le) membre de MONOLYTH est le /la plus taciturne, un consensus est trouvé en la personne de Tristan – qui n’en demandait sans doute pas tant – avant d’apprendre que l’ami Julien est probablement le plus accroc au portable et aux réseaux sociaux.

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Au terme de cette entrevue des plus délicieuses, il se dégage de MONOLYTH une réelle générosité, un sens de la mesure ainsi qu’une solide et tangible amitié, faisant de lui un très bel outsider de la scène metal hexagonale. Et bien plus que tout, un pragmatisme, une humilité et une sincérité qui lui font honneur. Difficile de ne pas voir la prestation scénique à suivre comme l’addition de tous les propos échangés quelques heures auparavant, avec comme dénominateurs communs  l’amour de l’art, l’amitié, le partage et le plaisir de jouer ensembles, comme le témoignent les innombrables sourires dépassant largement le cadre de la simple connivence musicale. Un régal pour les yeux autant que pour les oreilles.

L’album « A Bitter End / A Brave New World » disponible ICI    

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