METALLICA « Hardwired…»

MET_HTSD_Hardwired_2016-08-16Câblé. Branché. Programmé. Pour paraphraser un peu François Mitterrand « Vous savez, moi, quand j’étais enfant, on inversait déjà les » qualificatifs. On prenait à peine le temps de découvrir un disque qu’on lui attribuait déjà tous les superlatifs mis à disposition par notre champ lexical du plaisir. Il était évident, à cette époque lointaine, que le but résidait dans l’amour obligatoire pour un album acheté avec l’argent de poche généreusement donné par les pa(é)ternels, que l’on avait pris soin de mettre de côté consciencieusement jusqu’au jour J. Alors, une fois la cellophane retirée de la cassette achetée au Printemps Nation, on était prié de l’adorer cet album car on l’avait voulu depuis longtemps. Alors il fallait l’aimer coûte que coûte. Jusqu’à ce que l’on arrive à économiser nos deniers week-end après semaine afin de satisfaire notre curiosité naturelle et notre penchant éhonté pour les décibels en trouvant un nouveau cheval de bataille à glisser dans le walkman Sony jaune. Oui celui lourd comme un cheval mort et qu’on pouvait plonger dans la baignoire…

Les temps ont changé avec l’avènement de la musique fast food. Aussi vite non achetée, aussi vite mise à la virtuelle corbeille. Alors quand METALLICA nous balance un nouveau titre, sans prévenir personne, le clip qui va avec et la pochette de l’album dont la sortie est prévue le 18 novembre prochain, on en frétille de la queue ou des ovaires, on se frise la moustache dans l’espoir que ce soit aussi moisi ou génial que pouvaient l’être « Load », « Kill’Em All » ou « Master Of Puppets » en leur temps. La bande à Hetfield ne laisse personne indifférent. Jamais. Même le plus obtus des amateurs de rock se disant déçu par la tournure qu’a pris la musique des Four Horsemen au fil des décennies se jettera le plus discrètement possible sur la bête, histoire qu’aucun témoin ne puisse le trainer en justice. Mais METALLICA s’en fout de tout ça.

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METALLICA s’apprête à sortir son onzième album et se fait plaisir, quoiqu’en disent les grincheux de tous bords. Ils n’ont toujours écouté que leurs désirs et assumé leurs choix, même les plus discutables. Quel autre groupe peut se targuer d’en faire autant ? Ils ne sont pas légion et moins encore dans le heavy metal.  Alors oui, ce nouveau titre fleure bon le thrash made in 80. D’une durée inférieure à trois toutes petites minutes, l’essence de METALLICA explose à la face de l’auditeur. Cette torpille, la plus courte jamais crachée par Kirk and Co (« Motorbreath » se trouvant désormais dépassée par la durée du cru 2016), se veut être le point du « i » sur la barre du « t » des plus sceptiques. Certes, il faudra patienter jusqu’à la sortie du double-album à l’automne prochain mais quelque chose laisse à penser que METALLICA va encore créer la sensation ainsi qu’il l’a toujours fait avec ses ballades quand d’autres se voulaient toujours plus violents en 1984, en imposant ses ambiances et ses compositions plus fouillées quand d’autres cherchaient la vitesse à tout prix en 1986 ou en accouchant de la pierre angulaire de ce que l’on pourrait un peu maladroitement appeler le « Progressive Thrash » en 1988. Passons sous silence l’album de 1991 qui voyait nos joyeux lurons jurant la main sur le cœur que le speed-metal, c’était de l’histoire ancienne. Que des titres comme « Damage Inc. » ou « Trapped Under Ice » étaient déjà écrits et que le groupe se devait d’aller de l’avant. Mais METALLICA a vieilli, a pris de la hauteur depuis bien longtemps et surtout, METALLICA fait ce qui lui plait. Bien plus encore en 2016 qu’en 2008 et bien moins qu’en 2020. La production du titre lâché il y a quelques jours se veut massive, compacte et rentre dedans. Un son de batterie bien plus organique que ce que l’on pouvait craindre (la double-pédale de Lars Ulrich semble un tantinet……..* !!). Ok les riffs ne sont pas révolutionnaires, mais Hetfield n’en a cure. N’oubliez pas, braves gens, les « Blackened », « Damage Inc. » et autres « Battery » …Almighty James n’a plus rien à prouver en la matière et sort donc de sa guitare ce qu’il trouve être juste pour les besoins de son groupe. Le coup de poignet est toujours serein, l’attaque nécessaire pour s’additionner à une voix qui a retrouvé une bonne part de sa hargne d’antan. Ok les plus énervés, je vous entends déjà d’ici : « la hargne n’est plus là, ils sont milliardaires ces connards. Ils ne valent plus rien dans leurs villas à cinq millions et leurs collections de tableaux ». Dont acte.

Faut-il être pauvre pour se prétendre être de gauche ? Faut-il avoir été malade du cancer pour comprendre ou ressentir le mal et la détresse d’un patient ? Pour ma part, je ne le pense pas. METALLICA n’est plus un groupe composé de crève la dalle depuis trente ans. Ce qui lui a été reproché depuis tout ce temps ne tient plus aujourd’hui. Le groupe est plus proche de la fin que de la faim et n’est désormais animé que par l’envie et le plaisir de faire plaisir à ses fans. Thrash, pas thrash, peu importe. Heavy ou ballade, c’est du pareil au même…L’essentiel est ailleurs. Se faire plaisir en faisant plaisir sans juger, sans calculer, sans amertume ni remords. Le double-album « Hardwired…To Self-Destruct » ne plaira pas à tout le monde, c’est certain, et encore moins dans sa globalité comme un « Ride The Lightning », mais il faudra le prendre tel quel : l’une des probables dernières cartes d’un jeu nommé légende. A déguster tel quel, sans arrière-pensées et sans modération aussitôt l’as de pique trouvé. Au pire, sans as de pique ou dame de cœur, il vous restera le joker. Mais cette atout-là est vraiment écorné aux quatre coins et ne fera probablement jamais partie des 52 cartes du vrai jeu. Celui de l’aventure humaine et amoureuse.

*Mettre l’adjectif qui convient à chacun

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3 réflexions au sujet de « METALLICA « Hardwired…» »

  1. Du pur Metallica ce Hardwired.
    Tout d’abord intrigué par un refrain me rappelant Whiplash, ou en tout cas appelant un Whiplash en fin de phrase.. haha ce morceau est devenu addictif. Je l’écoute en boucle et James a une putain de patate dans la main droite, ce riff est simple et démoniaque.
    James for ever …

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