METALLICA « Hardwired…To Self-Destruct »

metallica-hardwired-albumChroniquer un nouvel album de Metallica sort forcément de l’ordinaire.
L’affect et l’histoire jouent forcément un rôle face à nos lascars de la Bay Area.
Enfin sorti du giron d’un label (What ?? Ça existe encore ??) nos brailleurs favoris voguent aujourd’hui au gré de leurs envies – c’est le discours officiel – ainsi qu’à leur rythme, on l’aura remarqué !!

Ce Hardwired…To Self-Destruct fait donc suite à Death Magnetic, fort plaisant au demeurant, et ce qui saute aux yeux après plusieurs écoutes c’est la lignée évidente de son prédécesseur, une sorte de grand frère dont on reconnait la parenté mais avec ses propres particularités.
Notre Hardwired.. est en quelque sorte le Reload de DM, vous me suivez ??
D’ailleurs autodestruction = mort et mort = death = Death Magnetic. Ok, ok c’est tiré par les cheveux me direz-vous, certes, mais ne jamais sous-estimer le rôle de l’inconscient dans le choix d’un titre.

Là où DM naviguait volontiers vers un retour aux sources 80’s du groupe avec de nombreux rappels à And Justice.. ou encore Ride The Lightning, notre Harwired…To Self-Destruct ici présent (que nous nommerons par la suite HWD pour plus de simplicité) se veut plus libre de toute influence et je crois volontiers nos Mets dans leur volonté de se faire plaisir d’abord à eux-mêmes avant de penser aux autres.
Après tout qu’est ce qui les en empêche aujourd’hui ? Des multimilliardaires aux stades remplis en permanence, ils sortiraient une bouse que ça ne changerait rien à cet état de fait, d’ailleurs expérience déjà quasi vécue avec St Anger, CQFD !!

Comme je le précisais plus haut, HWD présente une parenté indéniable avec son prédécesseur et nous retrouvons naturellement ces longs passages instrumentaux dont DM faisait la part belle pour des titres tout en longueur. Un peu trop à dire vrai, pas sur les morceaux en eux-mêmes mais sur l’album dans son ensemble. Un double c’est clairement trop long, surtout composé essentiellement de titres dépassant les six voire sept minutes.

Pressentant peumetallica2t-être les critiques poindre sur ce sujet, les Mets nous ont asséné trois titres en avant-première, et quels titres !!
« Hardwired » et « Moth Into Flame » dans un style purement heavy et direct, des riffs acérés, on crie au génie, au retour à un Metallica libéré et qui va droit au but, la toile s’affole et le buzz est en marche.
Puis vient « Atlas, Rise ! », plus complexe, on lorgne vers la parenté DM, de longs passages instrumentaux habillent ce titre qui s’apprécie sur la durée, un fin mélange de son bien brutasse et de double guitare tout en harmonie.

C’est d’ailleurs ce qui se dégage peu à peu de l’album, beaucoup de richesses cachées. Il va falloir être patient pour se délecter de tout son potentiel.
A l’époque, Load et Reload se trouvaient quelque peu dans le même état d’esprit. Bizarre n’ai-je pas parlé de ce dernier en début de chronique ? Bon clairement certains titres rappellent cette période post Black Album, on sent ici que ce n’est pas feint, les Mets adorant ces mid-tempo qui montent peu à peu et qui font la part belle au chant de James. Sauf que, contrairement à Load, qui avait mis un peu en sourdine les gros sons et gros riffs bien directs, HWD ne lâche rien à ce niveau, même ces morceaux plus « consensuels » se voient fourmiller de sons bien pêchus qui rentrent bien dans le bide et de riffs toujours aussi puissants.
Loin de se contenter de la bande annonce des trois titres précités, les bonnes surprises s’enchainent. « Now We’re Dead » nous accroche d’entrée de son riff et laisse le chant libre à James, l’ombre de Load n’est pas loin.

james-hetfieldOn attend impatiemment et finalement avec joie ce qui ressort de l’intro bien lourde d’un « Dream No More » avant que « Halo On Fire », qui nous rappelle certains sons et styles de mélodies époque Load (« Until It Sleeps »), achève de bien belle manière ce 1er disque. Un titre dont la qualité gagne indéniablement à chaque écoute, Kirk nous rappelle parfois comme sur ce titre que c’est un pur gratteux, pour peu qu’il veuille bien sortir de son schéma « j’fais n’imp avec ma wahwah et c’est cool »..
Le meilleur des deux mondes ??

On n’en serait pas loin si nous étions sur un simple album. Pourquoi diable nous ont-ils pondu un double ? Un simple 8 titres aurait amplement suffi. Force est de constater que le 2ème disque se voit dans l’ensemble composé de morceaux, qui sans être mauvais, sont dispensables (« Manunkind », « Here Comes Revenge », « Am I Savage », « Murder One »), surtout après un premier redoutablement efficace. Ça retombe donc comme le ventre mou d’un concert…jusqu’à l’explosion finale. Et quel final !!
« Spit Out To The Bone » est une tuerie phénoménale. Un pain dans la tronche, la rage de James n’a d’égal que ce riff terminatoresque qu’on se mange en pleine poire. « Spit Out.. » fait partie de ce que Metallica a fait de mieux dans sa carrière, And Justice.. en est jaloux de ne pas l’avoir dans son tracklist.

Clairement ce nouveau Metallica aurait gagné en concision ; après tout n’avaient-ils pas sorti un And Justice.. de seulement 9 titres et devenu culte au demeurant.
Délectez-vous de ce 1er disque les yeux fermés, enchaînez avec un « Confusion » (j’adore ce riff) des plus réussis et passez la 6ème direct avec un « Spit Out.. » de folie…Attention les cervicales !!

metallica3Et les zicos me direz-vous ? Ben oui comment parler d’un Metallica sans aborder les éternels débats Lars ou Kirk ? James intouchable ? Oui James reste intouchable, son chant est incisif, rageur, puissant et ses riffs sont plus précis et agressifs que jamais. Assurément le maître en la matière avec notre ami Scotty !!
Lars…fait du Lars, c’est-à-dire un jeu sans nuance mais efficace. Il envoie du lourd il faut bien l’avouer, et ce avec une production qui n’essaye plus de faire n’importe quoi avec sa batterie.
Ce n’est pas le baltringue qu’une partie de la toile essaye de faire miroiter, ce n’est pas non plus Lombardo ou Jordison. Mais Metallica serait-il encore Metallica sans Lars ??
Kirk fait du Kirk, tout comme Lars, cet album nous gratifie encore d’un nombre incalculable de solos à fond la caisse noyés dans une Wah épileptique. Néanmoins on le sent se libérer parfois de ce schéma et offrir quelques belles envolées comme sur « Halo On Fire ».
Robert, ce cher Robert…je kiffe ce bassiste depuis toujours, mais je cherche encore la plus-value avec les Mets, néanmoins il a l’air heureux avec eux et réciproquement. Donc comme on dit par chez moi, « et werotok ».

Metallica est bien plus dans son époque que bien des artistes. Eux, les pourfendeurs de Napster en son temps, se sont mués en adeptes des nouvelles technologies et comprennent bien que l’environnement et l’industrie musicale ont définitivement migré vers autre chose, vers Youtube et la liberté de chacun de choisir son contenu.
Quoi de mieux que de faire la promo de l’album que par l’album en lui-même ? Fini les singles.
En décidant de joindre une vidéo officielle à chaque morceau, nos Mets font de tout l’album un single potentiel, libéré du poids d’un label, ils donnent le choix à chaque radio, à chaque chaîne musicale de programmer comme bon leur semble tout titre de l’album. Au risque de désorienter les formats de diffusion classiques quant au choix à adopter, ils savent que les fans en auront jusqu’à plus soif grâce à la toile. Le fait de sortir toutes ces vidéos l’avant-veille de la sortie officielle est un pied de nez évident à tous les sites leakers. C’est d’une modernité inédite dans l’industrie.

metallicaSans se réinventer ce nouveau Metallica les place dans leur époque. C’est un album de 2016 et ça s’entend. Death Magnetic les avait remis sur pieds après la déconvenue St Anger, ce Harwired…To Self-Destruct est déjà en passe de devenir une nouvelle référence, pour peu qu’on fasse peu cas de sa longueur.

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