FREITOT Interview Arno Strobl

PHOTO PAULINE SARTHOU – TALARN

C’est par Skype que le vocaliste Arno Strobl a accepté de se prêter au jeu de l’interview avec sa bonne humeur légendaire. Il revient sur l’aventure FREITOT, en dévoile les coulisses, les tenants et les aboutissants. Entrevue des plus agréables pour Mister Strobl semble-t-il puisque dans la foulée de cet entretien promotionnel, la chanteur a accepté de bonne grâce de se frotter à la rubrique « Cékidonk pour… » – en ligne très prochainement.

Bonjour Arno ! Pour ne pas déroger à la question rituelle, peux-tu s’il te plait commencer par évoquer la genèse de ce projet au nom mystérieux, FREITOT ?

Avec plaisir ! Etienne a un jour parlé de ce projet à un de nos amis communs en lui précisant qu’il cherchait un chanteur. Evidemment, ce dernier m’a immédiatement contacté à base de « J’ai peut-être un truc pour toi »… La magie des réseaux-sociaux-de-la-vraie-vie en quelque sorte.

C’est toi qui as contacté Etienne ?

(Hésitant) Non je crois que c’est Etienne qui m’a contacté le premier. Je pense que ça remonte à… (il réfléchit)… pas loin de 3 ans. Il m’a donc envoyé son album en me demandant si la musique me plaisait. J’ai trouvé ça vraiment enthousiasmant, d’une part parce que les morceaux sont vraiment excellents, d’autre part parce que depuis des années je rêvais de me frotter à cet exercice, à savoir chanter sur un album de death metal complet. Bien évidemment, j’avais déjà chanté de cette manière aussi bien dans CARNIVAL IN COAL que dans 6 :33 ou WE ALL DIE (LAUGHING) mais j’avais vraiment envie de faire un truc à l’ancienne, super old school et qu’avec du chant death. J’y ai vu une belle opportunité et j’ai donc accepté son offre. Etienne semblait content bien qu’un peu dans l’expectative. Je  pense qu’il ne connaissait pas exactement l’étendue de ce que j’avais pu produire auparavant. Jusqu’au jour où je lui ai montré les textes que j’avais écrits pour FREITOT. Il s’est montré très étonné par la teneur de ceux-ci. Il ne s’attendait pas du tout à des textes aussi personnels. Lui s’attendait à des textes plus classiquement typés  death metalgore ou autre, tandis que moi je lui soumettais de vrais textes profonds et personnels. Etienne a semblé ravi de cette approche en plus d’être étonné. Et puis de fil en aiguille, on s’est calés deux ou trois jours d’enregistrement pour mettre en boite mes parties de chant. Je pense que cette session doit remonter à 2 ans environ.

Si je comprends bien, Etienne avait donc absolument tout écrit sauf les paroles…

(Coupant net)… Sauf les paroles et les soli ! Etienne est bon guitariste, preuves en sont les parties rythmiques qu’il a enregistrées pour l’album, mais ce n’est pas lui qui a enregistré les soli. Ces parties ont été confiées à Fabien Desgardins, le guitariste de BENIGHTED. En fait tout était déjà prêt. Rien n’a bougé par rapport aux démos qu’il m’avait faites écouter, que ce soient les arrangements, les breaks, les riffs… Rien n’a été refait, il s’agissait déjà des prises définitives. Ce sont d’ailleurs celles que l’on entend sur le disque.

S’agissant des lignes de chant, Etienne avait-il en tête des idées bien arrêtées par rapport à ses désirs ou bien t’a-t-il laissé prendre doucement ta place pour finalement y placer ta personnalité ? T’a-t-il suggéré des idées, des pistes ?

Absolument aucune ! Il m’a laissé une totale liberté d’action. On a plutôt travaillé sur une base de confiance, une collaboration ouverte où chacun  écoutait les suggestions de l’autre. Etienne ne m’a jamais dit : « Tiens, fais ça sur tel passage ! ». Tout s’est parfaitement déroulé. D’autant que comme tous les chanteurs,  je suis assez narcissique et capricieux. (rires) Je me voyais mal bosser avec quelqu’un qui me dise comment et où placer mon chant ! (re-rires)  j’ai bénéficié d’une marge de manœuvre la plus vaste possible.

Fabien a-t-il bénéficé de ce même élan de liberté concernant ses soli ?

Alors pour Fabien, c’était encore plus en roue libre ! Etienne m’avait dit que ce serait compliqué pour lui de s’occuper des soli,  je lui ai donc proposé de faire un essai avec Fabien, lequel jouait déjà à mes côtés au sein de CARNIVAL IN COAL, avant même qu’il n’intègre BENIGHTED. Fabien a proposé à Etienne de lui  soumettre quelques idées, enregistrées chez lui, à l’arrache. Ce dernier a tout de suite été emballé par ce qu’il a entendu : « C’est exactement ce que je voulais ! ». Fabien a donc eu carte blanche pour les soli, précision étant apportée qu’Etienne lui a tout de même indiqué le timing et le nombre de mesures durant lesquelles il avait tout le loisir de s’exprimer.

L’album est dédié à Guillaume B. Decherf…

En fait, nous n’étions partis sur aucune thankslist, mais je voulais juste marquer le coup par rapport à Guillaume et à toutes les victimes de l’attentat. Guillaume est la seule victime que je connaissais, et c’est bien suffisant, mais je souhaitais souligner cette horrible événement parce que je trouve que cela fait parfaitement sens avec le nom du groupe (Ndr : « freitot » dans le sens « mort en homme libre»). Initialement ce nom avait été choisi en référence à une autre tragédie qui n’a absolument rien à voir avec celle du Bataclan mais l’idée de mourir en homme libre correspondait complètement aux victimes des attentats. De toute façon, même si le groupe avait porté un autre nom, j’aurais dédié cet album à Guillaume car c’est le premier auquel je participe et qui parait depuis sa disparition.

Au-delà de pratiquer ce death metal old school que vous affectionnez tant, quel était l’intention initiale avec FREITOT ? L’idée de départ étant celle d’Etienne, nous l’avons bien saisi, voici que l’on se retrouve désormais face à un véritable groupe, doté de fortes personnalités venant d’univers différents mais reliées par une idée singulière qui semble commune.

Etienne a écrit, enregistré et réalisé l’ensemble de l’album, c’est vrai. Cependant, je ne souhaite pas ajouter davantage d’éléments sur le pourquoi du comment. Tout ce que je peux dire c’est qu’Etienne s’est en quelque sorte servi de l’élaboration de la musique de FREITOT comme d’un exutoire, une manière de canaliser son énergie à des moments extrêmement délicats de sa vie.  Même si au départ il s’agissait des idées et de la musique d’Etienne, nous sommes désormais un véritable groupe avec ses envies et ses perspectives, bien que nous soyons tous d’accord pour dire qu’il reste le maître d’œuvre de ce projet.

Si Etienne s’est chargé de l’ensemble du processus de création de ce disque, il apparait que le mastering a été confié à Magnus Lindberg (ENTOMBED, THE ARRS). Pourquoi ce choix ?

Il était établi dès le départ qu’Etienne souhaitait confier le mastering de l’album à Magnus car, sans doute ne le sais-tu pas, Etienne est franco-suédois. Il a donc énormément de contacts en Suède, ce qui a facilité ce rapprochement avec Lindberg avec qui par ailleurs il avait déjà bossé pour AqME. De mon côté, j’attendais vraiment d’écouter le résultat et je dois bien admettre que je suis juste bluffé. Magnus a insufflé un turbo énorme au cul de l’album. Je crois que tout le monde est content !

Une tournée est-elle prévue pour défendre ce premier album ?

Pour être clair, il est vraiment très, très peu probable qu’une tournée proprement dite soit dans les plans à venir mais de concerts il est question. On en a tous très envie. Bien-sûr les emplois du temps de chacun ne nous permettent pas de nous projeter confortablement sur des dates très précises, Etienne étant très occupé avec AqME et son activité d’ingénieur du son dans son tout nouveau bastion, le Hemlig Studio. Fabien de son côté est aussi super occupé par son boulot à plein temps en parallèle à son poste au sein de BENIGHTED qui tourne énormément. Je serais tenté de dire que c’est encore pour moi que c’est le plus simple, si l’on excepte le fait que j’habite aux antipodes par rapport aux deux autres. (rires) Je pense qu’on va au moins essayer de faire une date cette année. Pour ce faire, il nous faudra  intégrer d’autres musiciens car on ne va pas monter sur scène à trois ! Dès qu’on aura un bassiste et un deuxième guitariste, les choses avanceront dans le bon sens.  On a déjà les noms en tête. De toute façon, cela ne reste qu’un boulot de mise en place mais il faut quand-même le faire sérieusement. C’est l’affaire de trois ou quatre jours je pense. Nous ne sommes pas non plus MAGMA ! Le plus compliqué sera vraiment de faire coïncider tous les emplois du temps.

Merci beaucoup Arno d’avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions. Je te propose de participer à la rubrique « Cékidonk pour… » afin de connaître davantage ta personnalité au travers de certains vocalistes qui peut-être ont forgé ta signature vocale…

Merci à toi, je suis prêt !

                                                                        A SUIVRE !

Chronique à (re)découvrir ICI

Disponible le 11 mai prochain. Pré-commande par 

 

Share Button

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.