BLIND WISDOM « Blind Wisdom »

Fondé en 2015 sur les terres occitanes de Perpignan, BLIND WISDOM a fait paraître tout récemment – au mois de mars – la première partie d’un concept album dont l’écriture de la seconde moitié semble déjà bien avancée. Sans titre, cette première offrande composée de cinq chansons laisse deviner l’amour que portent les quatre membres du groupe pour le power/heavy metal allemand, GAMMA RAY et surtout HELLOWEEN en tête. Si la production globale du disque s’avère à la hauteur pour une première sortie, malgré une mise en son de la batterie laissant sans doute trop d’espace à la grosse caisse, le plus souvent doublée, au détriment du reste des éléments, à commencer par la caisse claire perdant par là même en impact et en efficacité, nous aurions souhaité davantage de grain dans le son des guitares pour une attaque au médiator plus incisive. Quelques réglages sonores sont donc à prévoir pour la suite de cet album au concept encore un peu flou à l’heure de la rédaction de cette chronique, ne disposant ni des textes des morceaux, ni du thème abordé. Qu’importent les détails, la musique fait son œuvre. En cela, le pari est relativement bien tenu. Si l’empreinte des références allemandes précitées reste sans doute un brin trop présente, celle de HELLOWEEN notamment, l’ensemble des titres se laisse écouter sans aucun désagrément. Les morceaux proposent un heavy metal le plus souvent rapide, aux couplets travaillés tandis que les refrains restent accrocheurs dans la grande tradition du style. Le doublement des voix demeure une des valeurs ajoutées à ces chansons parfois à tiroirs, tandis que d’autres foncent tête baissée sans faire de quartier. Il est à noter un très joli travail au niveau des soli de guitares, elles aussi dans la plus pure tradition des références du style. Alors bien sûr, certains ne manqueront pas de remarquer une forte similitude entre la voix de Christophe Marty et celles de ses forts probables idoles que demeurent Michael Kiske, Kai Hansen ou Ralf Scheepers, mais le garçon met tout son cœur à l’ouvrage et ne peut en aucun cas être taxé de clone usurpateur sans panache. Il est nécessaire de voir au travers de cette sortie ce qu’elle est, un premier essai, par définition pas exempt de défaut. Certes, l’influence est immense – ce qui vaut pour le vocaliste vaut également pour l’ensemble de l’oeuvre et de ses artisans. BLIND WISDOM use et abuse sans doute un peu de celle-ci mais la volonté et la passion sont bien là. La personnalité et la griffe artistique du groupe s’affinera sans aucun doute au fur et à mesure des sorties que Pré en Bulle lui souhaite nombreuses. A noter également un très bel artwork signé Laurent Metivier. Les morceaux ont quant à eux été enregistrés au Höly Höme Studio de Bages, cependant que leur mastering s’est déroulé au Record It Studio de Perpignan. Très encourageant !

Liste des titres

1 – Every End Is A New Beginning

2 – Battle

3 – Poison And Wine

4 – Whistled Wind

5 – Enslaved

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VLTIMAS « Something Wicked Marches In »

Annoncé dans le courant du dernier trimestre de l’an dernier, voici donc qu’arrive sur nos platines le premier album de VLTIMAS, projet élaboré autour du batteur Flo Mounier (CRYPTOPSY), du guitariste Rune Blasphemer Eriksen (AURA NOIR, ex-MAYHEM) et de David Vincent (ex-MORBID ANGEL). Le moins que l’on puisse dire, c’est que cet album est attendu comme le messie, si l’on en juge par le nombre toujours croissant de commentaires impatients glanés sur les réseaux sociaux. En effet, si l’association de ces trois sommités dans leur genre provoque une excitation non feinte, c’est probablement et avant tout l’idée de réentendre Vincent s’emparer du micro au sein d’un groupe de pur death metal, brutal et racé, qui titille l’oreille des fans. Pas que MORBID ANGEL n’en soit pas un, mais l’aventure liant le frontman à son ancienne formation s’étant terminée d’une manière bien abrupte et si peu convaincante aux yeux de la majorité des fans, avec un album semant la zizanie par son approche electro-death « Illud Divinum Insanus » (2011), et son amour grandissante pour la country music, sans compter son incorporation au sein de HEADCAT à la place du défunt Kilmister, laissaient à penser qu’un retour dans le giron du metal de la mort n’apparaissait pas des plus évidentes dans la tête de Vincent. Seulement voilà, lorsque l’on est sollicité par Blasphemer en personne et que l’on se sait rythmiquement soutenu par Mounier, difficile de résister à l’appel du growl. D’autant que la matière première, entièrement écrite par le guitariste, a semblé particulièrement appétissante pour le vocaliste pour qu’il s’investisse au mieux tout en délaissant sa basse – laquelle est tenue sur ce disque par Blasphemer lui-même –  pour se concentrer sur le chant. Fort de ce constat, l’écoute de cet album ne laisse aucun doute sur la nature de l’oeuvre ainsi proposée. N’y allons pas par quatre chemins : Something Wicked Marches In est un album passionnant. VLTIMAS offre aux amateurs du genre ce qu’ils sont en droit d’attendre d’un tel plumage, soit un ramage d’une violence extrême, grandiose, formidablement agencée, alternant les passages telluriques et les breaks assassins. Magistralement enregistré sous la houlette de Jaime Gomez Arellano en Grande-Bretagne, aux Orgone Studios, cet album impose sans forcer ses ambiances, blastées ou non, mais toujours majestueusement pensées. Rien ne semble avoir été laissé au hasard, sans doute le visionnaire Blasphemer ayant depuis le départ de l’aventure un objectif vraiment tangible duquel rien, ni personne ou presque, ne parvenant à l’en dévier. Même si Vincent et Mounier ont su apporter leurs idées au guitariste pour l’élaboration des chansons, l’empreinte Blasphemer reste la plus évidente. Les riffs sont d’ailleurs emprunts d’une ambiance black metal plus souvent qu’à leur tour, mais cette touche noire ne perturbe en rien l’écoute de cette œuvre pour un non-initié au style comme peut l’être votre serviteur. Bien au contraire, l’amalgame des ambiances permet aux novices de faire la jointure entre le death et le black metal. Il s’agit probablement du tour de force de ce disque. Parvenir à concentrer sous une même chapelle l’ensemble des amateurs de musiques extrêmes. Chapeau bas. L’album jouit d’une osmose quasi parfaite en matière de riffing, de rythmes furieux ou plus posés – quel travail absolument époustouflant de Flo Mounier ! – et d’une voix démoniaque au possible. On peut penser ce que l’on veut de David Vincent, de sa réputation, de ses choix artistiques parfois discutables ou de ses mauvaises manières, il reste un chanteur d’exception, sans doute le meilleur de sa catégorie. Délesté de son instrument, Vincent assure une prestation proprement hallucinante tout au long des 9 titres composant Something Wicked Marches In. Impossible de prendre le monsieur en défaut, lequel se permet même quelques incursions dans le domaine du chant clair, avec parcimonie mais surtout avec aisance et réussite. Vous l’aurez sans doute compris depuis quelques instants, nous tenons avec ce premier album véritablement jouissif de VLTIMAS un potentiel futur très, très grand des musiques extrêmes. Si par hasard tel n’était pas le cas, ce disque se rangera parmi les meilleurs albums du genre de votre discothèque. Quand on pense qu’un deuxième album pointe déjà en ligne de mire du sieur Blasphemer, on est en droit de se demander jusqu’où s’arrêtera-t-il. Impatience totale et dégustation sans modération de l’instant présent. Album de l’année ? Allez savoir.

Parution le 29 mars 2019, disponible via ce lien

Titres de l’album

1 – Something Wicked Marches In

2 – Praevalidus

3 – Total Destroy

4 – Monolilith

5 – Truth And Consequence

6 – Last Ones Alive Win Nothing

7 – Everlasting

8 – Diabolus Est Sanguis

9 – Marching On

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MÖRGLBL « The Story Of Scott Rötti  »

Toujours mené par l’inénarrable Christophe Godin, le trio de musiciens que compte MÖRGLBL revient fêter ses 20 ans d’existence au moyen d’un nouvel album, le septième, intitulé The Story Of Scott Rötti. Toujours délicieusement entouré d’Aurélien Ouzoulias à la batterie et de l’excellent bassiste Ivan Rougny, le guitariste Godin propose tout au long de ce nouveau disque un condensé de ce que le groupe a pour habitude d’offrir à l’auditeur, soit une musique terriblement riche, ambitieuse et débarrassée de tout carcan, au milieu de laquelle surnagent de sacrés techniciens, capables de désarçonner le plus intransigeant érudit en matière de complexité auditive. Ce nouvel effort cependant se distingue de son prédécesseur Tea Time For Punks (2015) – et par extension ses sorties antérieures – par une approche sensiblement moins explosive que de coutume. Bien sûr, les amateurs de gros son et de plans proprement éblouissants, exécutés en quatorzième vitesse, y trouveront leur compte, mais MÖRGLBL semble avoir pris le parti d’imposer des rythmes parfois moins frénétiques et des situations musicales nettement plus dépouillées, d’une densité plus légère mais succulente, astreignant l’auditeur à le suivre sur des terrains plus ambiants. La sémantique du groupe est belle et bien là, mais Christophe Godin et les siens semblent savourer l’instant pour mieux faire déguster le suivant. Certains morceaux dénotent par leur approche sans doute plus ouverte que jamais sur le jazz. Pourtant, dieu sait qu’en terme d’ouverture, MÖRGLBL se pose en tête de gondole. Mais ce nouvel album démontre une fois encore l’amour que les trois compères portent au style et à ses nombreuses variantes. Tout au long des titres d’une luxuriance jamais prise en défaut, la magie prend forme sans qu’aucune combinaison plus audacieuse qu’une autre ne vienne perturber l’écoute de l’auditeur, même le moins musicalement instruit. Tout saute, tourbillonne et voltige dans un Magma sonore bouillonnant – notez la majuscule ! – avant de terminer miraculeusement dans votre conduit auditif. Quel tour de force ! Même si dans sa globalité ce nouvel album se veut moins fou-fou, il n’en demeure pas moins que nous avons affaire à une musique fascinante où s’entremêlent, parfois de manière très surprenante, les instruments, mais là où l’aspect purement technique semblerait un peu rébarbatif, la capacité de MÖRGLBL à unifier ses pistes au sein d’un même titre rend l’écoute véritablement captivante. Car, s’il est une chose essentielle à noter s’agissant de cet album, c’est que nous sommes face à de véritables « chansons », non à une débauche stérile de puissance technique. Sans doute est-ce cela dont peut le plus s’enorgueillir le groupe avec ce nouvel album, ne laisser aucun auditeur sur le bord de la route. Ce nouveau disque s’adresse à toutes et à tous, sans distinction aucune et non à une caste de musiciens pointus. A aucun moment l’attention ne dévie de sa trajectoire, ni de son but. Celui de passer un sacré bon moment avec des musiciens d’une qualité exceptionnelle, capables de vous embarquer avec eux dans un grand 8 artistique ébouriffant. Et comme l’humour n’est jamais très loin lorsqu’il s’agit de MÖRGLBL, sans doute peut-on percevoir la onzième et courte dernière piste comme un hommage à Christophe Salengro, président de la présipauté du Groland, décédé quelques mois seulement avant l’enregistrement estival entrepris l’an dernier. Un album en tout point réjouissant !

Page Facebook du groupe

Liste des titres

1 – Flics Amis Amish

2 – Anarchytektür

3 – Les Légions Du Rhum

4 – Dark Vädim

5 – Döner Dörgazm

6 – La Lèpre à Elise

7 – Crime Minister

8 – Panzer Kökötier

9 – Prog Töllög

10 – The Story Of Scott Rötti

11 – Cor à Cor

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NUISIBLE « Slaves & Snakes »

Oubliez Diogène, sa lampe et son tonneau. Chassez de votre esprit Diderot, Rameau et son neveu. Les quatre membres de NUISIBLE leur pissent à la raie sans retenue, comme à la notre, en vous offrant cette pantomime dégueu’ des plus indécentes. Oubliez également tout ce qui vous fait honte et vous dérange dans votre vie minable et ratée. NUISIBLE se charge de décortiquer votre misère de névrosé soumis à l’échec de votre existence. Fondé sur les cendres du groupe de hardcore ébroïcien AS WE BLEED, NUISIBLE revient après un ep, Inter Feces Et Urinam Nascimur paru en 2016 chez Deadlight Entertainment, avec ce premier album, Slaves & Snakes, lui aussi paru sous le label dont l’épicentre se trouve à Foix, en Ariège. Les choses étant ce qu’elles sont, de même qu’il est bien illusoire de vouloir y changer quoi que ce soit, le groupe poursuit son œuvre de nihilisme musical, à grands coups de boutoir rythmique et de décharnement distordu. NUISIBLE vous invite à vivre un mauvais rêve : le vôtre. Le groupe semble prendre un malin plaisir à gratter là où la corde sensible survit tant bien que mal en mode ultra obscène. Celle qui vous ronge, dont vous n’êtes pas fier et qu’il serait souhaitable de ne pas dévoiler en public. Cette micro-seconde où vous avez éprouvé un début de fantasme en regardant par le trou de la serrure votre maman sous la douche ; celui qui vous a forcé à ouvrir les yeux tout en pivotant la tête d’un quart de tour à hauteur de l’accident impliquant quatre voitures et dont l’issue mortelle de tous les occupants ne fait aucun doute, tandis que vous vous promettiez intérieurement quelques instants auparavant que vous baisseriez le regard pour ne pas voir cela. Par pudeur sans doute. NUISIBLE flatte vos instincts refoulés les plus bas, les moins moraux, desquels semblent surgir parfois une once de misère. Ce plaisir aussi malsain qu’inqualifiable d’avoir assisté au spectacle d’un viol collectif dans une cave insalubre est à portée de vos entrailles et hante votre subconscient, non parce que vous en avez été témoin, mais bien parce que vous n’avez pas participé à la tournante. Cette idée vous révulse autant qu’elle vous obsède. Vous êtes répugnant mais dans la fond, ça vous plaît. La complaisance de l’ordurerie, en quelque sorte. Vous préméditez secrètement d’assouvir votre désir de vengeance d’avoir dû subir la main protéiforme du curé de la paroisse à l’intérieur de votre culotte, cette saloperie libidineuse qui vous crache à la gueule sa fausse morale comme il crache sa purée dans votre gorge d’enfant en maintenant fermement de sa main droite et moite votre menton, tout en bouchant votre nez avec les doigts parfumés d’odeur anale de son autre main. NUISIBLE, c’est un peu tout cela à la fois. L’arôme repoussant des charniers de l’Holocauste, mêlée à la putréfaction nauséabonde d’une carcasse en décomposition avancée de nonagénaire. Les agressions sonore de cet album n’ont d’autre effet que celui de vous sentir minable, paumé, empli de haine à l’encontre de vos prochains, votre descendance et leurs cercueils. Le soubassement d’une décharge à ordure est encore bien trop douillet pour écouter Slaves & Snakes. Votre seule échappatoire, c’est la came, l’alcool frelaté et les bas-fonds d’un caniveau. Alors, à quoi bon lutter ? Autant en finir au plus vite, n’est-ce pas ? Autant vider ses couilles et son sang du haut de la cime du monde, en ordonnant à ces êtres insipides imbibés de merde d’aller baiser leurs morts. Quel intérêt de poursuivre cette existence sur une voie que vous savez par avance condamnée? Pour vous aider à en finir une bonne fois pour toutes, NUISIBLE se propose de vous accompagner au bal des morts-vivants et de terminer le travail, non en crachant sur votre tombe, mais en déféquant en son sommet avec un jubilatoire dédain. L’enfer vous paraîtra soudain plus paisible que votre vie manquée, vos amours contrariées et votre quotidien imprégné de frustration et de rage. Le dégoût de vous-même et de votre existence sera porté à son paroxysme en écoutant cet album. Vous n’en sortirez pas indemne, c’est certain. Il n’est que le reflet de vos souffrances, de vos doutes et balaie en l’espace de 33 minutes toute volonté de bien faire, de participer à la vie en y trouvant le bonheur. Du grand art.

Album disponible via ce LIEN

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Liste des titres

1- Slaves…

2 – … And Snakes

3 – Evil Still

4 – Death Legacy

5 – Vengeful Blood

6 – Pervert Biggot

7 – Swarm As king

8 – Two Sided Integrity

9 – Burning Embers

10 – Blind Paradox

11 – Blur The Light

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PARAD1GM « Parad1gm »

Fondé en 2015 en région parisienne, PARAD1GM présente son premier album éponyme – à paraître le 8 mars 2019 – aux yeux et à la face du pays avec la ferme intention de laisser une empreinte aussi profonde que possible dans le paysage musical français. Le trio Julien Derivière (batterie)/AlukardX (guitares)/Farès Tamzini (chant), issu du groupe SPIRITED, est le ciment de la formation à laquelle s’est rapidement joint Matthieu Marchand, en charge des claviers et de la programmation. Un équation qui va se révéler prometteuse lorsque le groupe étoffera ses compositions purement metal d’ambiances plus fouillées, nuancées, aussi sombres que parfois suaves, bien aidées par l’apport des nombreux samples orchestrés par Matthieu et son background électro. Récemment rejoint par Betov à la basse, dont on vient d’apprendre le frais départ des vétérans d’ADX au sein desquels il tenait la guitare depuis les origines du groupe, PARAD1GM propose ainsi ce premier album finement enregistré et mixé par Alexandre Beucler tandis que le mastering s’est vu confié à Brett Caldas-Lima. Si le groupe propose une musique fortement imprégnée de l’essence d’un PARADISE LOST des grands jours, il serait bien injuste de cantonner PARAD1GM à cet enclos. Certes, la musique du groupe originaire de Halifax (Royaume-Uni) a fort probablement tourné longuement dans le lecteur cd de chacun des membres du groupe – notamment celle de la glorieuse période des 90’s, soit une fourchette comprise entre les albums Icon (1993) et Host (1999) inclus – mais il n’en oublie pas d’imposer sa griffe au travers de quelques subtilités bien senties. Certains arrangements, en plus d’être atmosphériques, n’en restent pas moins globalement chiadés et profonds tandis que certaines chansons font montre d’une approche (un peu) plus industrielle, ces derniers ajoutant une touche robotique parfois proche d’un MINISTRY vraiment très plaisante (« Reason », et son magnifique refrain). Le chanteur du groupe Farès, s’il n’est pas sans rappeler lui non plus le Nick Holmes (PARADISE LOST) de la période Draconian Times (1995) et peut-être davantage encore One Second (1997), impose par sa maîtrise vocale du désarroi et de l’exaltation du sinistre, une osmose entre obscurité insurmontable et persiennes émotionnelles aveuglantes. Un juste équilibre d’où s’extirpe délicatement le temps d’un titre (« Qalbik ») quelques mots d’arabe dont il est bien difficile de ne pas y voir un vecteur d’ouverture vers une nouvelle exploration tant musicale que culturelle, PARAD1GM semblant enrichir son metal, pourtant dénué d’optimisme, de nouveaux horizons. Du travail d’orfèvre qui, s’il est exécuté de bien belle manière, ne souffre d’aucun réel temps mort malgré quelques petites longueurs sans gravité. Certains titres gagneraient sans doute en intensité et dramaturgie s’ils n’étaient pas étirés jusqu’à la satiété – même si le mot « satiété » paraît un brin trop prononcé, convenons-en. La concision a parfois du bon. Autre aspect, la musique de PARAD1GM n’enfonce peut-être pas suffisamment la pédale de ses intentions. La linéarité des tempi devient parfois source de frustration, à tel point que l’on se surprend en tant qu’auditeur à souhaiter un ralentissement presque doom qui accentuerait une sensation de suffocation ou au contraire quelques passages au tempo plus enlevé, seul le sus-nommé « Qalbik » bénéficiant partiellement d’un tel traitement, sauf en quelques rares exceptions. L’impression est donnée que le groupe semble ne pas aller au bout de ses idées, dont on devine pourtant la riche source, bien loin d’être tarie. PARAD1GM gagnerait en noirceur à chasser toute velléité de son discours artistique en parvenant à dépasser réellement ses propres doutes, quitte à déstabiliser l’auditeur, à l’extraire de sa zone de confort.

Malgré ces quelques remarques loin d’être inhospitalières – bien au contraire, nous voici face à un premier album vraiment très plaisant, plein de candeur et d’envie, au sein duquel se mêlent passages progressifs, voix parfois doublées pour un rendu du plus bel effet et de fort belles parties de guitares (« From the other side » doté d’un solo archi mélodique divinement exécuté) et un son de basse rondement mené. Non, vraiment très agréable. Seule la plage instrumentale et bien nommée « Host » (un clin d’oeil ?) tombe un peu comme un cheveux sur la soupe à mi-parcours, bien qu’elle se doit d’être considérée comme introduction au titre suivant, le captivant « Haunted » et ses 7’52 de mystère sonore, envoûtant, duquel les parois semi-perméables des instruments et des machines finissent par laisser échapper leur fluide respectif pour une fusion toute en symbiose appelée « orgasme auditif ». « Host » et « Haunted » sont d’ailleurs immédiatement suivis de « Haven », lequel complète ce triptyque nommé « Trip ». Le triple « h » d’un refuge aussi paradisiaque que fantomatique. L’ombre du DEPECHE MODE des jours glorieux plane parfois au-dessus de la musique de PARAD1GM, de même que celle de BABYLON ZOO, notamment dans le placement de certaines parties vocales entremêlées aux samples. Ceci étant précisé, ne vous méprenez pas. Malgré le nombre de références musicales que cette bien modeste chronique énumère telle une litanie, PARAD1GM dispose d’une vraie personnalité, attachante, doublée d’une aura singulière. Le fait d’être face à un premier album permet simplement de situer de manière plus éloquente la musique du groupe mais il n’est point question de l’enfermer dans le pré carré d’un ersatz des groupes sus-nommés. PARAD1GM mérite bien plus que de l’intérêt ou de la curiosité. Il est doué d’un savoir-faire propre et surprenant. Affaire à suivre dès le 8 mars dans les bacs et l’on espère sur scène en promotion de cet album réussi.

Liste des titres

1 – Scars of life

2 – Reason

3 – Qalbik

4 – Buried

5 – From the other side

6 – Black Feather

7 – Host

8 – Haunted

9 – Haven

10 – Burden

Page Facebook de PARAD1GM

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COMPUTERS KILL PEOPLE « Healing Bruises »

Unies en 2010, les quatre personnalités que compte COMPUTERS KILL PEOPLE proposent une musique des plus atypiques sans pour autant dénoter avec ce qui sort de nos jours, bien au contraire. Les Parisiens, à l’origine d’un premier EP 6 titres paru en 2012, The Fun Machine, ainsi que d’un premier véritable album Silence Means Security, paru quant à lui en 2016, affichent d’emblée la couleur, à savoir une musique qui puise sa source aux confins du désert californien, là où se terrent les lézards, vipères et autres psammomys. Un endroit tel que l’aridité devient reine et les hallucinations coulent de source. COMPUTERS KILL PEOPLE nous narre sa vision de l’immensité d’une zone peu propice à la vie, stérile de toute verdure mais riche en profondeur d’une rivière souterraine, vivace cours d’eau d’où s’échappe comme par magie une musique luxuriante, où la faune et la flore survivent en paix et harmonie au milieu de l’hostilité du territoire. Le quatuor, qualifié un peu hâtivement de « QUEENS OF THE STONE AGE français », propose une musique, un son nettement plus remarquables que ce que laisserait suggérer un simple ersatz du groupe de Josh Homme. Vraiment trop réducteur. Bien sûr, ce Healing Bruises fraîchement sorti n’est pas exempt de quelques réminiscences harponnées aux Reines de l’âge de pierre. Difficile de se départir d’une influence aussi majeure pour toute une génération de musiciens, mais là où nombres d’entre eux en restent figés, presque prostrés, COMPUTERS KILL PEOPLE ouvre son champ d’action vers d’autres horizons, bien plus personnels et bientôt affranchis de l’ombre du géant californien. En témoigne le second titre « Sunset Kiss » gorgé d’un feeling nettement moins polissé, à la personnalité bien prononcée, grâce à un chant un tantinet plus vicieux et rampant avant un refrain absolument lumineux. Du travail d’artiste, plus précisément de petit d’artisan animé par l’amour du détail, de l’ornement furtif qui fait toute la différence. En seulement trois titres, COMPUTERS KILL PEOPLE parvient à combiner la subtilité des arrangements, la musicalité intuitive de compositeurs connaissant leur affaire, un sens de la mélodie absolument sensationnel – « The Day I Knew » placé en troisième position est à se damner – et une évidente facilité à attraper l’étrier de l’auditeur au moyen d’une musique paradoxalement assez épurée de tout artifice. Ajoutons à cela une production des plus convaincantes d’où s’échappe une osmose auditive de premier ordre. Alors bien évidemment, quelques grincheux trouveront que l’ombre des FOO FIGHTERS, QUEENS OF THE STONE AGE et autres MONSTER MAGNET plane vraiment beaucoup autour des COMPUTERS mais le groupe, après un album et deux EP, entame sa délicate mue en s’affranchissant petit à petit de ses encombrants aînés. Il creuse dans le sable son propre sillon, sous un soleil de plomb certes, mais à l’abri des regards indiscrets. Les premières gouttes de son propre cours d’eau sont à portée de main. Laissez-leur le temps de vous prouver à leur tour de la luxuriance de leur musique. Garantie vous est faite que ce groupe saura trouver une place de choix au milieu de votre discothèque, ce trois titres n’étant en effet que le premier volet du quartet dont on attend impatiemment la suite pour le courant de l’année 2019. A suivre de près !

Liste des titres

1 – Only the Dead

2 – Sunset Kiss

3 – The Day I Knew

Healing Bruises en écoute sur Deezer

Boutique en ligne COMPUTERS KILL PEOPLE

Bandcamp COMPUTERS KILL PEOPLE

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BILLYBIO « Feed The Fire »

La Bérézina dans laquelle semble s’empêtrer BIOHAZARD depuis maintenant trois ans et la fin de la tournée promotionnelle de l’album Reborn In Defiance (2014) ajoutée au flop relatif de l’album éponyme de POWERFLO paru l’an dernier – lequel voyait s’agiter en son sein, outre Billy Graziadei, des membres de CYPRESS HILL, FEAR FACTORY et DOWNSET – ont poussé l’ami Billy à se faire un petit plaisir solitaire le temps d’un album, accompagné de quelques dates, notamment en compagnie de ses vieux camarades de LIFE OF AGONY. Baptisé BILLYBIO, comme pour rappeler le public à son bon souvenir, le projet part d’un postulat relativement simple : faire un album sans avis extérieur intempestif, composé par ses soins et lorgnant davantage vers un hardcore rapide et racé comme a pu le faire en son temps le groupe que le monsieur a fondé avec Danny Schuler, Evan Seinfeld et Bobby Hambel, notamment à ses tout débuts.  Continuer la lecture de BILLYBIO « Feed The Fire »

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JAY AND THE COOKS « Up The Mississippi »

La vie de Jay Ryan ressemble à celle d’un baroudeur au visage pâle trimbalant son instrument et son insatiable appétit au cœur du pays de l’Oncle Sam, voyant notre homme découvrir un monde et ses paradoxes au long cours. Jay est un infatigable troubadour, instable, curieux de tout et surtout du reste, ayant démarré son périple dans les sixties dans les rues de Chicago, au milieu desquelles lui et son marching band arpentent sans relâche celles-ci, trop heureux d’avoir sans doute enfin trouver botte à son pied. Continuer la lecture de JAY AND THE COOKS « Up The Mississippi »

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