ETRANGE « Etrange »

Depuis quelques semaines déjà, il est fort probable que le nom d’ETRANGE soit venu titiller votre esprit, vos yeux ou votre étrier, par le biais de quelques chroniques le plus souvent dithyrambiques ou le partage sur les réseaux sociaux de titres de son premier effort éponyme. En effet, rares sont les auditeurs de la musique d’ETRANGE à être sortis indemnes à l’issue de l’écoute de ce cette première oeuvre façonnée par un groupe français, une hydre à deux têtes parfaitement complémentaires, l’une parisienne, l’autre bordelaise. Difficile en effet de rester insensible à l’écoute de ce premier effort artistiquement triomphal, dont les pistes sont autant de couloirs à choix multiples intemporels et majestueux, que seuls le rêve et le voyage intérieur semblent être en mesure d’en transpercer les mystères. ETRANGE pratique une musique que l’on pourrait qualifier de « metal progressif instrumental » au sein de laquelle s’écoulent un certain nombre de subtilités bienheureuses, telles que des blast beats viscéralement inspirés du black metal, en aucun cas malvenus, ou quelques réminiscences ambiantes de certains artistes aussi progressifs qu’expérimentaux, le premier d’entre eux venant à l’esprit étant probablement LIQUID TENSION EXPERIMENT, dont la musique d’ETRANGE semble être un prolongement spirituel, précision étant apportée au fait que le duo français s’emploie à infuser  une vraie patte artistique inusitée et singulière dans son oeuvre. Tel est là son sceau, sa marque. Cette musique, d’une richesse plantureuse et foisonnante, n’en reste pas moins d’une accessibilité sensationnelle et désarmante d’évidence. Ici, pas de place pour la démonstration puérile ou malvenue, bien que le niveau de  technique pure soit placé sur l’une des marches les plus élevées de l’échelon instrumental. Tout ne respire qu’évolution progressive, évidence ou clarté, fulgurance et acrobaties volubiles retombant invariablement sur ses pattes. A mi-chemin entre les œuvres de Mike Portnoy au sein de son ancien groupe instrumental précité, KING CRIMSON, certaines sonorités du early Jean-Michel Jarre, et un sens maîtrisé de la théâtralité qui impressionne, la musique d’ETRANGE s’appréhende également par certains aspects comme une musique de film, et ce dès les premières notes de l’album. John Williams ou Hans Zimmer, entre autres, ne sont sans doute pas trop loin des influences de nos deux gaillards quant à l’approche souvent grandiloquente de leur œuvre. De même, il y a fort à parier qu’un artiste tel que le compositeur/guitariste Sithu Aye ne traîne pas trop loin ses guêtres en surface de la besace de nos deux amis, l’homme basé à Glasgow, en Ecosse, parvenant lui aussi à délivrer cette fraîcheur instrumentale non redondante par souvent trop balourde et dont bon nombre de congénères s’emploie hélas à surcharger sa musique. Pas de cela ici. Le livret de l’album ne mentionnant aucune trace de batteur à proprement parlé, déduction en découle que les parties rythmiques sont ici programmées, tant et si bien qu’il est à saluer une fois de plus l’immense travail de nos architectes, parvenant à faire oublier l’approche organique de l’instrument pour un rendu frisant malgré tout la perfection auditive, techniquement parlant bien sûr, mais surtout en insufflant à ses parties une chaleur presque « humaine ; un comble pour des machines. ETRANGE frappe donc vraiment très, très fort pour cette première sortie dans l’espace, les sept titres de cet album basé sur l’immensité et la passionnante connaissance interstellaire et son évolution ne pouvant s’écouter que d’une seule traite. Impossible de cisailler cette œuvre aboutie et architecturale sans commettre une énorme faute de goût. En tout état de cause, nous avons ici affaire à l’un des meilleurs albums parus cette année dans sa catégorie, loin devant la concurrence. Le référendum de fin d’année des différents confrères de la presse spécialisée devrait sans aucun doute donner raison à Pré en Bulle. Et même si ce dernier n’en établira probablement jamais, la musique n’étant, selon lui, en aucun cas source de compétition ou de classement mais bien d’émotion et de partage, cette magnifique création originale figurera parmi les plus écoutées de cette cuvée 2019. Magique, intemporel et d’une densité qui impressionne.

Etrange disponible à l’achat physique ou numérique via ce lien

Liste des titres

1 – Exile

2 – Titan

3 – Reloader

4 – Astralis

5 – Nebula

6 – Gateway

7 – Exoplanet

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PARPAING PAPIER « Tester Des Casques »

La ville de Nantes n’abrite pas uniquement la ferveur supportrice des Canaris ou la douceur avinée des Pays de la Loire nommée Muscadet. Au-delà des lieux communs relatifs à la région si chère à André Breton, le chef-lieu du département de la Loire-Atlantique renferme une petite bombe musicale nommée PARPAING PAPIER, un étrange et singulier patronyme reflétant à merveille l’essence de sa musique. Lâché en tout début d’été, ce mini album 5 titres intitulé Tester Des Casques se révèle être d’une fraîcheur salvatrice et une fabuleuse déflagration sonore au milieu d’une scène hexagonale frisant parfois l’auto-plagiat ou la redondance indigeste. Mêlant tour à tour gros rock (très) énervé, aux frontières du hard rock, à des passages nettement plus calmes non dénués de jolies parties plus mélodiques – pour ne pas dire mélancoliques – qu’il vous sera extrêmement difficile d’extirper de votre cervelas jusqu’à la fin de la journée, la musique de l’oxymore nantais affiche un étonnant savoir-faire pour une formation si jeune, l’acte de naissance de PARPAING PAPIER étant horodaté du tout début de l’année en cours. Le plus souvent up-tempo, l’ensemble des chansons tient du petit miracle sonore en partie dû au fait d’une extrême bonne humeur communicative, à la limite de la contagion foudroyante, d’une exécution instrumentale et vocale de premier ordre, de textes élaborés en français, incarnés en mode  « non prise de tête » fleurant bon le positivisme, mais aussi et surtout grâce à des compositions proprement irrésistibles. A ce titre, jetez une oreille attentive au morceau-titre ci-dessous. Impérieux, qu’on vous dit ! Une sucrerie auditive, scénique – si l’on en croit les échos unanimes glanés de-ci de-là – et un EP à vous procurer de toute urgence pour les longues soirées d’hiver. A propos de longueur, 5 titres, c’est bien. 12 titres, c’est mieux. Impatience totale. Ami(e)s du Pré, foncez tête baissée contre le parpaing ; vous ne serez pas déçu(e)s du voyage en pays nantais. Idéal pour un réveillon du nouvel an mémorable.

Tester Des Casques disponible au format digital  via ce lien

Liste des titres

1 – Tester Des Casques

2 – Robinet d’eau Tiède

3 – Premières Neiges

4 – Champions Du Patin

5 – Tempête Je T’aime

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ENTOMBED A.D. « Bowels Of Earth »

« Bah ça alors, quel retour ! Qui l’eût cru !? ». A vrai dire, peu de monde. Après bien des atermoiements voyant le groupe de Lars Göran Petrov changer de personnel comme il change de cordes de guitare, sortir des albums plus ou moins bien accueillis par la critique autant que par les fans – notamment ceux de la première heure – allant même jusqu’à modifier son patronyme en ENTOMBED A.D. pour de sombres histoires de droits avec d’anciens membres du groupe, le formation originaire de Stockholm revient en force à grands coups de death metal old school tel qu’il ne l’avait plus pratiqué depuis… Clandestine (1991), un album cultissime ayant fait suite au légendaire Left Hand Path (1990) dont beaucoup se sont grandement inspirés sans jamais parvenir à trouver l’étincelle provoquant l’embrasement magique de ces deux œuvres. Voilà, c’est dit. ENTOMBED A.D. s’apprête à publier l’album que peu de fans de la première heure n’osaient plus imaginer, même dans leurs rêves les plus humides. Après une ribambelle d’albums voyant le groupe explorer son style, triturer ses idées, ralentir la cadence, revenir en catimini à quelques morceaux bien speedés tout en parvenant toujours à innover jusqu’à se réinventer en engendrant un autre style lui étant propre – le death’n’roll, ENTOMBED A.D. a décidé pour cette rentrée 2019 de lâcher les chevaux et de se faire plaisir en revenant à un son sans doute moins rugueux qu’il y a une trentaine d’années mais d’où découle une cascade de riffs tranchants, racés et terriblement efficaces. Petrov et ses amis renouent de fait avec des titres au tempo dépassant quasiment tous la limitation de vitesse, sans toutefois omettre de restituer avec parcimonie ses éléments de langage les plus récents, au milieu de cette débauche de riffs « evil » et à l’ancienne du plus bel effet. Le son global, s’il est largement reconnu comme singulier et identifiable par toutes et tous, reste cependant assez proche des sorties les plus récentes du groupe, malgré une attitude et une volonté rappelant celles de Clandestine. C’est d’ailleurs de cet album que Bowels Of Earth se rapproche sans doute le plus. Détail plutôt cocasse lorsque l’on se souvient qu’il s’agit là du seul et unique album d’ENTOMBED (A.D. ou non) sur lequel Lars Göran Petrov n’a pas posé sa douce voix et qu’aucun membre du groupe de l’époque n’est encore présent au sein de cette mouture revisitée du gang suédois. Alors bien sûr, certains ne manqueront pas de souligner qu’il pourrait s’agir d’un rétropédalage stylistique, à l’instar d’un METALLICA renouant avec certains aspects de ses origines, lui qui a longtemps juré la main sur le cœur que « les morceaux thrash, speed et longs, c’est du passé ». Seulement voilà, ENTOMBED A.D, en précurseur d’un style qui lui est propre, voire de deux, peut se permettre d’aller et venir de l’un à l’autre au gré de ses envies, tout en restant au service de ses propres compositions et sans jamais passer pour un opportuniste. De même que le célèbre groupe de San Fransisco souvent vêtu de noir et dont le nom vient d’être mentionné, la formation suédoise dispose d’un son, de deux styles musicaux complémentaires et d’une attitude géographique suffisamment incarnée, pour se permettre de jouir d’une équivalente liberté. Peu nombreux sont les groupes, tous styles confondus, à prétendre pouvoir effectuer de tels écarts stylistiques. ENTOMBED A.D. ne s’en prive donc pas et c’est heureux, même si l’approche death metal pur prend largement le pas sur le reste de ses ressources artistiques tout au long de ce nouvel et fort réussi album. A noter par ailleurs l’excellent travail du guitariste Nico Elgstrand qui parvient, au-delà de soli le plus souvent époustouflants, à retranscrire les ambiances et atmosphères aussi glauques que sordides des premières réalisations du groupe. Le père Petrov, quant à lui, fait le job comme à son habitude, s’adaptant à merveille à l’ensemble de ces « nouveaux titres  à l’ancienne » ainsi qu’il l’a toujours fait, avec conviction et savoir-faire. Le bond dans le temps est par moment vraiment tangible, si bien qu’au-delà de la musique elle-même, il est offert aux plus anciens adeptes du groupe – voire du genre – de revivre tout un pan de leur jeunesse en l’espace de 10 titres « 100% pure old school swedish death metal ». ENTOMBED A.D., une cure de jouvence ? Dans le fond, pourquoi pas. Même si les plus sceptiques trouveront sans doute de quoi crier au sabotage et à la trahison d’un groupe poursuivant malgré les embûches et autres peaux de banane son petit bonhomme de chemin, tout en sachant de quelle manière s’y prendre pour se faire plaisir et par là même, faire plaisir aux plus nombreux, y compris les plus récalcitrants. Du moins, espérons-le. Ne boudons pas notre plaisir. Carpe diem.

Bowels Of Earth disponible dès le 30 août 2019 via ce lien

Liste des titres

1 – Torment Remains

2 – Eliminate

3 – Hell Is My Home

4 – Bowels Of Earth

5 – Bourbon Nightmare

6 – Fit For A King

7 – Worlds Apart

8 – Through The Eyes Of The Gods

9 – I’ll Never Get Out This World Alive

10 – To Eternal Night

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EXPLICIT SILENCE « False Supremacy »

Après plus de vingt ans d’existence et autant d’expérience, EXPLICIT SILENCE est récemment revenu se rappeler à notre bon souvenir en publiant son quatrième album, False Supremacy. Quatre albums en 20 ans, cela peut paraître relativement peu mais le groupe sait se faire désirer et semble ne jamais décevoir le public, progressant toujours davantage au fur et à mesure des sorties successives de ses disques. EXPLICIT SILENCE délivre ici son album le plus abouti, False Supremacy se voulant être un condensé de deux décennies de tournées intensives et de travail acharné. Evolution notable, le line-up s’est enrichi d’un nouveau guitariste et d’un nouveau vocaliste en la personne de Paul. Ce dernier semble s’être fondu dans son nouveau groupe de fort belle manière, imprimant de son style les morceaux d’une durée globalement assez courte, seul le morceau-titre dépassant les trois minutes. Petit bémol cependant. Si Paul délivre une performance assez bluffante, toute en puissance et non dénuée de conviction, le vocaliste semble privilégier une approche assez uniforme de son travail, si bien que l’on se retrouve assez rapidement avec un chant guttural presque monocorde tandis que davantage de modulation renforcerait sans doute l’impact de ses prouesses vocales par ailleurs remarquables. Le hardcore extrêmement brutal et teinté de metal pratiqué par EXPLICIT SILENCE évoque tour à tour des formations telles que HATEBREED, CATARACT, TERROR, FULL BLOWN CHAOS ou bien encore STAMPIN’ GROUND pour cet aspect metallique prononcé s’agissant de certains riffs exécutés par Bruce et Pierre, les deux guitaristes. L’ombre du géant SLAYER n’est sans doute pas trop loin non plus, en témoigne cette introduction toute en lourdeur et montée progressive que n’aurait pas renié la paire Hanneman/King. Si puissance et brutalité sont les maîtres-mots de cette nouvelle livraison, l’enregistrement confié à Guillaume Doussaud au Swan Sound Studio, situé en Normandie, accorde une place de choix au son de basse assez phénoménal de Devy. D’autant que le mastering effectué par Clément Decrock au nordiste Boss Hog Studio offre un écrin de velours aussi percussif que raffiné à la musique pourtant brutale et rageuse du combo. Il est par ailleurs à noter la présence pour un featuring de l’ancien chanteur du groupe, Goffer, sur un titre (« Endless Fight »), ainsi que celle du légendaire Gary Meskil des mythiques CRUMBSUCKERS et actuel PRO-PAIN, lui aussi le temps d’un titre, « What Defines Me ». Du bien bel ouvrage que ces huit morceaux furieux dont il est bien difficile de rester stoïque face à tant d’efficacité et de punch. Il est d’ailleurs fortement conseillé de faire le déplacement si d’aventure EXPLICIT SILENCE se produit aux abords de votre ville. La descente d’organes est sans l’ombre d’un doute assurée. Tempétueux.

False Supremacy disponible à l’achat via ce lien

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Liste des titres

1 – Intro

2 – My Own Path

3 – Endless Fight ( Featuring Goffer)

4 – What Defines Me ( Featuring Gary Meskil)

5 – Unwavering Will

6 – False Supremacy

7 – MCMG

8 – Scared Of The Unknown

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FOR THE SIN « Sweet Suffering »

Récemment formé à Marseille, FOR THE SIN soumet au public son premier EP Sweet Suffering, disponible aux formats physiques et numériques depuis quelques mois. Evoluant dans un hardcore foncièrement beatdown, le combo de la cité phocéenne arrive à point nommé pour enfoncer des portes à grands coups de moulinets. Après quelques évolutions de line-up, FOR THE SIN semble être parvenu à consolider ce dernier et ainsi renforcer son impact sonore, impressionnant de maîtrise et de brutalité plus ou moins contenue. Une cohésion d’où découle ce hardcore ultra lourd, tout en disparités et contrecoups. Après une introduction des plus angoissantes, FOR THE SIN impose sa conception de ce que se doit d’être le beatdown ; un mélange massif aux saveurs saccadées duquel ressortent quelques accélérations propices au pétage de câble pour qui se trouve au milieu du pit. Accélérations dont les riffs ne sont d’ailleurs pas se rappeler certains groupes de thrash metal parmi les plus « evil ». Toutefois, les maîtres-mots de cet EP restent « pachydermique », « abrupte » et « âpre ». Sur une production mettant en valeur la férocité de la voix de Loud, dont l’approche parfois ultra caverneuse n’est pas sans rappeler celle d’un Frank Mullen (SUFFOCATION) accouplée à la voix du Chris Barnes des grands jours – comprenez par-là, de l’époque CANNIBAL CORPSE, voire à celle d’Anthony Lucero (CULT LEADER), même si le propos musical global n’a que peu de rapports avec la formation de Salt Lake City, FOR THE SIN catapulte des torpilles qui font extrêmement mal. Difficile également de passer sous silence ces petites modulation vocales typiquement beatdown, en plus des growls inhumains précités, sans lesquelles rien ne serait possible. Une des réussites de cet EP, sans l’ombre d’un doute. Les titres défilent à vive allure de par leur courte durée et la cohérence se dégageant de l’ensemble permet à l’auditeur d’en prendre plein les oreilles sans avoir le temps de s’ennuyer. On pense parfois à IRATE, notamment sur un « Run » très éloquent en la matière, autant qu’à COLD HARD TRUTH, même si FOR THE SIN renforce davantage encore sa lourdeur que ses petits camarades de jeu. SHATTERED REALM n’est sans doute pas très loin non plus s’agissant de la structure des titres. La production globale du EP laisse comme une traînée d’écrasement et d’étouffement, tant et si bien qu’au sortir de l’écoute de ces 6 titres, on ne se sent que lessivé par tant de brutalité musicale et de gifles contrôlées. Pas ou peu de temps morts, si ce n’est une introduction à peine plus délicate à l’orée du dernier titre, « Voracious Night », avant que le labourage de crâne ne reprennent son travail de boucherie auditive, à grand renfort de double pédale et de montée en puissance. Très bon début pour un groupe plus que prometteur dont on attend de pied ferme la parution d’un album longue durée. Colérique à souhait.

Sweet Suffering disponible à l’achat physique ou numérique via ce lien

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Liste des titres

1 – Here We Are

2 – Infinite

3 – Run

4 – Pain

5 – Death Rains

6 – Voracious Night

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HOOKS & BONES « (Presenting) The Hook »

Attention, petite bombe à fragmentation musicale. HOOKS & BONES est décidé à frapper un grand coup avec son premier EP intitulé (Presenting) The Hook, après une démo parue au début de l’année 2018. L’aventure de ces quatre Rouennais, c’est avant tout l’histoire d’une très belle amitié perdurant depuis presque deux décennies autour d’une passion commune de laquelle a naturellement découlé l’envie de fonder un groupe autour d’un postulat de départ fort simple et inspiré, celui de proposer un hardcore véloce, extrêmement accrocheur, le temps de titres dont la durée moyenne n’excède que rarement les deux minutes chrono. Autant avouer d’emblée que cela va très vite, que cela frappe très fort et que la percussion auditive est de l’ordre d’un bulldozer dans une verrerie. Ceci dit, malgré cette débauche d’énergie hallucinatoire, HOOKS & BONES parvient à tirer son épingle du jeu au milieu de ce pugilat sonore digne d’une cours de récréation après la cantoche, au moyen de plans bigrement bien ficelés, de parties de guitare proposant quelques surprises bien senties – on y trouve même de courts soli tombés comme un cheveux sur la soupe, sans qu’à aucun moment cela ne paraisse incongru – ainsi qu’une sacrée bonne dose de plans mélodiques cohabitant avec des mosh parts taillés pour casser des bouches et des blast beats foudroyants, entremêlés de sing along musclés, assez punk dans l’esprit. On en vient presque à se demander comment tout ceci reste cohérent. Cependant, le résultat est là et force est de constater que les cinq titres proposés (comprenant une intro à décorner les taureaux) restent d’une homogénéité limpide et d’une redoutable efficacité. Bénéficiant de plus d’une production qui lui sied à merveille, HOOKS & BONES affiche sans complexe aucun sa volonté de proposer sa vision du hardcore, légèrement teinté de metal, celui qui ne se prend pas forcément toujours au sérieux mais dont l’élaboration artistique rigoureuse et authentique ne laisse planer aucun doute quant à la viscérale envie de proposer une musique de qualité plus que supérieure. Nous attendons donc impatiemment un album longue durée – tout est relatif ! – aussi sereinement qu’un lapin pris dans les phares d’une Maserati attendant son heure. Vraiment très frais et réjouissant.

(Presenting) The Hook disponible à l’achat numérique via ce lien

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Liste des titres

1 – Intro/Play In Vain

2 – SD 9.3

3 – Postman On Fire

4 – Bucks & Bullets

5 – M.O.A.B (Mother Of All Bombs)

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SACRED REICH « Awakening »

SACRED REICH, ou le groupe culte disparu bien trop tôt par excellence. Depuis l’inégal mais néanmoins fort bon Heal paru en 1996, le groupe de Phoenix, Arizona, mené par le bassiste-chanteur Phil Rind, n’avait guère donné signe de vie, si ce n’est un album live quelque peu bancal paru en 1997, Still Ignorant (1987 – 1997) – Live, voyant le retour derrière les fûts du fabuleux batteur originel Greg Hall après la parenthèse Dave Mcclain, besogneux cogneur sur les albums Independent (1993) et le déjà mentionné Heal. S’en est suivi une séparation en bonne et due forme jusqu’en 2007, année d’une reformation attendue par nombre de fans de thrash old school, SACRED REICH ayant acquis depuis son départ précipité le statut de groupe idolâtré. Pas de nouveau matériel à se mettre sous la dent depuis cette reformation, si ce n’est un titre publié tout récemment sur un split-45 tours en compagnie d’un des plus sérieux représentants de la jeune garde du revival thrash, IRON REAGAN, sympathique morceau bien qu’il ne restera vraisemblablement pas dans les annales du groupe, ni dans ses setlists futures. Et puis stupeur. Greg Hall, batteur historique du groupe, est congédié par ses petits camarades et SACRED REICH annonce comme par enchantement le retour de Mcclain derrière les fûts, ce dernier ayant quitté le rafiot MACHINE HEAD dont il fit pourtant les belles heures durant plus de vingt ans. Hasard du calendrier, pressions exercées de toutes parts ou opportunisme mal déguisé, voici revenir un SACRED REICH qui avance en reculant, à l’instar d’une équipe de rugby. Effroi supplémentaire lorsque le guitariste rythmique Jason Rainey, pourtant présent depuis les origines du groupe et membre fort estimé des fans de longue date, se voit lui aussi remercié très peu de temps avant l’annonce de la sortie du nouvel album studio, le premier depuis vingt-trois ans. Avouons que cela fait beaucoup de nouvelles pour le moins inquiétantes en peu de temps pour un groupe dont le retour discographique semble attendu de pied ferme par un nombre conséquent de fans, lui que rien ne semblait laisser présager d’un tel renouvellement de personnel en douze années de live saluées par les observateurs. Voici donc venir à nous ce nouvel opus, Awakening, à paraître le 23 août prochain chez Metal Blade Records, avec un brin de scepticisme entre les oreilles. Composé de huit titres, Awakening est un album dont on ne sait pas trop de quelle manière il convient de l’appréhender, SACRED REICH soufflant sur celui-ci le chaud et le froid bien plus souvent qu’à son tour. Si le groupe semble avoir abandonné l’idée de publier des albums estampillés « pur thrash metal » depuis bien longtemps – pour faire court, depuis le splendide et premier album Ignorance (1987), le combo de Phil Rind a toujours su proposer une musique n’appartenant qu’à lui, avec des influences certes évidentes (BLACK SABBATH en tête), mais dont la griffe « made in Arizona » parvenait à prendre le dessus, si bien que la signature artistique de SACRED REICH n’en était que davantage griffonnée. Mais ça, c’était il y a 25 ou 30 ans. Nous sommes désormais en 2019 et le groupe semble s’être attaché les chevilles à son histoire pour y rester figé sans avancer, comme des fers écroués à un passé dont lui-même n’arrive pas à sortir pour transcender sa musique. Un déséquilibre artistique qui ressort assez rapidement dans l’agencement de ces huit chansons, tentant maladroitement d’alterner titres rapides insipides – nous y reviendrons, et morceaux mid-tempo pas désagréables mais tous sortis du même moule, celui des années 90. Voilà tout le problème de ce SACRED REICH du 21ème siècle. Le groupe reste persuadé que son propos musical est toujours pertinent malgré le changement de millénaire, si bien qu’il ne propose rien d’autres qu’une resucée de ce qu’il offrait déjà en mieux à l’époque de The American Way (1990) et sans doute davantage encore Independent, le panache en moins. Oublions par décence l’époque Ignorance dont la hargne viscérale a quasiment disparu de nos jours. En ce sens, le nombre de titres vraiment thrash ne se comptant que sur trois doigts d’une seule main, inutile de trop s’appesantir dessus. Tout juste est-il nécessaire de signaler que les riffs y sont quelconques, voire simplissimes pour ne pas dire amateurs. Mais plus grave encore, une très, très nette sensation de les avoir déjà entendus – en bien mieux  – point extrêmement rapidement dans un coin de la tête, au même titre que la structure des morceaux eux-mêmes. Bref. La déception est là, et bien là. S’agissant des cinq autres titres, nous avons affaire à des compositions heavy/vaguement thrash pas désagréables mais surtout sauvées par la voix de Phil Rind, le valeur refuge ultime de cet Awakening bien maladroit. Le père Rind a sensiblement étendu son registre vocal, n’hésitant pas à monter dans les aigus mais toujours avec cette volonté si caractéristique. Un vrai bon point, le deuxième étant la bien jolie partition livrée par Wiley Arnett dont les soli ont gagné en mélodie et en feeling ce qu’ils ont (un peu) perdu en vélocité. Il cueille son auditoire par ses interventions à de nombreuses reprises. Préparez-vous à la leçon Arnett ! En revanche, nous cherchons encore la valeur ajoutée s’agissant du très jeune et nouveau guitariste, Joey Radziwill. Il était possible d’imaginer qu’un peu de sang neuf apporterait quelques effluves de diversité rythmique. Que nenni. Radziwill ne fait que suivre fidèlement la voix de son maître Arnett, tâche dont s’acquittait déjà fort bien Jason Rainey. Pour la nouveauté, là aussi, on repassera. Quant à la prestation de Dave Mcclain, si elle n’éclabousse pas par son audace ni son inventivité – la musique elle-même ne s’y prête d’ailleurs pas vraiment, cette dernière permet de retrouver l’enthousiasme d’un batteur enfin sorti de l’emprise artistique et psychologique d’un Robb Flynn (MACHINE HEAD) n’ayant probablement jamais semblé autant opportuniste et putassier que durant ces deux dernières années, en témoigne ce « retour inespéré » d’anciens membres de la formation dite classique du gang de San Francisco pour une tournée puante de finasserie. Là encore, la question peut se poser de savoir ce que Greg Hall aurait proposé comme partition, d’autant que le batteur originel possède toujours cette aura particulièrement appréciée chez les fans de la première heure. Un album mi-figue mi-raisin, dont on attendait forcément beaucoup plus qu’un simple ersatz de ce que le groupe a déjà pu proposer lors de ses quatre premières sorties. Tout n’est pas forcément mauvais, loin de là, mais nous étions en droit d’attendre autre chose d’un groupe culte qui restera, quoi qu’il arrive avec ce nouvel album, dans le cercle très fermé des espoirs éternels. Après trente ans de carrière, il y a quelque chose d’étrange à employer de tels termes. Circonspection totale.

Awakening à paraître le 23 août 2019 sur le label Metal Blade Records

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Liste des titres

1 – Awakening

2 – Divide And Conquer

3 – Salvation

4 – Manifest Reality

5 – Killing Machine

6 – Death Valley

7 – Revolution

8 – Something To Believe

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NOTHING FROM NO ONE « Requiem For Mankind »

Fondé au début de l’an 2014, NOTHING FROM NO ONE s’est confié pour mission tacite de détruire l’ensemble des scènes qu’il devait fouler. Pour ce faire, le groupe originaire de Montpellier s’est dès le départ donné les moyens de ses ambitions en élaborant un hardcore brutal, sans concession aucune, mais surtout fortement métallisé au milieu duquel surgissent des vocaux éructés sans ménagement. Après quelques maigres atermoiements dus à de légers remaniements d’effectif, NOTHING FROM NO ONE parvient à se stabiliser durablement, se permettant de fouler – et donc de détruire – les scènes aux côtés, entre autres, de SOULFLY, GET THE SHOT ou MERAUDER, non sans avoir omis de publier deux EP remarqués, N.F.N.O (2015) et The Painful Truth (2017), tous deux bien accueillis. Forts de ces expériences, les membres de la formation montpelliéraine s’attellent à l’écriture de leur premier album parallèlement à la signature du groupe sur le fameux label australien 10-54 Records. Ce Requiem For Mankind fraîchement paru le 15 mai dernier ne laisse que peu de places au doute quant à la musique délivrée sur ce disque. Pratiquant son style avec une redoutable efficacité doublée d’une conviction jamais démentie, NOTHING FROM NO ONE assène à l’auditeur sa vérité artistique en l’espace de onze morceaux – dont une intro apocalyptique digne des plus grandes heures du metal-hardcore le plus virulent et une magnifique outro toute en douceur, permettant de reprendre ses esprits après ce déferlement de violence extrêmement bien contrôlée. Pas de place pour la réflexion métaphysique, pas de perte de temps en bavardage inutile, l’idée générale est d’envoyer l’auditeur dans ses 22 mètres au bout de quelques secondes et surtout de ne plus le lâcher en le travaillant au corps. Dans un style pouvant évoquer tour à tour HATEBREED, WALLS OF JERICHO – avec une approche sans doute plus saccadée, ARKANGEL pour ses riffs souvent très métallisés, associés à de furieuses parties légèrement empruntes de beatdown, le combo de l’Hérault ne fait pas décidément aucun quartier. D’autant que NOTHING FROM NO ONE s’est permis d’inviter quelques amis pour vous faire comprendre que vous n’avez aucune chance de résister, parmi lesquels les vocalistes de CAPITAL ENEMY, CRACKDOWN, IRONED OUT et KRAANIUM, de même qu’un certain Billy Milano (M.O.D), bien connu pour avoir engendré avec trois de ses amis l’un des plus furieux et inestimables albums de crossover de la planète, Speak English Or Die (1985), une galette estampillée S.O.D. Il y a là sans doute un peu trop de « featuring » pour un album ne comptant que 9 morceaux chantés, bien que chaque contribution soit parfaitement assimilée à l’ensemble de l’album, celui-ci ne perdant donc rien en homogénéité. D’autant que le groupe s’est adjoint les services d’une pointure du genre pour mettre tout ceci à plat, Alan Douches, bien connu pour son travail avec des groupes tels que SWORN ENEMY, SUFFOCATION, ALL OUT WAR ou PRIMAL AGE. Un album vraiment très solide, compact, inscrit dans la tradition du genre et dont on ne peut raisonnablement pas extirper un titre plutôt qu’un autre, chacun d’entre-eux se révélant sans faille et doté d’une férocité attachante. S’il doit être émis un très léger bémol à cet ensemble rageur à souhait, c’est celui d’un manque d’accélération sur la longueur d’un titre. L’auditeur friand de vitesse se contentera la plupart du temps de morceaux plutôt mid-tempo, tabassés de double pédale et essaimés d’accélérations sporadiques fort bienvenues. Sans doute manque-t-il un vrai titre purement speed, histoire de mettre tout le monde d’accord. Mais c’est là chipoter, cet album accomplissant sa mission avec brio. Avec un tel bagage sous le bras, NOTHING FROM NO ONE peut se permettre de viser haut et juste, tant ce qu’il vient d’accomplir depuis la stabilité trouvée de son line-up il y a deux ans semble n’être que le début d’une longue et belle aventure. Un groupe sérieux dans ses affaires. Massive hardcore rules !

Requiem For Mankind disponible via ce lien

Facebook Officiel NOTHING FROM NO ONE

Liste des titres

1 – R.I.P

2 – Padre Nuestro

3 – King Maggot

4 – The Great Deceiver (featuring Jason – CAPITAL ENEMY)

5 – Uncontrolled

6 – Sensitive Trigger (featuring Rolf – CRACKDOWN)

7 – Bloodshed Scenery (featuring Louis – IROUNED OUT)

8 – Fucked By Life (featuring Jack – KRAANIUM)

9 – Stench Of Corruption

10 – Redemption’s Way (featuring Billy Milano- S.O.D/M.O.D)

11 – Son Of The Mist

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