BILLYBIO « Feed The Fire »

La Bérézina dans laquelle semble s’empêtrer BIOHAZARD depuis maintenant trois ans et la fin de la tournée promotionnelle de l’album Reborn In Defiance (2014) ajoutée au flop relatif de l’album éponyme de POWERFLO paru l’an dernier – lequel voyait s’agiter en son sein, outre Billy Graziadei, des membres de CYPRESS HILL, FEAR FACTORY et DOWNSET – ont poussé l’ami Billy à se faire un petit plaisir solitaire le temps d’un album, accompagné de quelques dates, notamment en compagnie de ses vieux camarades de LIFE OF AGONY. Baptisé BILLYBIO, comme pour rappeler le public à son bon souvenir, le projet part d’un postulat relativement simple : faire un album sans avis extérieur intempestif, composé par ses soins et lorgnant davantage vers un hardcore rapide et racé comme a pu le faire en son temps le groupe que le monsieur a fondé avec Danny Schuler, Evan Seinfeld et Bobby Hambel, notamment à ses tout débuts. Car bien au-delà de se faire plaisir à sa manière, Graziadei a surtout souhaité revenir à ses fondamentaux. Le hardcore, le punk, l’urgence, le constat d’impuissance face aux problèmes sociaux naviguant en père peinard, l’injustice et l’absurdité d’un monde marchant sur la tête du pied gauche. A partir de là, une fois la première piste éructée dans les enceintes du salon – « Freedom’s Never Free », single/torpille dévoilé(e) il n’y a que quelques semaines et visible en fin d’article, on sent l’immédiateté du propos. Celui-ci se veut direct et sans concession. Pas d’intro ou à peine, juste quatre coups de charleston et boum ! Un gros titre de hardcore à l’ancienne qui vous saute à la gorge. On est soufflé par la vélocité du propos et l’urgence qui en exulte. Le père Billy n’est pas content et s’apprête à vous le démontrer durant la demi-heure qui va suivre. Le deuxième titre, éponyme mid tempo plus punk rock dans l’esprit, bénéficie de choeurs viriles dans la plus grande tradition, d’un petit solo très à propos et de petits breaks permettant la relance efficace d’un titre qui ne l’est pas moins. Des torpilles speed, vous en trouverez d’autres sur ce Feed The Fire assez tellurique, il faut bien le reconnaître. En témoigne « No Apologises, No Regrets » combinant harmonieusement un couplet ultra rapide avec un refrain up tempo. Et toujours ces choeurs si reconnaissables. Les amateurs de hardcore old school devraient apprécier. Un petit tour du côté de la oï avec un « Generation Z » à reprendre en choeur durant de magnifiques sing along à prévoir. Un titre plus mélodique qui fait un bien fou après les tornades successives que l’on vient de se prendre sur le coin de l’oeil. « Sick And Tired » quant à lui ravira les amateurs du BIOHAZARD early days façon Urban Discipline. Il en possède toutes les caractéristiques : mid tempo sur lequel vient se greffer un chant vindicatif, accélération, lourdeur, chant plus nuancé,… Vraiment, tout est là ! Après un interlude pas forcément indispensable, la boucherie reprend de plus belle avec « Sodality », nouvel up tempo alternant tout ce que le fan de BIOHAZARD lambda aime chez son groupe fétiche. Alors bien sûr, Graziadei ne prétend pas réinventer le fil à couper la cerise sur le bateau mais vous propose de passer un bon moment en sa compagnie car il n’est pas forcément besoin de se transformer en devin pour comprendre que le bonhomme a voulu se faire plaisir, tout simplement. Sans grosse machine derrière lui, sans star du porno, sans galère de guitariste, sans problème d’argent ou autre merdier à gérer.

Le remuant « Rise And Slay » devrait faire des ravages dans le pit avec son rythme vicieux appelant aux moulinets avant une fin toute en lourdeur suintant le BIOHAZARD période State Of The World Adress. « STFU » fait le boulot plus que correctement avant un nouvel interlude, « Trepidation » n’étant pas sans rappeler quelque peu l’ambiance inquiétante et solennelle de l’introduction du titre « Failed Territory », tiré de ce même album. Joli travail de synchronisation des sons avant une montée en puissance donnant naissance à « Untruth », autre vraie réussite de l’album, avec son riff plus aérien permettant ainsi à l’auditeur de respirer un peu jusqu’à… une nouvelle accélération ! Il sera noté un beau travail sur la voix claire du second plan insufflant au passage une belle nuance à l’ensemble. « Enemy » et sa chorale d’enfants en fond sonore vous redonnera la pêche, le titre alternant une nouvelle fois tout ce dont Billy Graziadei maîtrise à la perfection, une petite touche punk rock s’ajoutant à l’ensemble pour parfaire la montée des blancs en neige. L’album se conclut de la même manière qu’il a commencé, par une torpille, « Disaffected World » du même tonneau, alternant une nouvelle fois des parties archi speed avec un refrain plus lourd avant le mosh part qui tue, celui qui ravira une fois de plus les amateurs de moulinets sauvages. Une fin angoissante qui s’étire en longueur et puis plus rien. Juste le plaisir d’avoir retrouvé le Billy Graziadei que les anciens ont pu aimer dès les débuts de BIOHAZARD, du temps où il jouait encore au Gibus parisien, en 1990. Vous l’aurez sans doute déjà compris, Feed The Fire synchronise l’ensemble des ingrédients ayant pu faire de Graziadei ce qu’il est aujourd’hui, la production explosive signée par l’infatigable Tue Madsen aux Antfarm Studios ne faisant qu’appuyer le propos. C’est rapide, nerveux, groovy, lourd et énergique, à la croisée des chemins ayant pour nom Biohazard, Urban Discipline, State Of The World Adress et Mata Leao. Sans oublier une larme, un soupçon de mélodie judicieusement placée çà et là. Vraiment une belle réussite même si, répétons-le, le fan à la recherche d’audace et d’expérimentation s’en trouvera fort dépourvu quand que la bise sera venue. Le 30 novembre 2018 donc.

Feed The Fire disponible dès le 30 novembre par ici

01-Freedom’s Never Free

02 – Feed The Fire

03 – No Apologies, No Regrets

04 – Generation Z

05 – Sick And Tired

06 – Remedy

07 – Sodality

08 – Rise And Slay

09 – STFU

10 – Trepidation

11 – Untruth

12 – Enemy

13 – Disaffected World

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2 réflexions au sujet de « BILLYBIO « Feed The Fire » »

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