On stage with… XAVIER, vocaliste de MALEMORT

CREDIT PHOTO « PICS ‘N’ HEAVY »

MALEMORT, auteur d’un somptueux second album intitulé Ball Trap (2016), est sans doute le groupe français qui monte exponentiellement ces dernières années, sur  disque autant que sur les planches. Un potentiel scénique énorme ayant poussé les organisateurs du HELLFEST à confier l’ouverture de l’édition 2018 du festival de Clisson au groupe de Xavier, chanteur de son état, sur l’une des Mainstages de surcroît. Une opportunité gravée dans la mémoire collective, mais aussi et surtout sur un album live paru en exclusivité ce mois-ci en complément du numéro estival anniversaire des confrères de ROCK HARD. L’occasion de revenir sur le rapport intime qu’entretient Xavier avec la scène, son histoire personnelle liée à celle-ci, ou bien encore les habitudes que sont les siennes autour de son terrain de jeu. Sans omettre quelques réflexions quant à cet incroyable événement  lié au Hellfest l’an passé.

Te souviens-tu de la première fois où tu t’es retrouvé face à une scène, que ce soit lors d’un concert, d’une pièce de théâtre ou lors d’un tout autre événement ? Ou peut-être un souvenir de spectacle de fin d’année étant enfant ?

Je m’en souviendrai toute ma vie. Il s’agissait du Messie (Ndr : oeuvre composée en 1741) de Georg Friedrich Haendel, dans la Cathédrale Notre-Dame de Senlis. Je devais avoir 7 ans. Ma mère en était choriste. Dans l’obscurité du lieu Sacré, j’ai ressenti toute la puissance que peut dégager la musique.

Penses-tu que ce moment face à la scène ce jour-là t’a donné inconsciemment envie d’y bondir et de t’emparer d’un micro ? Ou est-ce venu bien plus tard ?

Absolument pas ! Bien trop hors de portée. Pendant longtemps, ça ne m’a absolument pas effleuré. Il a fallu le miracle du début des 90’s et de l’adolescence, de même que les vhs visionnées avec les potes au prix de cours séchés et la fascinante complémentarité scénique des Guns N’Roses, la puissance de Metallica – le Live Shit (1993), notamment le concert de Seattle sur la tournée … And Justice For All (1988) qui a beaucoup tourné – la maestria de Steven Tyler (AEROSMITH) ou bien encore l’impériale présence scénique de Bruce Dickinson (IRON MAIDEN).

Enfant, étais-tu d’un naturel timide, réservé ou plutôt éloquent et désinhibé ?

J’ai assez vite aimé la discussion, la confrontation des points de vue, mais de là à se mettre en scène, à attirer les regards, il y a un pas que je ne franchissais qu’occasionnellement.

As-tu le souvenir de ta première scène en tant qu’artiste ?

Curieusement, j’ai fait beaucoup de scène, relativement jeune d’ailleurs, car je suivais un cursus scolaire particulier incluant une grosse formation musicale au conservatoire, mais sans ressentir le vrai grand frisson. J’appréciais la puissance ressentie au sein d’un orchestre symphonique, ou la prise de risque que représente une formation plus restreinte comme le quatuor, mais pas de vocation en vue.

Avec le recul, vois-tu la scène comme une évidence pour ton équilibre physique, mental et moral ? Certains artistes y voient comme une sorte de thérapie, d’introspection. Pierre Desproges en parlait même, dans un de ses sketchs, comme d’une thérapie de groupe, même si c’était déclamé sur le ton de l’humour.

je ne pense pas que dans mon cas je parlerais d’équilibre. Je cherche même plutôt le lâcher prise, la perte de repère, et donc une forme de déséquilibre. Le concert doit permettre d’ouvrir une faille afin de te conduire au-delà du raisonnable, du quotidien. Et c’est ce pas de côté qui fera aussi voyager ton public.

Je crois savoir que tu es professeur de Lettres dans le « civil ». Transmettre son savoir est sans doute le plus beau métier du monde. Peux-tu dresser un parallèle entre cet « exercice scénique » quotidien – ou presque, selon ton emploi du temps ! – et ton rôle de frontman sur scène au sein de MALEMORT ? Y a-t-il des similitudes entre ces deux exercices, même à des degrés différents ?

Il y a effectivement de larges parallèles à tracer. Un bon professeur est un frontman. Il va chercher l’attention jusqu’au fond de la classe, la capte et ne relâche la pression que pour mieux rebondir et rythmer la séance. Son autorité est reconnue car chacun sent qu’il sait où il veut vous emmener. Et bien sûr, il sait théâtraliser son attitude, tout en exprimant une grande sincérité ! Mes deux métiers me donnent parfois l’impression de n’en former qu’un seul. Dans les deux cas, tu es en première ligne, tu fais le show et tu crois totalement en ta mission.

MALEMORT a eu l’opportunité d’ouvrir l’édition 2018 du Hellfest sur la Mainstage. J’imagine aisément que ce fut un moment très, très spécial pour toi, comme pour le groupe. Comment as-tu appréhendé ce show exceptionnel ? De quelle manière le groupe – et toi en particulier – a-t-il préparé cet événement si intense ?

Cet événement est effectivement capital pour tout groupe qui le vit, pour la bonne raison que le Hellfest est le plus beau festival metal du monde. C’est quasiment un lieu de pèlerinage. Jouer là bas, notamment pour un groupe français, c’est recevoir la médaille du travail ! Et cet instant de reconnaissance est d’autant plus important lorsque tu connais les conditions de vie d’un groupe indépendant de metal en France. Avec MALEMORT, nous avons décidé de préparer ce show comme une performance. Nous avons combiné préparation au millimètre en salle de répétition et lors de différents concerts pour la vibration. La seule chose à laquelle nous ne pouvions nous entraîner, c’était l’occupation d’une scène aussi vaste que la Mainstage. Nous aimons remuer, mais nous le faisons souvent sur des espaces très restreints. Certains excellents groupes de club semblent parfois moins efficaces sur des grandes scènes. A mon grand soulagement, nous nous sommes tout de suite sentis à l’aise sur cette grande plaine et nous avons même pris plaisir à la fouler de long en large, nos réflexes habituels de scène fonctionnant finalement très bien à plus grande échelle.

CREDIT PHOTO « PICS ‘N’HEAVY »

Pour rester dans une métaphore scolaire, ton taux d’adrénaline en ce jour de juin 2018 était-il aussi élevé que celui qui est le tien lors d’une rentrée des classes ?

Oh, je suis un vieux briscard, j’ai fait un paquet de rentrées, et à vrai dire, j’aime cette petite montée d’adrénaline. Il en est de même pour la scène. La seule chose qui m’angoisse est la peur de ne pas être en voix. Mais derrière la scène de la Mainstage, une fois que j’ai su que le public était massivement au rendez-vous malgré l’horaire matinal, j’ai senti que nous allions faire un beau concert.

Sans trahir un secret inavouable, as-tu une préparation spécifique avant de monter sur scène ? Des habitudes à ne jamais changer ? Es-tu superstitieux ? As-tu un porte-bonheur ? Es-tu plutôt décontracté ou extrêmement tendu et concentré ?

J’ajuste ma cravate, mes bretelles et je me retrouve dans ma tenue de super-héros frenchie  ! Isolation du monde extérieur grâce à mes in-ear vissés dans les oreilles, chewing-gum mâché à m’en décrocher la mâchoire, un coup d’œil sur le public, un autre sur la setlist, et je bascule…

A part le fait de te souvenir des paroles, à quoi penses-tu sur scène ?

Tu ne crois pas si bien dire ! C’est le pépin qui m’arrive le plus souvent ! Au théâtre, je serais catastrophique… Et comme je chante en français, baragouiner du yaourt est assez vite détectable ! Certaines personnes vivent assez fortement les textes de MALEMORT, et je me dois de ne pas casser leur voyage, même si en réalité, en concert, c’est parfois assez imbitable ! Sur scène, toute mon attention va au public et à l’énergie que je peux lui envoyer. Je fais volontairement abstraction du reste.

Dirais-tu que tu es dans un état second lors d’un concert ?

Une part de moi reste parfaitement consciente, analytique, mais au fil des ans, je suis parvenu à la réduire au tiers, ce qui me paraît un bon ratio. Je contrains l’autre part à la déraison, à la transe.

Y-a-t-il des améliorations qui te semblent nécessaires d’apporter s’agissant de tes prestations scéniques ?

Oh, bien sûr, je suis probablement mon juge le plus sévère, et dans MALEMORT, nous visionnons régulièrement nos concerts pour retravailler ce qui nous paraît mauvais ou perfectible. Un concert est un show, et pas seulement une représentation musicale. Mais ne compte pas sur moi pour t’indiquer les défauts de cuirasse ! Les musiciens sont des soldats, et ils doivent aussi savoir se protéger…

Comment entretiens-tu ta voix ? La travailles-tu régulièrement pour la garder au maximum de ses capacités sur scène ?

Ma voix est à l’opposé de ce dont j’ai toujours rêvé et elle est limitée. Je me suis rêvé en Axl Rose ou en Bruce Dickinson, et je me fais quasiment l’effet d’un Gainsbourg. Attention, j’admire tout le premier versant de l’oeuvre de ce génie. Nous portons tous notre croix ! Mais en même temps, elle dit assez fidèlement qui je suis. Je chante très régulièrement, je m’échauffe avant de monter sur scène, mais à vrai dire, ma voix est aussi têtue que moi, elle fait comme bon lui semble !

Si tu en avais la possibilité, que penserais-tu de Xavier, chanteur du groupe MALEMORT, en le voyant sur les planches tandis que tu serais au milieu du public ? Qu’aurais-tu envie de lui dire ?

Le p’tit gars envoie le pâté comme si sa vie en dépendait, il aime les gens qui sont devant lui, et c’est tout ce qui compte.

Comment gères-tu les imprévus techniques pouvant hélas parfois arriver lors d’un concert ? As-tu un souvenir douloureux ou savoureux à nous conter ?

Depuis que j’ai vu une année au Hellfest le frontman de AIRBOURNE meubler une coupure générale de courant en communiquant avec le public par gestes pendant dix minutes, je considère que peu de choses peuvent nous empêcher de donner un concert. Le public a fait des bornes pour te voir, il n’a pas à pâtir de problèmes secondaires. Les chutes, les vomis en bord de scène, les coups de jus, ça fait partie des inconvénients du métier !

Quelle actualité pour MALEMORT ? Quels projets dans un futur à plus ou moins long terme ?

Nous travaillons maintenant à la composition du troisième album, qui sera assurément audacieux.

Merci infiniment Xavier de t’être prêté à cet exercice. Bon vent à toi et  bonne route à MALEMORT !

Merci à toi pour cette sortie des sentiers battus.

Ball Trap toujours disponible à l’achat numérique ou physique via ce lien

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EXPLICIT SILENCE « False Supremacy »

Après plus de vingt ans d’existence et autant d’expérience, EXPLICIT SILENCE est récemment revenu se rappeler à notre bon souvenir en publiant son quatrième album, False Supremacy. Quatre albums en 20 ans, cela peut paraître relativement peu mais le groupe sait se faire désirer et semble ne jamais décevoir le public, progressant toujours davantage au fur et à mesure des sorties successives de ses disques. EXPLICIT SILENCE délivre ici son album le plus abouti, False Supremacy se voulant être un condensé de deux décennies de tournées intensives et de travail acharné. Evolution notable, le line-up s’est enrichi d’un nouveau guitariste et d’un nouveau vocaliste en la personne de Paul. Ce dernier semble s’être fondu dans son nouveau groupe de fort belle manière, imprimant de son style les morceaux d’une durée globalement assez courte, seul le morceau-titre dépassant les trois minutes. Petit bémol cependant. Si Paul délivre une performance assez bluffante, toute en puissance et non dénuée de conviction, le vocaliste semble privilégier une approche assez uniforme de son travail, si bien que l’on se retrouve assez rapidement avec un chant guttural presque monocorde tandis que davantage de modulation renforcerait sans doute l’impact de ses prouesses vocales par ailleurs remarquables. Le hardcore extrêmement brutal et teinté de metal pratiqué par EXPLICIT SILENCE évoque tour à tour des formations telles que HATEBREED, CATARACT, TERROR, FULL BLOWN CHAOS ou bien encore STAMPIN’ GROUND pour cet aspect metallique prononcé s’agissant de certains riffs exécutés par Bruce et Pierre, les deux guitaristes. L’ombre du géant SLAYER n’est sans doute pas trop loin non plus, en témoigne cette introduction toute en lourdeur et montée progressive que n’aurait pas renié la paire Hanneman/King. Si puissance et brutalité sont les maîtres-mots de cette nouvelle livraison, l’enregistrement confié à Guillaume Doussaud au Swan Sound Studio, situé en Normandie, accorde une place de choix au son de basse assez phénoménal de Devy. D’autant que le mastering effectué par Clément Decrock au nordiste Boss Hog Studio offre un écrin de velours aussi percussif que raffiné à la musique pourtant brutale et rageuse du combo. Il est par ailleurs à noter la présence pour un featuring de l’ancien chanteur du groupe, Goffer, sur un titre (« Endless Fight »), ainsi que celle du légendaire Gary Meskil des mythiques CRUMBSUCKERS et actuel PRO-PAIN, lui aussi le temps d’un titre, « What Defines Me ». Du bien bel ouvrage que ces huit morceaux furieux dont il est bien difficile de rester stoïque face à tant d’efficacité et de punch. Il est d’ailleurs fortement conseillé de faire le déplacement si d’aventure EXPLICIT SILENCE se produit aux abords de votre ville. La descente d’organes est sans l’ombre d’un doute assurée. Tempétueux.

False Supremacy disponible à l’achat via ce lien

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Liste des titres

1 – Intro

2 – My Own Path

3 – Endless Fight ( Featuring Goffer)

4 – What Defines Me ( Featuring Gary Meskil)

5 – Unwavering Will

6 – False Supremacy

7 – MCMG

8 – Scared Of The Unknown

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FOR THE SIN « Sweet Suffering »

Récemment formé à Marseille, FOR THE SIN soumet au public son premier EP Sweet Suffering, disponible aux formats physiques et numériques depuis quelques mois. Evoluant dans un hardcore foncièrement beatdown, le combo de la cité phocéenne arrive à point nommé pour enfoncer des portes à grands coups de moulinets. Après quelques évolutions de line-up, FOR THE SIN semble être parvenu à consolider ce dernier et ainsi renforcer son impact sonore, impressionnant de maîtrise et de brutalité plus ou moins contenue. Une cohésion d’où découle ce hardcore ultra lourd, tout en disparités et contrecoups. Après une introduction des plus angoissantes, FOR THE SIN impose sa conception de ce que se doit d’être le beatdown ; un mélange massif aux saveurs saccadées duquel ressortent quelques accélérations propices au pétage de câble pour qui se trouve au milieu du pit. Accélérations dont les riffs ne sont d’ailleurs pas se rappeler certains groupes de thrash metal parmi les plus « evil ». Toutefois, les maîtres-mots de cet EP restent « pachydermique », « abrupte » et « âpre ». Sur une production mettant en valeur la férocité de la voix de Loud, dont l’approche parfois ultra caverneuse n’est pas sans rappeler celle d’un Frank Mullen (SUFFOCATION) accouplée à la voix du Chris Barnes des grands jours – comprenez par-là, de l’époque CANNIBAL CORPSE, voire à celle d’Anthony Lucero (CULT LEADER), même si le propos musical global n’a que peu de rapports avec la formation de Salt Lake City, FOR THE SIN catapulte des torpilles qui font extrêmement mal. Difficile également de passer sous silence ces petites modulation vocales typiquement beatdown, en plus des growls inhumains précités, sans lesquelles rien ne serait possible. Une des réussites de cet EP, sans l’ombre d’un doute. Les titres défilent à vive allure de par leur courte durée et la cohérence se dégageant de l’ensemble permet à l’auditeur d’en prendre plein les oreilles sans avoir le temps de s’ennuyer. On pense parfois à IRATE, notamment sur un « Run » très éloquent en la matière, autant qu’à COLD HARD TRUTH, même si FOR THE SIN renforce davantage encore sa lourdeur que ses petits camarades de jeu. SHATTERED REALM n’est sans doute pas très loin non plus s’agissant de la structure des titres. La production globale du EP laisse comme une traînée d’écrasement et d’étouffement, tant et si bien qu’au sortir de l’écoute de ces 6 titres, on ne se sent que lessivé par tant de brutalité musicale et de gifles contrôlées. Pas ou peu de temps morts, si ce n’est une introduction à peine plus délicate à l’orée du dernier titre, « Voracious Night », avant que le labourage de crâne ne reprennent son travail de boucherie auditive, à grand renfort de double pédale et de montée en puissance. Très bon début pour un groupe plus que prometteur dont on attend de pied ferme la parution d’un album longue durée. Colérique à souhait.

Sweet Suffering disponible à l’achat physique ou numérique via ce lien

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Liste des titres

1 – Here We Are

2 – Infinite

3 – Run

4 – Pain

5 – Death Rains

6 – Voracious Night

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HOOKS & BONES (Presenting) The Hook

Attention, petite bombe à fragmentation musicale. HOOKS & BONES est décidé à frapper un grand coup avec son premier EP intitulé (Presenting) The Hook, après une démo parue au début de l’année 2018. L’aventure de ces quatre Rouennais, c’est avant tout l’histoire d’une très belle amitié perdurant depuis presque deux décennies autour d’une passion commune de laquelle a naturellement découlé l’envie de fonder un groupe autour d’un postulat de départ fort simple et inspiré, celui de proposer un hardcore véloce, extrêmement accrocheur, le temps de titres dont la durée moyenne n’excède que rarement les deux minutes chrono. Autant avouer d’emblée que cela va très vite, que cela frappe très fort et que la percussion auditive est de l’ordre d’un bulldozer dans une verrerie. Ceci dit, malgré cette débauche d’énergie hallucinatoire, HOOKS & BONES parvient à tirer son épingle du jeu au milieu de ce pugilat sonore digne d’une cours de récréation après la cantoche, au moyen de plans bigrement bien ficelés, de parties de guitare proposant quelques surprises bien senties – on y trouve même de courts soli tombés comme un cheveux sur la soupe, sans qu’à aucun moment cela ne paraisse incongru – ainsi qu’une sacrée bonne dose de plans mélodiques cohabitant avec des mosh parts taillés pour casser des bouches et des blast beats foudroyants, entremêlés de sing along musclés, assez punk dans l’esprit. On en vient presque à se demander comment tout ceci reste cohérent. Cependant, le résultat est là et force est de constater que les cinq titres proposés (comprenant une intro à décorner les taureaux) restent d’une homogénéité limpide et d’une redoutable efficacité. Bénéficiant de plus d’une production qui lui sied à merveille, HOOKS & BONES affiche sans complexe aucun sa volonté de proposer sa vision du hardcore, légèrement teinté de metal, celui qui ne se prend pas forcément toujours au sérieux mais dont l’élaboration artistique rigoureuse et authentique ne laisse planer aucun doute quant à la viscérale envie de proposer une musique de qualité plus que supérieure. Nous attendons donc impatiemment un album longue durée – tout est relatif ! – aussi sereinement qu’un lapin pris dans les phares d’une Maserati attendant son heure. Vraiment très frais et réjouissant.

(Presenting) The Hook disponible à l’achat numérique via ce lien

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Liste des titres

1 – Intro/Play In Vain

2 – SD 9.3

3 – Postman On Fire

4 – Bucks & Bullets

5 – M.O.A.B (Mother Of All Bombs)

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SACRED REICH « Awakening »

SACRED REICH, ou le groupe culte disparu bien trop tôt par excellence. Depuis l’inégal mais néanmoins fort bon Heal paru en 1996, le groupe de Phoenix, Arizona, mené par le bassiste-chanteur Phil Rind, n’avait guère donné signe de vie, si ce n’est un album live quelque peu bancal paru en 1997, Still Ignorant (1987 – 1997) – Live, voyant le retour derrière les fûts du fabuleux batteur originel Greg Hall après la parenthèse Dave Mcclain, besogneux cogneur sur les albums Independent (1993) et le déjà mentionné Heal. S’en est suivi une séparation en bonne et due forme jusqu’en 2007, année d’une reformation attendue par nombre de fans de thrash old school, SACRED REICH ayant acquis depuis son départ précipité le statut de groupe idolâtré. Pas de nouveau matériel à se mettre sous la dent depuis cette reformation, si ce n’est un titre publié tout récemment sur un split-45 tours en compagnie d’un des plus sérieux représentants de la jeune garde du revival thrash, IRON REAGAN, sympathique morceau bien qu’il ne restera vraisemblablement pas dans les annales du groupe, ni dans ses setlists futures. Et puis stupeur. Greg Hall, batteur historique du groupe, est congédié par ses petits camarades et SACRED REICH annonce comme par enchantement le retour de Mcclain derrière les fûts, ce dernier ayant quitté le rafiot MACHINE HEAD dont il fit pourtant les belles heures durant plus de vingt ans. Hasard du calendrier, pressions exercées de toutes parts ou opportunisme mal déguisé, voici revenir un SACRED REICH qui avance en reculant, à l’instar d’une équipe de rugby. Effroi supplémentaire lorsque le guitariste rythmique Jason Rainey, pourtant présent depuis les origines du groupe et membre fort estimé des fans de longue date, se voit lui aussi remercié très peu de temps avant l’annonce de la sortie du nouvel album studio, le premier depuis vingt-trois ans. Avouons que cela fait beaucoup de nouvelles pour le moins inquiétantes en peu de temps pour un groupe dont le retour discographique semble attendu de pied ferme par un nombre conséquent de fans, lui que rien ne semblait laisser présager d’un tel renouvellement de personnel en douze années de live saluées par les observateurs. Voici donc venir à nous ce nouvel opus, Awakening, à paraître le 23 août prochain chez Metal Blade Records, avec un brin de scepticisme entre les oreilles. Composé de huit titres, Awakening est un album dont on ne sait pas trop de quelle manière il convient de l’appréhender, SACRED REICH soufflant sur celui-ci le chaud et le froid bien plus souvent qu’à son tour. Si le groupe semble avoir abandonné l’idée de publier des albums estampillés « pur thrash metal » depuis bien longtemps – pour faire court, depuis le splendide et premier album Ignorance (1987), le combo de Phil Rind a toujours su proposer une musique n’appartenant qu’à lui, avec des influences certes évidentes (BLACK SABBATH en tête), mais dont la griffe « made in Arizona » parvenait à prendre le dessus, si bien que la signature artistique de SACRED REICH n’en était que davantage griffonnée. Mais ça, c’était il y a 25 ou 30 ans. Nous sommes désormais en 2019 et le groupe semble s’être attaché les chevilles à son histoire pour y rester figé sans avancer, comme des fers écroués à un passé dont lui-même n’arrive pas à sortir pour transcender sa musique. Un déséquilibre artistique qui ressort assez rapidement dans l’agencement de ces huit chansons, tentant maladroitement d’alterner titres rapides insipides – nous y reviendrons, et morceaux mid-tempo pas désagréables mais tous sortis du même moule, celui des années 90. Voilà tout le problème de ce SACRED REICH du 21ème siècle. Le groupe reste persuadé que son propos musical est toujours pertinent malgré le changement de millénaire, si bien qu’il ne propose rien d’autres qu’une resucée de ce qu’il offrait déjà en mieux à l’époque de The American Way (1990) et sans doute davantage encore Independent, le panache en moins. Oublions par décence l’époque Ignorance dont la hargne viscérale a quasiment disparu de nos jours. En ce sens, le nombre de titres vraiment thrash ne se comptant que sur trois doigts d’une seule main, inutile de trop s’appesantir dessus. Tout juste est-il nécessaire de signaler que les riffs y sont quelconques, voire simplissimes pour ne pas dire amateurs. Mais plus grave encore, une très, très nette sensation de les avoir déjà entendus – en bien mieux  – point extrêmement rapidement dans un coin de la tête, au même titre que la structure des morceaux eux-mêmes. Bref. La déception est là, et bien là. S’agissant des cinq autres titres, nous avons affaire à des compositions heavy/vaguement thrash pas désagréables mais surtout sauvées par la voix de Phil Rind, le valeur refuge ultime de cet Awakening bien maladroit. Le père Rind a sensiblement étendu son registre vocal, n’hésitant pas à monter dans les aigus mais toujours avec cette volonté si caractéristique. Un vrai bon point, le deuxième étant la bien jolie partition livrée par Wiley Arnett dont les soli ont gagné en mélodie et en feeling ce qu’ils ont (un peu) perdu en vélocité. Il cueille son auditoire par ses interventions à de nombreuses reprises. Préparez-vous à la leçon Arnett ! En revanche, nous cherchons encore la valeur ajoutée s’agissant du très jeune et nouveau guitariste, Joey Radziwill. Il était possible d’imaginer qu’un peu de sang neuf apporterait quelques effluves de diversité rythmique. Que nenni. Radziwill ne fait que suivre fidèlement la voix de son maître Arnett, tâche dont s’acquittait déjà fort bien Jason Rainey. Pour la nouveauté, là aussi, on repassera. Quant à la prestation de Dave Mcclain, si elle n’éclabousse pas par son audace ni son inventivité – la musique elle-même ne s’y prête d’ailleurs pas vraiment, cette dernière permet de retrouver l’enthousiasme d’un batteur enfin sorti de l’emprise artistique et psychologique d’un Robb Flynn (MACHINE HEAD) n’ayant probablement jamais semblé autant opportuniste et putassier que durant ces deux dernières années, en témoigne ce « retour inespéré » d’anciens membres de la formation dite classique du gang de San Francisco pour une tournée puante de finasserie. Là encore, la question peut se poser de savoir ce que Greg Hall aurait proposé comme partition, d’autant que le batteur originel possède toujours cette aura particulièrement appréciée chez les fans de la première heure. Un album mi-figue mi-raisin, dont on attendait forcément beaucoup plus qu’un simple ersatz de ce que le groupe a déjà pu proposer lors de ses quatre premières sorties. Tout n’est pas forcément mauvais, loin de là, mais nous étions en droit d’attendre autre chose d’un groupe culte qui restera, quoi qu’il arrive avec ce nouvel album, dans le cercle très fermé des espoirs éternels. Après trente ans de carrière, il y a quelque chose d’étrange à employer de tels termes. Circonspection totale.

Awakening à paraître le 23 août 2019 sur le label Metal Blade Records

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Liste des titres

1 – Awakening

2 – Divide And Conquer

3 – Salvation

4 – Manifest Reality

5 – Killing Machine

6 – Death Valley

7 – Revolution

8 – Something To Believe

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NOTHING FROM NO ONE « Requiem For Mankind »

Fondé au début de l’an 2014, NOTHING FROM NO ONE s’est confié pour mission tacite de détruire l’ensemble des scènes qu’il devait fouler. Pour ce faire, le groupe originaire de Montpellier s’est dès le départ donné les moyens de ses ambitions en élaborant un hardcore brutal, sans concession aucune, mais surtout fortement métallisé au milieu duquel surgissent des vocaux éructés sans ménagement. Après quelques maigres atermoiements dus à de légers remaniements d’effectif, NOTHING FROM NO ONE parvient à se stabiliser durablement, se permettant de fouler – et donc de détruire – les scènes aux côtés, entre autres, de SOULFLY, GET THE SHOT ou MERAUDER, non sans avoir omis de publier deux EP remarqués, N.F.N.O (2015) et The Painful Truth (2017), tous deux bien accueillis. Forts de ces expériences, les membres de la formation montpelliéraine s’attellent à l’écriture de leur premier album parallèlement à la signature du groupe sur le fameux label australien 10-54 Records. Ce Requiem For Mankind fraîchement paru le 15 mai dernier ne laisse que peu de places au doute quant à la musique délivrée sur ce disque. Pratiquant son style avec une redoutable efficacité doublée d’une conviction jamais démentie, NOTHING FROM NO ONE assène à l’auditeur sa vérité artistique en l’espace de onze morceaux – dont une intro apocalyptique digne des plus grandes heures du metal-hardcore le plus virulent et une magnifique outro toute en douceur, permettant de reprendre ses esprits après ce déferlement de violence extrêmement bien contrôlée. Pas de place pour la réflexion métaphysique, pas de perte de temps en bavardage inutile, l’idée générale est d’envoyer l’auditeur dans ses 22 mètres au bout de quelques secondes et surtout de ne plus le lâcher en le travaillant au corps. Dans un style pouvant évoquer tour à tour HATEBREED, WALLS OF JERICHO – avec une approche sans doute plus saccadée, ARKANGEL pour ses riffs souvent très métallisés, associés à de furieuses parties légèrement empruntes de beatdown, le combo de l’Hérault ne fait pas décidément aucun quartier. D’autant que NOTHING FROM NO ONE s’est permis d’inviter quelques amis pour vous faire comprendre que vous n’avez aucune chance de résister, parmi lesquels les vocalistes de CAPITAL ENEMY, CRACKDOWN, IRONED OUT et KRAANIUM, de même qu’un certain Billy Milano (M.O.D), bien connu pour avoir engendré avec trois de ses amis l’un des plus furieux et inestimables albums de crossover de la planète, Speak English Or Die (1985), une galette estampillée S.O.D. Il y a là sans doute un peu trop de « featuring » pour un album ne comptant que 9 morceaux chantés, bien que chaque contribution soit parfaitement assimilée à l’ensemble de l’album, celui-ci ne perdant donc rien en homogénéité. D’autant que le groupe s’est adjoint les services d’une pointure du genre pour mettre tout ceci à plat, Alan Douches, bien connu pour son travail avec des groupes tels que SWORN ENEMY, SUFFOCATION, ALL OUT WAR ou PRIMAL AGE. Un album vraiment très solide, compact, inscrit dans la tradition du genre et dont on ne peut raisonnablement pas extirper un titre plutôt qu’un autre, chacun d’entre-eux se révélant sans faille et doté d’une férocité attachante. S’il doit être émis un très léger bémol à cet ensemble rageur à souhait, c’est celui d’un manque d’accélération sur la longueur d’un titre. L’auditeur friand de vitesse se contentera la plupart du temps de morceaux plutôt mid-tempo, tabassés de double pédale et essaimés d’accélérations sporadiques fort bienvenues. Sans doute manque-t-il un vrai titre purement speed, histoire de mettre tout le monde d’accord. Mais c’est là chipoter, cet album accomplissant sa mission avec brio. Avec un tel bagage sous le bras, NOTHING FROM NO ONE peut se permettre de viser haut et juste, tant ce qu’il vient d’accomplir depuis la stabilité trouvée de son line-up il y a deux ans semble n’être que le début d’une longue et belle aventure. Un groupe sérieux dans ses affaires. Massive hardcore rules !

Requiem For Mankind disponible via ce lien

Facebook Officiel NOTHING FROM NO ONE

Liste des titres

1 – R.I.P

2 – Padre Nuestro

3 – King Maggot

4 – The Great Deceiver (featuring Jason – CAPITAL ENEMY)

5 – Uncontrolled

6 – Sensitive Trigger (featuring Rolf – CRACKDOWN)

7 – Bloodshed Scenery (featuring Louis – IROUNED OUT)

8 – Fucked By Life (featuring Jack – KRAANIUM)

9 – Stench Of Corruption

10 – Redemption’s Way (featuring Billy Milano- S.O.D/M.O.D)

11 – Son Of The Mist

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STRONG « Hateful, Fucked up, Ugly, But Still Alive »

A l’heure où STRONG finalise l’élaboration d’un 45 tours comptant 4 titres, tiré à 150 exemplaires seulement et enregistré en compagnie du légendaire Vinnie Stigma (AGNOSTIC FRONT), retour sur le premier album Hateful, Fucked up, Ugly, But Still Alive, paru sur le label Tripsquad Records dont le propriétaire n’est autre que Tim McMurtrie (M.O.D, RHYTHM TRIP), d’un gang auquel on ne la fait plus. Car derrière ce nom pour le moins explicite et sans compromis, se cache une bande de jeunes loups affamés gravitant autour d’une des pierres angulaires de la scène punk-hardcore-industrielle française, Laurent Bizet. Ce dernier, connu pour avoir entre autres offert ses furieux services aux légendaires HOAX ou TREPONEM PAL, se charge de canaliser l’énergie pour le moins débordante de ses jeunes agneaux tout en démultipliant ses capacités à façonner des riffs tuants pour un résultat proche de l’uppercut musical foudroyant. Conscient du statut culte de certaines de ses formations, l’homme Bizet s’est senti comme une envie de revenir aux sources d’une musique – et de son état d’esprit – qui lui a tant donné, celle par laquelle le guitariste semble s’exprimer de la manière la plus naturelle qui soit. Il se met alors en tête de livrer avec l’aide de ses nouveaux sauvageons une musique bien plus épurée que celle qu’il a pu pratiquer au sein de deux de ses anciennes formations parmi les plus célèbres. Le propos de STRONG se veut résolument « in your face », sans compromis ni détente. Si la musique du groupe s’inscrit au plus près d’un état d’esprit très « à l’ancienne », point de nostalgie, de spleen ni d’amertume. Il n’était absolument pas question pour Laurent Bizet de se fourvoyer en proposant une musique passéiste, élaborée sur des bases trop convenues. Bien sûr, après tant d’années à graviter dans ce milieu, certains automatismes du garçon se retrouvent dans l’oeuvre musicale de STRONG, mais jamais au détriment d’une approche résolument moderne. Le tour de force du groupe réside en cet amalgame entre tradition punk-hardcore directement puisée dans l’énergie de groupes tels que DISCHARGE, SLAPSHOT, M.O.D, ou CRO-MAGS – voire NEGATIVE APPROACH – et la modernité d’une production cousue de fil blanc qui sied parfaitement à l’intensité musicale rageuse de STRONG. Mentionné à l’instant comme probable référence, signalons la prestation furibarde du vocaliste Jordan Glancer qui n’est pas sans rappeler celle de Billy Milano dans ses années METHOD OF DESTRUCTION, à l’exception notable d’une approche sans doute plus gutturale et un peu moins nuancée que celle du chanteur du cultissime Speak English Or Die. Il se dégage en effet de la prestation de Glancer une certaine linéarité vocale de laquelle il serait sans doute bien avisé de sortir quelque peu en modulant davantage sa performance pour parfaire une prestation par ailleurs remarquable. Il ne manque que quelques bribes de sorties autour de sa zone de confort pour apporter une valeur d’autant plus ajoutée que Jordan affirmerait là sa véritable signature vocale, personnelle et singulière. Pour rester dans le registre « made in America » de l’album, signalons également la présence de Scott Roberts (THE TAKE, THE SPUDMONSTERS, BIOHAZARD), venu prêter main forte à STRONG le temps d’un solo incendiaire sur le titre « Born In The 60’s » – dont la vidéo est à découvrir à l’issue de cet article. Loin d’être enfermé dans un schéma balisé, le groupe affiche avec ce premier coup de maître ses ambitions, celles de bousculer une scène hardcore hexagonale ayant sans doute un peu oublié ses racines punk, si importantes et fondatrices de tout ce qui s’est ensuite construit autour d’un style musical certes, mais avant tout d’un idéal de vie et d’une certaine manière d’envisager son for intérieur, autant que ce qui l’entoure. On fait les choses parce qu’elles doivent être faites, par pour faire plaisir à certain(e)s ou se faire encenser. Cet état d’esprit sincère et rigoureux ne semble toujours pas faire défaut à Laurent Bizet, même après toutes ces années, et c’est heureux. Gageons qu’il saura transmettre à ses plus jeunes compagnons de route cette même sagesse au travers de sa musique ou ses lyrics. C’est là tout le mal que l’on souhaite au guitariste et à STRONG dans son ensemble. Pour conclure cette humble chronique par une profession de foi si chère à l’ami Bizet : « SUPPORT YOUR LOCAL SCENE ! ». Revigorant.

Facebook officiel de STRONG

Hateful, Fucked up, Ugly, But Still Alive à découvrir sur DEEZER

Liste des titres

1 – Intro

2 – F.T.W

3 – Kings Of Nowhere

4 – Sick World

5 – My Life

6 – Go

7 – Black’n’White

8 – Born In The 60’s

9 – Scars Of Life

10 – Humans

11 – Fuck This Track

12 – The Price To Play

13 – This Is…

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THE PFK « Yeah »

Oubliez les lieux communs concernant la Suisse et notamment le canton de Genève. Genève, la ville, ne se résume pas forcément à son chocolat, au lac Léman et son jet d’eau, ou à ses banques fiscalement avantageuses. Genève, c’est aussi THE PFK, formation pratiquant un punk-rock fortement teinté de hardcore, dont le premier EP intitulé Yeah, paru il a quelques mois déjà, était passé bien discrètement sous les radars de Pré en Bulle. Erreur aujourd’hui réparée et c’est heureux car il eut été dommage de passer à côté d’un EP en tous points réussi. Né en 2016 sur autant de cendres de formations aux styles différents que de membres composant de THE PFK, le groupe genevois élabore et affine ses compositions au rythme des fluctuations de son line-up pour enfin stabiliser celui-ci autour des cinq garçons qui le composent. Très jolie carte de visite, Yeah annonce d’emblée la couleur au son de son title track sous forme d’introduction aux quatre titres suivants, soit un punk-rock teigneux, extrêmement bien interprété, tout en finesse, si bien que l’ensemble s’en trouve terriblement addictif grâce à des mélodies absolument lumineuses, bombardées au milieu de cette furie sonore maîtrisée. Le niveau général des compositions demeure vraiment très impressionnant, mêlant avantageusement puissance de feu punk-hardcore et harmonies mélodieuses de premier ordre. La mise en son, elle aussi, impressionne. Enregistrés chez Conatus Studios, ces cinq morceaux bénéficient d’une dynamique renversante, révélant un limpide travail sur l’ensemble de la production, notamment celui des parties de guitare dont l’effluve dégagée dans le sillon de leur passage impressionne par l’acidulée justesse de leur propos et la trivialité de leurs attaques. Attention, THE PFK ne se résume pas seulement à de chouettes mélodies, divinement interprétées. La vindicte musicale participe à égale hauteur à l’essence du propos artistique. En témoigne ce chant tour à tour éructé dans la plus pure tradition hardcore, ou beuglé plus mélodiquement par cette voix travaillée au papier de verre. Les choeurs, virils et volontaires, sont eux aussi emprunts de cette fougue typiquement hardcore, tandis que la batterie métronomique se permet d’appuyer davantage encore les pêches comme autant de coups de batte de baseball sur la nuque. Un remarquable premier EP qui ne demande qu’à donner naissance à son petit frère que l’on espère aussi enthousiasmant que son aîné. Cinq titres pour autant de réussites. Qui dit mieux ? Du côté de Pré en Bulle en tout cas, la suite des aventures de THE PFK est attendue de pied ferme. Un groupe à surveiller, assurément. Exquis !

EP Yeah disponible en format numérique ou physique via ce lien

Facebook Officiel THE PFK

Liste des titres

1 – Yeah

2 – Hourglass

3 – The Lost Pony

4 – Why

5 – Game Over

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