Au temps pour moi…

Paris, 11 Août 2016

Aile émoi. Résumer l’attraction qu’il existe entre la musique et ma pomme est difficilement descriptible. Aussi, je lance mon épuisette à métaphore de manière un peu bancale mais parlante. Les ailes de la fuite vers les hauteurs abyssales de mon âme et des émotions s’y rattachant. Elle et moi. La musique, mélange aphrodisiaque de volupté, d’énergie, et moi dans ma plus simple émotion. L’attraction désastre mais solaire la plupart de l’espace-temps. Ce temps s’est suspendu au-dessus de ma tête et pour le reste de mon existence le 5 octobre 1979. C’est avec cette date que tout a débuté. Et c’est encore avec cette même date que tout se terminera pour moi. En ces temps d’abondances bigrement superflues, il est parfois bon de se sentir entouré d’une parenthèse, d’un instant, d’un laps de temps faisant d’une existence, à priori sans intérêt, une vie idéale prenant peu à peu la tournure d’un idéal de vie. Le mien, en tout cas celui qui a ouvert les yeux du bambin de la réconciliation suicidée que j’étais, est somme toute assez court. 41:52’. C’est le temps qu’a mis la galette de trois policiers surarmés de bonnes intentions pour venir s’enjôler dans ma prison émotionnelle de môme, jeter la clé à double tour et ne plus jamais en ressortir ce qui, tout bien considéré, est le plus chouette cadeau de ma vie. Ce disque, de par la diversité des styles qu’il propose, la virtuosité de musiciens que constituent cette union sacrée, la finesse des compositions et l’exceptionnel sens de la mélodie développé, fut un tel choc dans ma caboche que ma perception de l’essentiel devint profondément perturbée. Il ne s’agissait plus simplement de jouer au petit train électrique Jouef ou d’échanger les vignettes Panini España 82 avec mes copains mais bien de retrouver à tout prix ce premier orgasme auditif. A l’image d’un cocaïnomane en recherche de sa première montée de produit au cerveau, je me retrouvais dès l’âge de 5 ans et sans même m’en apercevoir comme un véritable drogué du son, cherchant sans cesse l’hystérie que m’avait procurée cette musique. Drogué, je le suis encore. Depuis tout jeune, je cherche et recherche, encore et toujours, cette étincelle quasiment inaccessible mais pourtant bien vivante, pour ne pas dire vivace, dans mon esprit. J’ai ressenti sa chaleur très souvent en prenant de l’âge, d’abord au fur et à mesure que mes poils pubiens se mélangeaient harmonieusement avec la petite virgule qui commençait à prendre froid plus souvent qu’à son tour, puis en masquant tant bien que mal cette acné juvénile d’une adolescence que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi. De nos jours encore, à l’heure où mes cheveux sont blanchis par le poids des ans et la surcharge pondérale difficilement relégable derrière le dernier cran de ma ceinture, j’aime à découvrir toutes sortes de musique, dans tous les styles sans d’autre barrière que celle que je me suis fixée : AUCUNE.

En parallèle à ce brassage des styles que fut ma première gifle auditive, je me suis intéressé tout au long de ce parcours initiatique à des univers aussi variés et à priori contre nature que sont le rock, le reggae, le hardcore, le rap, le hard-rock, la funk, le punk-rock, le jazz, le classic-rock, la fusion, le ska ou le death-metal. J’en passe et des meilleures, la liste serait interminable. Je ne me suis jamais fixé de limites, les barrières et autres œillères faisant, selon moi, des générations de taupes sans lendemain. Je confesse à mes potentiels lecteurs vouer une admiration sans borne pour les artistes de toute nature, musiciens, comédiens, écrivains ou autres, et suis dans une salle de spectacles tel un enfant dans une boutique de jouets : les yeux grands ouverts, la truffe aux aguets et les oreilles en attente d’être au diapason de ces quelques notes qui font tressauter l’étrier de ma bobine. La musique représente une immense partie de ma vie, le spectacle vivant en est le soleil et les musiciens, l’eau pétillante avec la rondelle de citron. Ainsi donc je vous propose de suivre mes découvertes au travers d’articles concernant des sorties de disques, des reports de concerts et des rewind de magnétoscopes sur bon nombre de mes amours musicaux car j’aime à penser que je ne suis pas le seul à miauler en sautant du phoque à l’âne, et que les esprits les plus ouverts sont bien plus légions qu’on ne le pense. Je ne m’interdis pas pour autant de faire part de mes goûts cinématographiques de temps à autres ou de livres qui peuvent s’avérer succulents dès lors que l’on a retiré le marque-page temporel. Rien n’est impossible, tout reste à faire et surtout l’improbable.

Toutefois, si j’aime à glorifier mes coups de cœurs en décrochant des flèches tel Cupidon, j’avoue aussi être parfois tenté de décrocher celles Du-p’tit-con si cela me parait nécessaire. Car oui, j’avoue sans contrainte aimer les artistes au-delà du raisonnable et leur travail acharné que je respecte, étant moi-même totalement incapable de faire le début du quart de la moitié d’une chanson, mais j’exècre au plus haut point la complaisance, le politiquement correct et le béni oui-oui. Ce qui sous-entend, vous l’aurez compris sans nul doute, que je ne vais pas passer la brosse à reluire sous prétexte que…ou parce que je connais celui qui a tenu la main du batteur lorsqu’il traversait la rue la jambe dans le plâtre. Amis lecteurs, vous voici avertis ! Laissez-moi juste une chance de vous convertir à mon univers et aux bienfaits de la musique telle que je la conçois à mon modeste niveau. Je ne suis qu’un petit artisan mais j’ai le cœur vaillant comme une multinationale, l’esprit critique modéré d’une moissonneuse-batteuse et le sens de l’autodérision, de la déraison suffisante et de l’amour mis à mort ! En un mot comme en sang, laissez-vous faire…C’est par là que ça commence !

Alexis Nicolski

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