ABDUCTION, une musique sombre et empirique, au discours Fleury – Entretien (1/2)

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Fort d’un nouvel album, A L’heure Du Crépuscule, paru en mars dernier via le label Finisterian Dead End, que les amateurs de black metal qualifient de totale réussite, ABDUCTION se pose en fervent défenseur d’une certaine idée de l’art qu’il pratique. Amoureux fou de la langue de Molière et doté d’un savoir-faire singulier, le groupe français se plait à progresser jour après jour davantage, tel un artisan soucieux du travail bien fait. Rencontre avec Guillaume Fleury, guitariste et principal compositeur d’ABDUCTION, un garçon aussi humble que talentueux et visionnaire.

Bonjour Guillaume ! Pour les lecteurs qui ne connaissent pas ABDUCTION, peux-tu revenir succinctement sur la genèse du groupe s’il te plait ?

Bien sûr ! La formation du groupe remonte à 2006. Cela faisait déjà plusieurs années que je souhaitais mettre en pratique cette passion, à savoir concrétiser la chose et ne plus seulement rester passif, uniquement dans l’écoute. A titre personnel, il y a eu un élément déterminant qui m’a poussé davantage encore. Il s’agit de la mort de Jon Nödtveidt, le leader et fondateur de DISSECTION (Ndr : DISSECTION fut un groupe suédois de black/death metal extrêmement populaire, en particulier durant les années 90, et respecté malgré les démêlés judiciaires de son leader. Nödtveidt a mis fin à ses jours le 13 août 2006). C’est à cette période que j’ai basculé véritablement dans le black metal. DISSECTION a été une véritable révélation pour moi. A ce propos, crois-le si tu veux ou non, mais la première fois que je me suis passé Storm Of The Light’s Bane (1995), j’étais chez mes parents, il faisait beau dehors et mes amis m’avaient prêté le CD en me disant : « Tu vas voir, c’est un truc de dingue ! ». Il s’est passé quelque chose de révélateur. Déjà la pochette me donnait très envie…

C’est celle qui représente la mort en cavalier ? (Ndr : pour mémoire, le black metal n’est pas trop la tasse de thé de votre serviteur)

Tout à fait ! Donc je glisse le disque dans le lecteur et au moment où démarre cette intro très pesante, le ciel s’est assombri. Il a commencé à faire très gris dehors, ce qui a ajouté une ambiance vraiment particulière à cette première écoute. Une atmosphère presque mystique se dégageait à cet instant, en écoutant cette musique. Je me suis dit en mon for intérieur que c’était exactement ce que je voulais entendre. Ce que ce mec composait, c’était rigoureusement ce que j’attendais depuis toujours. J’étais un fan de METALLICA – et je le suis encore – mais là ce fut la révélation !

Tu n’écoutais pas de metal extrême auparavant ?

J’écoutais du death metal, du thrash ou du death mélodique tel que IN FLAMES – époque fin 90’s, par exemple. Je suis donc devenu fan de DISSECTION. C’était très important pour moi. Puis, de fil en aiguille, j’en suis venu à la réflexion classique qui consiste à se dire qu’on a très certainement des choses à exprimer, des émotions à transmettre. Et puis, coup de tonnerre, j’ai appris la mort de Nödtveidt. J’y ai vu comme un signe. Bien-sûr, je connaissais son histoire et notamment ses problèmes judiciaires peu reluisants. Je ne suis d’ailleurs pas persuadé que c’était quelqu’un de hautement recommandable, bien au contraire. Ceci dit, sur l’instant je me suis dit que ce mec était allé au bout de son truc, de ce en quoi il croyait. Je me suis dit que c’était un signe pour me pousser à avancer. Il fallait que je m’y mette. A la suite d’une erreur d’achat de guitare par un copain, je me suis retrouvé avec une guitare électrique dans les mains. Une guitare du genre bas de gamme… (rire) J’ai donc appris la guitare là-dessus. Pour l’anecdote, il faut savoir que je suis gaucher et que la guitare de mon copain est une guitare de droitier. Tout bêtement, j’ai appris à en jouer sans même inverser les cordes. Pour moi les cordes graves sont de fait en bas et les cordes aiguës sont en haut (sourire)

Comme Jimi Hendrix ???

Pas au même niveau ! (rire) Encore aujourd’hui je ne suis pas capable de jouer sur une guitare avec un accordage conventionnel. C’est ce qui donne sans doute un son de guitare un peu différent à la musique que nous pratiquons, puisque je joue en premier lieu les cordes aiguës avant de parvenir aux cordes graves. Mais c’est arrivé tout simplement parce que je n’avais pas le choix, car je n’avais pas les moyens de m’acheter une guitare de gaucher. J’ai donc persévéré dans cette voie, parallèlement à des cours en fac de droit auxquels je me rendais de moins en moins souvent car il me fallait faire de la guitare. C’était vital. J’en ai littéralement saigné du bout des doigts, notamment sur le solo de « Stairway To Heaven » de LED ZEPPELIN. J’ai donc travaillé sur des reprises diverses et variées et lorsque je me suis trouvé suffisamment à l’aise, j’ai débuté la compositions de mes propres chansons. Avec l’aide de plusieurs amis, nous nous sommes réunis et attelés à l’écriture des titres qui figureront plus tard sur notre première démo 4 titres en 2010, Heights’ Shivers. Suite à cette démo, nous avons tout naturellement commencé à travailler pour un premier album studio. C’est à ce moment que Guillaume Roquette, notre premier chanteur, a commencé à émettre des réserves quant à la suite de son implication au sein d’ABDUCTION. Il ne souhaitait pas s’investir outre mesure dans le groupe, voyant ce dernier davantage comme un passe-temps agréable tandis que de mon côté je prenais ce projet très au sérieux. De plus, il ne souhaitait pas chanter en voix claire. Pour couronner le tout, durant les cinq années de gestation précédant la sortie de ce premier effort, nous avons enchaîné les galères quasiment non-stop. Des emplois du temps impossibles, des sessions annulées, des mixes pas bons qu’il a fallu reprendre, tout un tas de peaux de bananes dont nous n’en pouvions plus. A l’inverse du second album qui s’est merveilleusement bien déroulé, en un an.

Le chant en français s’est-il imposé naturellement pour ABDUCTION ?

A la base, nous souhaitions un chant en français. Toutefois, il nous était apparu plus évident d’apposer aux chansons des titres en anglais de manière à ce qu’à l’international les gens comprennent un minimum le sens de nos paroles. Et puis nous avons abandonné cette idée et avons opté pour le français, tant dans les textes qu’au niveau des titres des chansons. Chose que nous avons donc faites pour notre premier album, Une Ombre Régit Les Ombres (2016). Ceci dit, et pour approfondir ta question, nos chansons sont écrites en français car nous sommes bien plus à l’aise avec cette langue. C’est notre langue maternelle, nous en sommes fiers. Nous aimons ses sonorités, la richesse de son vocabulaire et la beauté de ses mots. Beaucoup de gens nous ont dit que nous nous privions potentiellement d’un public anglophone. Je suis partagé sur cette question car je considère que les gens aiment un certain exotisme et qu’il n’y a pas de raison particulière pour qu’ils n’accrochent pas à notre musique. François, notre chanteur, appréhendait un peu le chant en français, lui qui vient d’un groupe de doom mélodique aux textes en anglais. Il avait un peu peur que le français ait un petit aspect franchouillard, voire ringard. Il considérait qu’il était plus difficile de faire passer des émotions en français. C’est vrai que si l’on prend une chanson d’un groupe anglais ou américain qu’on adore et que l’on en traduit les paroles en français, c’est juste ridicule. Nous avons donc fourni un gros effort pour obtenir un rendu littéraire mais surtout pas prétentieux ou pompeux. Nous ne sommes pas partis sur des textes pour lesquels il est nécessaire de prendre un dictionnaire afin d’en saisir le sens.

Le black metal propose le plus souvent une image, que ce soit vestimentaire, scénique ou photographique très forte. Penses-tu que l’image soit indissociable de ce genre musical ?

Oui ! Pour moi, ça l’est.

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Tu n’imagines pas un seul instant un groupe de black metal monter sur scène en jean et baskets ?

Il y en a qui le font, notamment une partie de la scène américaine. De mon côté, je suis plus attaché à la scène européenne, à une certaine tradition. En fait, il y a une phrase que Lemmy Kilmister (MOTÖRHEAD) a dite et à laquelle je souscris totalement. Il a dit : « Quand quelqu’un va à un concert, il ne veut pas voir son voisin sur scène ». Il veut voir autre chose, sortir, s’évader et je suis totalement d’accord avec ça ! C’est exactement ce qu’un groupe comme GHOST a compris. Je pense que c’est une grande part de son succès. S’agissant de Lemmy, lorsque tu le voyais sur scène avec son chapeau, ses bottes… Je pense que ça aurait été dommage de passer à côté de ça. C’est une part importante du personnage et donc du groupe. Pour ce qui est d’ABDUCTION, lorsque nous avons terminé toute la partie composition/enregistrement, nous nous sommes mis à la recherche d’un label. François et moi, gravitant au plus près de la scène metal de par notre travail, savions parfaitement qu’il nous fallait des photos promotionnelles. Donc une image, un visuel fort. Après autant d’efforts d’écriture, d’abnégation et de discipline, nous ne voulions pas poser dans un hangar désaffecté avec des graffitis sur les murs ! (rire) J’ai eu cette idée des médecins de la peste avec une ambiance presque mystique. Il nous fallait allier la forme et le fond. Nous pratiquons une musique faisant référence au passé, nostalgique et pénétrante car renvoyant à l’ancien temps. Nous avions vraiment à cœur de proposer aux auditeurs de notre musique quelque chose d’intemporel avec l’idée de ne pas être en mesure de nous marquer physiquement, quelque chose de presque impalpable. Du coup, l’idée des médecins de la peste nous correspondait totalement, avec le bec pointu. Nous sommes un groupe français, qui chante en français. C’est parfait ! Il faut savoir que ce masque a été créé par un médecin français (Ndr : Charles Delorme (1584 – 1678) ) à l’époque du roi Louis XIII, lors de la grande vague de peste bubonique. Pour l’anecdote, GHOST a publié pour son nouvel album  Prequelle  une édition limitée reprenant le masque du médecin de la peste, en latex me semble-t-il. (sourire)

Après trois sorties discographiques, et puisque tu es le compositeur de la musique d’ABDUCTION, comment vois-tu ta marge de progression ?

Grande question ! (il marque une petite pause de réflexion) Lorsque j’ai lancé le groupe, j’avais en tête une idée bien précise qui n’avait pas d’équivalent en mot ou en musique. C’était quelque chose d’intrinsèque. Je n’y suis pas encore parfaitement arrivé. Ceci étant dit, avec notre deuxième album, A L’heure Du Crépuscule, on s’en approche au plus près ! Je suis extrêmement fier de cet album. Ce qui est étonnant, c’est que pour notre premier disque de 2016, nous avions travaillé un peu à l’aveugle dans le sens où nous ne nous étions pas fixés de deadline par exemple. En plus des galères que j’évoquais tout à l’heure, nous ne savions pas vraiment où nous allions. Nous avons perdu beaucoup de temps durant cette période. Toutefois, je continuais à composer des chansons de mon côté. Ce qui fait que ce deuxième album est arrivé beaucoup plus rapidement. Pour être plus précis, j’ai composé la quasi totalité de ce deuxième album durant la conception du premier. Lorsque je faisais écouter mes idées pour ce deuxième album à notre chanteur François, il me disait qu’il trouvait mes idées bonnes mais selon lui, celles déjà trouvée pour le troisième album étaient encore meilleures. On est sorti du studio et François m’a alors avoué : « Je ne sais pas comment on va faire pour le troisième ». Ça a outrepassé ses espérances.

L’as-tu pris comme un compliment ? A titre personnel, je trouve que cela dépasse le simple cadre du compliment. C’est quelque chose d’extrêmement fort, presque une déclaration. Te sens-tu galvanisé pour la suite des événements ?

Disons que lorsque je compose des chansons pour ABDUCTION, j’entends dans ma tête ce que cela va donner à la fin. J’en ai une vision bien précise. En revanche, dès lors que j’enregistre des démos à l’arrache et que je les fais écouter aux autres, je me dois de leur expliquer ma vision. Pour te donner un exemple précis, le premier titre du nouvel album « Sous Les Cendres et La Pierre » comporte des choeurs. François était assez dubitatif. Il trouvait ça assez monotone. Je l’ai rassuré, lui ai demandé de me faire confiance et d’attendre les sessions studio. Une fois l’échéance arrivée, on commence à mettre des couches de guitares, de chants et donc ces fameux choeurs qui le laissaient de marbre. Au fur et à mesure de l’élaboration du titre, il s’approche de moi et me dit : « Putain, je vois ce que tu voulais dire ». Ce à quoi je lui réponds, amusé : « Tu vois, j’te l’avais dit ! » (rire)

Vous avez collaboré avec le producteur Déhà. Peux-tu nous en dire davantage ?

Déhà et nous-même avons un ami commun, Arno Strobl, qui nous a mis en relation. Pour notre premier album, nous avions fait écouter ce que l’on considérait à l’époque comme le mix final à Arno. Suite à quoi il nous a dit qu’il trouvait notre musique vraiment très bien mais que notre production n’était pas au niveau. Il nous a alors soumis le nom de Déhà avec qui il est très ami (Ndr : Arno Strobl et Déhà ont un projet musical commun du nom de WE ALL DIE (LAUGHING) dont le premier album Thoughtscanning (2014) est chaudement recommandé par votre serviteur) en nous assurant qu’il nous ferait franchir un palier non négligeable. N’étant moi-même pas totalement satisfait de notre son, je lui ai dit banco pour nous mettre en relation avec lui. Et là… (il marque une pause) Le coup de foudre musical, artistique mais surtout amical. Arno venait tout simplement de nous présenter à un mec qui a juste tout compris à ce que nous voulions faire. Pour le premier album, nous communiquions à distance avec Déhà, ce qui n’a pas du tout été le cas pour le second dans la mesure où nous sommes allés chez lui, en Belgique. Nous avons donc enregistré avec son matos, face à lui. Et nous sommes entrés en communion immédiate avec sa vision de notre musique. Sur le passage comportant des choeurs dont je te parlais à l’instant, l’osmose s’est imposée d’elle-même, sans nous être concertés au préalable. C’était un bonheur durant cinq jours de prises de son et deux jours et demi de prises de voix. C’était une évidence, tout coulait de source. L’exact opposé du premier album ! Juste un seul petit coup de nerf au tout début du fait que je n’enregistrais pas avec ma propre guitare mais rien de grave ! (rire) Une péripétie de gaucher forcé d’enregistrer sur une guitare de droitier qui n’est pas la sienne. Bref, rien de notable, que du bonheur. (sourire) Pour en revenir à Déhà, on le considère quasiment comme un membre du groupe. A noter qu’il a même enregistré des parties de basse pour l’album. Très humblement, il nous a demandé s’il pouvait s’occuper de la basse pour l’interlude de « Les Visiteurs Du Soir » car il avait quelque chose de précis en tête. Et bien entendu, ça a collé parfaitement à ce que l’on recherchait. En un one shot ! C’est un génie. Déhà sait tout faire.

Lorsque je t’écoute parler du groupe ou de Déhà, je te sens très habité par tout cela. Il y a quelque chose de très touchant. Tu sembles transpercé par tout ce que tu vis.

Je pense que nous sommes tous comme ça dans le groupe, à des degrés différents. Peut-être François et moi-même sommes un peu plus extrêmes. Mais c’est quelque chose qui me rend très fier et heureux. Nous sommes tous les quatre en phase, que ce soit au niveau des choix artistiques, des sommes dépensées pour parvenir à faire un produit qui nous plaît à 100%.

Quid de la scène ?

Ah…Notre souci principal est que nous avons tous les quatre des activités prenantes, que nous vivons à des endroits différents, ce qui est très pénible pour répéter par exemple. Lorsque c’est le cas, cela demande une organisation monstrueuse. De fait, nous avons pris le parti de disposer du temps qui nous est donné afin de privilégier la créativité plutôt que la restitution live. Nous allons donc préférer travailler sur notre troisième album, d’autant que nous avons énormément d’idées, de manière à laisser une marque, quelque chose de tangible plutôt que de refaire sur scène un truc déjà établi. Ceci dit, ça nous démange terriblement, aussi paradoxal que cela puisse paraître. On a envie de présenter notre musique sur scène, de travailler à un décorum soigné, inspiré d’un théâtre du XVIème ou XVIIème siècle. On souhaiterait pouvoir placer notre musique à un autre niveau, de pouvoir improviser, créer des ambiances en changeant les parties selon les humeurs du moment. Je suis certain que nos morceaux pourraient prendre une toute autre dimension sur scène mais voilà, c’est une histoire de temps, tout simplement.

Guillaume, un petit mot concernant l’artwork de A L’heure Du Crépuscule que j’ai trouvé formidablement réussi. Impossible de ne pas voir que la pochette de vos albums compte au moins autant que la musique elle-même.

On a tout écrit à la main sauf le code-barre ! (rire) Concernant la typographie, j’ai tout réalisé avec Mathieu, notre bassiste et parolier, à la main. Durant le processus, nous nous disions qu’au final, très peu de personnes allaient regarder en détail le livret. Mais immédiatement après, on s’est dit qu’on s’en foutait, que nous faisions ce que nous avions envie de faire et surtout que c’est exactement ce que nous souhaiterions avoir entre les mains, en tant que fans de musique. A titre personnel, c’est exactement le genre de disque que j’achèterais si je le voyais en bac, rien que parce que l’artwork est soigné.

Que dirais-tu à une personne qui ne connaît rien au black metal, ni à ABDUCTION, pour l’inciter à glisser le nouvel album dans sa platine ?

Même si cela peut paraître un peu cliché, je crois que je lui dirais qu’en écoutant ABDUCTION, il ou elle écoutera quelque chose de 100% sincère, qui vient du cœur et de l’âme. C’est quelque chose qui manque assez à certaines choses. Si je reprends l’exemple de GHOST, j’ai le sentiment que les gens qui considèrent que c’est un groupe commercial, monté de toutes pièces par un mec qui a les dents longues et qui veut être connu font véritablement fausse route. Cela va bien au-delà de ça. Je pense que Tobias Forge (Ndr : chanteur/leader de GHOST) a une passion, une détermination et un amour de la musique qui transcendent tout ce qu’il fait. C’est pour cela que ça marche. Il a une vraie vision de son art et je trouve que c’est quelque chose qui manque à un nombre incalculable de formations. Il n’essaye pas de trouver la recette magique qui va plaire aux gens. Il fait, c’est tout. S’agissant d’ABDUCTION, je tenterais de convaincre la personne en lui disant que c’est une démarche complètement authentique, qui ne cherche pas à brasser large ou à plaire particulièrement. C’est nous, complètement nous, sans filet. Prenez-nous ou pas ! On a tout mis avec passion sans autre ingrédient que notre amour de la musique. C’est ça le black metal. Le concept même de ce style est de ne pas avoir de limite, d’aucune sorte. Si tu commences à te dire qu’il faut faire tel plan ou tel riff parce que c’est plus mélodique ou plus teigneux, ou bien mettre du chant clair parce que c’est hype, tu n’as rien compris à la musique. Lorsque je compose, je ne pense pas aux autres. Je pense juste à exprimer ce que je ressens. D’ailleurs, je ne me dis jamais que je compose du black metal. Je compose de la musique, point. Une bonne chanson reste une bonne chanson, quel que soit son style. Il n’y a aucune contre indication à écouter des styles différents. On fait les choses parce qu’on les ressent. Ce qui compte, c’est l’émotion. Si tel est le cas, c’est que le musicien a réussi. C’est exactement la démarche que devraient adopter tous les artistes, du moins ceux qui prétendent l’être.

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Guillaume, une dernière question sous forme d’auto-critique, avant de nous retrouver dans quelques temps pour inaugurer ensembles la rubrique « introspec-view » : quels sont selon toi les points faibles d’ABDUCTION ? Y en a-t-il ? (rire)

(Il réfléchit) Je pense qu’il serait souhaitable que nous travaillions davantage les transitions, même si je trouve que nous avons très nettement progressé en la matière. Je pense que les choses qui pourraient éventuellement me titiller auraient trait à la production, notamment des parties de guitares pour lesquelles j’ai énormément travaillé et qui peut-être mériteraient un traitement différent ou plus approfondi. Mais on progresse déjà à une vitesse hallucinante avec Déhà ! Il est un surdoué. Je sais déjà que le prochain album sera encore mieux produit que celui-ci. J’aime beaucoup l’idée selon laquelle ABDUCTION progresse en parallèle et au même rythme que notre producteur. Il y a une signature Déhà dans tout ce qu’il entreprend, une personnalité singulière. Je peux reconnaître une production Déhà de par son approche, la vision qu’il apporte aux groupes avec lesquels il travaille. C’est pour ça que je considère Déhà comme un membre très important d’ABDUCTION car sans lui, le groupe n’en serait certainement pas là où il en est à l’heure d’aujourd’hui. C’est une évidence.

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3 réflexions au sujet de « ABDUCTION, une musique sombre et empirique, au discours Fleury – Entretien (1/2) »

  1. Merci Alexis pour cette découverte. L’écoute de ce groupe me conforte vraiment dans mes choix musicaux « métalliques ».
    Découvrir deux groupes d’un coup (Dissection), c’est un plus absolument génial.
    Encore merci et à bientôt…..
    Papy Patou

    1. Hello Papy Patou !
      Je suis totalement ravi si ma modeste contribution permet de faire découvrir ABDUCTION au plus grand nombre, toi en premier lieu^^ D’autant plus si la découverte du groupe pousse ensuite ta curiosité à te diriger vers DISSECTION… Je n’en suis que davantage heureux et satisfait !
      Merci infiniment de ton adorable mot. A très bientôt !

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