STRONG « Hateful, Fucked up, Ugly, But Still Alive »

A l’heure où STRONG finalise l’élaboration d’un 45 tours comptant 4 titres, tiré à 150 exemplaires seulement et enregistré en compagnie du légendaire Vinnie Stigma (AGNOSTIC FRONT), retour sur le premier album Hateful, Fucked up, Ugly, But Still Alive, paru sur le label Tripsquad Records dont le propriétaire n’est autre que Tim McMurtrie (M.O.D, RHYTHM TRIP), d’un gang auquel on ne la fait plus. Car derrière ce nom pour le moins explicite et sans compromis, se cache une bande de jeunes loups affamés gravitant autour d’une des pierres angulaires de la scène punk-hardcore-industrielle française, Laurent Bizet. Ce dernier, connu pour avoir entre autres offert ses furieux services aux légendaires HOAX ou TREPONEM PAL, se charge de canaliser l’énergie pour le moins débordante de ses jeunes agneaux tout en démultipliant ses capacités à façonner des riffs tuants pour un résultat proche de l’uppercut musical foudroyant. Conscient du statut culte de certaines de ses formations, l’homme Bizet s’est senti comme une envie de revenir aux sources d’une musique – et de son état d’esprit – qui lui a tant donné, celle par laquelle le guitariste semble s’exprimer de la manière la plus naturelle qui soit. Il se met alors en tête de livrer avec l’aide de ses nouveaux sauvageons une musique bien plus épurée que celle qu’il a pu pratiquer au sein de deux de ses anciennes formations parmi les plus célèbres. Le propos de STRONG se veut résolument « in your face », sans compromis ni détente. Si la musique du groupe s’inscrit au plus près d’un état d’esprit très « à l’ancienne », point de nostalgie, de spleen ni d’amertume. Il n’était absolument pas question pour Laurent Bizet de se fourvoyer en proposant une musique passéiste, élaborée sur des bases trop convenues. Bien sûr, après tant d’années à graviter dans ce milieu, certains automatismes du garçon se retrouvent dans l’oeuvre musicale de STRONG, mais jamais au détriment d’une approche résolument moderne. Le tour de force du groupe réside en cet amalgame entre tradition punk-hardcore directement puisée dans l’énergie de groupes tels que DISCHARGE, SLAPSHOT, M.O.D, ou CRO-MAGS – voire NEGATIVE APPROACH – et la modernité d’une production cousue de fil blanc qui sied parfaitement à l’intensité musicale rageuse de STRONG. Mentionné à l’instant comme probable référence, signalons la prestation furibarde du vocaliste Jordan Glancer qui n’est pas sans rappeler celle de Billy Milano dans ses années METHOD OF DESTRUCTION, à l’exception notable d’une approche sans doute plus gutturale et un peu moins nuancée que celle du chanteur du cultissime Speak English Or Die. Il se dégage en effet de la prestation de Glancer une certaine linéarité vocale de laquelle il serait sans doute bien avisé de sortir quelque peu en modulant davantage sa performance pour parfaire une prestation par ailleurs remarquable. Il ne manque que quelques bribes de sorties autour de sa zone de confort pour apporter une valeur d’autant plus ajoutée que Jordan affirmerait là sa véritable signature vocale, personnelle et singulière. Pour rester dans le registre « made in America » de l’album, signalons également la présence de Scott Roberts (THE TAKE, THE SPUDMONSTERS, BIOHAZARD), venu prêter main forte à STRONG le temps d’un solo incendiaire sur le titre « Born In The 60’s » – dont la vidéo est à découvrir à l’issue de cet article. Loin d’être enfermé dans un schéma balisé, le groupe affiche avec ce premier coup de maître ses ambitions, celles de bousculer une scène hardcore hexagonale ayant sans doute un peu oublié ses racines punk, si importantes et fondatrices de tout ce qui s’est ensuite construit autour d’un style musical certes, mais avant tout d’un idéal de vie et d’une certaine manière d’envisager son for intérieur, autant que ce qui l’entoure. On fait les choses parce qu’elles doivent être faites, par pour faire plaisir à certain(e)s ou se faire encenser. Cet état d’esprit sincère et rigoureux ne semble toujours pas faire défaut à Laurent Bizet, même après toutes ces années, et c’est heureux. Gageons qu’il saura transmettre à ses plus jeunes compagnons de route cette même sagesse au travers de sa musique ou ses lyrics. C’est là tout le mal que l’on souhaite au guitariste et à STRONG dans son ensemble. Pour conclure cette humble chronique par une profession de foi si chère à l’ami Bizet : « SUPPORT YOUR LOCAL SCENE ! ». Revigorant.

Facebook officiel de STRONG

Hateful, Fucked up, Ugly, But Still Alive à découvrir sur DEEZER

Liste des titres

1 – Intro

2 – F.T.W

3 – Kings Of Nowhere

4 – Sick World

5 – My Life

6 – Go

7 – Black’n’White

8 – Born In The 60’s

9 – Scars Of Life

10 – Humans

11 – Fuck This Track

12 – The Price To Play

13 – This Is…

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