VLTIMAS « Something Wicked Marches In »

Annoncé dans le courant du dernier trimestre de l’an dernier, voici donc qu’arrive sur nos platines le premier album de VLTIMAS, projet élaboré autour du batteur Flo Mounier (CRYPTOPSY), du guitariste Rune Blasphemer Eriksen (AURA NOIR, ex-MAYHEM) et de David Vincent (ex-MORBID ANGEL). Le moins que l’on puisse dire, c’est que cet album est attendu comme le messie, si l’on en juge par le nombre toujours croissant de commentaires impatients glanés sur les réseaux sociaux. En effet, si l’association de ces trois sommités dans leur genre provoque une excitation non feinte, c’est probablement et avant tout l’idée de réentendre Vincent s’emparer du micro au sein d’un groupe de pur death metal, brutal et racé, qui titille l’oreille des fans. Pas que MORBID ANGEL n’en soit pas un, mais l’aventure liant le frontman à son ancienne formation s’étant terminée d’une manière bien abrupte et si peu convaincante aux yeux de la majorité des fans, avec un album semant la zizanie par son approche electro-death « Illud Divinum Insanus » (2011), et son amour grandissante pour la country music, sans compter son incorporation au sein de HEADCAT à la place du défunt Kilmister, laissaient à penser qu’un retour dans le giron du metal de la mort n’apparaissait pas des plus évidentes dans la tête de Vincent. Seulement voilà, lorsque l’on est sollicité par Blasphemer en personne et que l’on se sait rythmiquement soutenu par Mounier, difficile de résister à l’appel du growl. D’autant que la matière première, entièrement écrite par le guitariste, a semblé particulièrement appétissante pour le vocaliste pour qu’il s’investisse au mieux tout en délaissant sa basse – laquelle est tenue sur ce disque par Blasphemer lui-même –  pour se concentrer sur le chant. Fort de ce constat, l’écoute de cet album ne laisse aucun doute sur la nature de l’oeuvre ainsi proposée. N’y allons pas par quatre chemins : Something Wicked Marches In est un album passionnant. VLTIMAS offre aux amateurs du genre ce qu’ils sont en droit d’attendre d’un tel plumage, soit un ramage d’une violence extrême, grandiose, formidablement agencée, alternant les passages telluriques et les breaks assassins. Magistralement enregistré sous la houlette de Jaime Gomez Arellano en Grande-Bretagne, aux Orgone Studios, cet album impose sans forcer ses ambiances, blastées ou non, mais toujours majestueusement pensées. Rien ne semble avoir été laissé au hasard, sans doute le visionnaire Blasphemer ayant depuis le départ de l’aventure un objectif vraiment tangible duquel rien, ni personne ou presque, ne parvenant à l’en dévier. Même si Vincent et Mounier ont su apporter leurs idées au guitariste pour l’élaboration des chansons, l’empreinte Blasphemer reste la plus évidente. Les riffs sont d’ailleurs emprunts d’une ambiance black metal plus souvent qu’à leur tour, mais cette touche noire ne perturbe en rien l’écoute de cette œuvre pour un non-initié au style comme peut l’être votre serviteur. Bien au contraire, l’amalgame des ambiances permet aux novices de faire la jointure entre le death et le black metal. Il s’agit probablement du tour de force de ce disque. Parvenir à concentrer sous une même chapelle l’ensemble des amateurs de musiques extrêmes. Chapeau bas. L’album jouit d’une osmose quasi parfaite en matière de riffing, de rythmes furieux ou plus posés – quel travail absolument époustouflant de Flo Mounier ! – et d’une voix démoniaque au possible. On peut penser ce que l’on veut de David Vincent, de sa réputation, de ses choix artistiques parfois discutables ou de ses mauvaises manières, il reste un chanteur d’exception, sans doute le meilleur de sa catégorie. Délesté de son instrument, Vincent assure une prestation proprement hallucinante tout au long des 9 titres composant Something Wicked Marches In. Impossible de prendre le monsieur en défaut, lequel se permet même quelques incursions dans le domaine du chant clair, avec parcimonie mais surtout avec aisance et réussite. Vous l’aurez sans doute compris depuis quelques instants, nous tenons avec ce premier album véritablement jouissif de VLTIMAS un potentiel futur très, très grand des musiques extrêmes. Si par hasard tel n’était pas le cas, ce disque se rangera parmi les meilleurs albums du genre de votre discothèque. Quand on pense qu’un deuxième album pointe déjà en ligne de mire du sieur Blasphemer, on est en droit de se demander jusqu’où s’arrêtera-t-il. Impatience totale et dégustation sans modération de l’instant présent. Album de l’année ? Allez savoir.

Parution le 29 mars 2019, disponible via ce lien

Titres de l’album

1 – Something Wicked Marches In

2 – Praevalidus

3 – Total Destroy

4 – Monolilith

5 – Truth And Consequence

6 – Last Ones Alive Win Nothing

7 – Everlasting

8 – Diabolus Est Sanguis

9 – Marching On

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MÖRGLBL « The Story Of Scott Rötti  »

Toujours mené par l’inénarrable Christophe Godin, le trio de musiciens que compte MÖRGLBL revient fêter ses 20 ans d’existence au moyen d’un nouvel album, le septième, intitulé The Story Of Scott Rötti. Toujours délicieusement entouré d’Aurélien Ouzoulias à la batterie et de l’excellent bassiste Ivan Rougny, le guitariste Godin propose tout au long de ce nouveau disque un condensé de ce que le groupe a pour habitude d’offrir à l’auditeur, soit une musique terriblement riche, ambitieuse et débarrassée de tout carcan, au milieu de laquelle surnagent de sacrés techniciens, capables de désarçonner le plus intransigeant érudit en matière de complexité auditive. Ce nouvel effort cependant se distingue de son prédécesseur Tea Time For Punks (2015) – et par extension ses sorties antérieures – par une approche sensiblement moins explosive que de coutume. Bien sûr, les amateurs de gros son et de plans proprement éblouissants, exécutés en quatorzième vitesse, y trouveront leur compte, mais MÖRGLBL semble avoir pris le parti d’imposer des rythmes parfois moins frénétiques et des situations musicales nettement plus dépouillées, d’une densité plus légère mais succulente, astreignant l’auditeur à le suivre sur des terrains plus ambiants. La sémantique du groupe est belle et bien là, mais Christophe Godin et les siens semblent savourer l’instant pour mieux faire déguster le suivant. Certains morceaux dénotent par leur approche sans doute plus ouverte que jamais sur le jazz. Pourtant, dieu sait qu’en terme d’ouverture, MÖRGLBL se pose en tête de gondole. Mais ce nouvel album démontre une fois encore l’amour que les trois compères portent au style et à ses nombreuses variantes. Tout au long des titres d’une luxuriance jamais prise en défaut, la magie prend forme sans qu’aucune combinaison plus audacieuse qu’une autre ne vienne perturber l’écoute de l’auditeur, même le moins musicalement instruit. Tout saute, tourbillonne et voltige dans un Magma sonore bouillonnant – notez la majuscule ! – avant de terminer miraculeusement dans votre conduit auditif. Quel tour de force ! Même si dans sa globalité ce nouvel album se veut moins fou-fou, il n’en demeure pas moins que nous avons affaire à une musique fascinante où s’entremêlent, parfois de manière très surprenante, les instruments, mais là où l’aspect purement technique semblerait un peu rébarbatif, la capacité de MÖRGLBL à unifier ses pistes au sein d’un même titre rend l’écoute véritablement captivante. Car, s’il est une chose essentielle à noter s’agissant de cet album, c’est que nous sommes face à de véritables « chansons », non à une débauche stérile de puissance technique. Sans doute est-ce cela dont peut le plus s’enorgueillir le groupe avec ce nouvel album, ne laisser aucun auditeur sur le bord de la route. Ce nouveau disque s’adresse à toutes et à tous, sans distinction aucune et non à une caste de musiciens pointus. A aucun moment l’attention ne dévie de sa trajectoire, ni de son but. Celui de passer un sacré bon moment avec des musiciens d’une qualité exceptionnelle, capables de vous embarquer avec eux dans un grand 8 artistique ébouriffant. Et comme l’humour n’est jamais très loin lorsqu’il s’agit de MÖRGLBL, sans doute peut-on percevoir la onzième et courte dernière piste comme un hommage à Christophe Salengro, président de la présipauté du Groland, décédé quelques mois seulement avant l’enregistrement estival entrepris l’an dernier. Un album en tout point réjouissant !

Page Facebook du groupe

Liste des titres

1 – Flics Amis Amish

2 – Anarchytektür

3 – Les Légions Du Rhum

4 – Dark Vädim

5 – Döner Dörgazm

6 – La Lèpre à Elise

7 – Crime Minister

8 – Panzer Kökötier

9 – Prog Töllög

10 – The Story Of Scott Rötti

11 – Cor à Cor

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NUISIBLE « Slaves & Snakes »

Oubliez Diogène, sa lampe et son tonneau. Chassez de votre esprit Diderot, Rameau et son neveu. Les quatre membres de NUISIBLE leur pissent à la raie sans retenue, comme à la notre, en vous offrant cette pantomime dégueu’ des plus indécentes. Oubliez également tout ce qui vous fait honte et vous dérange dans votre vie minable et ratée. NUISIBLE se charge de décortiquer votre misère de névrosé soumis à l’échec de votre existence. Fondé sur les cendres du groupe de hardcore ébroïcien AS WE BLEED, NUISIBLE revient après un ep, Inter Feces Et Urinam Nascimur paru en 2016 chez Deadlight Entertainment, avec ce premier album, Slaves & Snakes, lui aussi paru sous le label dont l’épicentre se trouve à Foix, en Ariège. Les choses étant ce qu’elles sont, de même qu’il est bien illusoire de vouloir y changer quoi que ce soit, le groupe poursuit son œuvre de nihilisme musical, à grands coups de boutoir rythmique et de décharnement distordu. NUISIBLE vous invite à vivre un mauvais rêve : le vôtre. Le groupe semble prendre un malin plaisir à gratter là où la corde sensible survit tant bien que mal en mode ultra obscène. Celle qui vous ronge, dont vous n’êtes pas fier et qu’il serait souhaitable de ne pas dévoiler en public. Cette micro-seconde où vous avez éprouvé un début de fantasme en regardant par le trou de la serrure votre maman sous la douche ; celui qui vous a forcé à ouvrir les yeux tout en pivotant la tête d’un quart de tour à hauteur de l’accident impliquant quatre voitures et dont l’issue mortelle de tous les occupants ne fait aucun doute, tandis que vous vous promettiez intérieurement quelques instants auparavant que vous baisseriez le regard pour ne pas voir cela. Par pudeur sans doute. NUISIBLE flatte vos instincts refoulés les plus bas, les moins moraux, desquels semblent surgir parfois une once de misère. Ce plaisir aussi malsain qu’inqualifiable d’avoir assisté au spectacle d’un viol collectif dans une cave insalubre est à portée de vos entrailles et hante votre subconscient, non parce que vous en avez été témoin, mais bien parce que vous n’avez pas participé à la tournante. Cette idée vous révulse autant qu’elle vous obsède. Vous êtes répugnant mais dans la fond, ça vous plaît. La complaisance de l’ordurerie, en quelque sorte. Vous préméditez secrètement d’assouvir votre désir de vengeance d’avoir dû subir la main protéiforme du curé de la paroisse à l’intérieur de votre culotte, cette saloperie libidineuse qui vous crache à la gueule sa fausse morale comme il crache sa purée dans votre gorge d’enfant en maintenant fermement de sa main droite et moite votre menton, tout en bouchant votre nez avec les doigts parfumés d’odeur anale de son autre main. NUISIBLE, c’est un peu tout cela à la fois. L’arôme repoussant des charniers de l’Holocauste, mêlée à la putréfaction nauséabonde d’une carcasse en décomposition avancée de nonagénaire. Les agressions sonore de cet album n’ont d’autre effet que celui de vous sentir minable, paumé, empli de haine à l’encontre de vos prochains, votre descendance et leurs cercueils. Le soubassement d’une décharge à ordure est encore bien trop douillet pour écouter Slaves & Snakes. Votre seule échappatoire, c’est la came, l’alcool frelaté et les bas-fonds d’un caniveau. Alors, à quoi bon lutter ? Autant en finir au plus vite, n’est-ce pas ? Autant vider ses couilles et son sang du haut de la cime du monde, en ordonnant à ces êtres insipides imbibés de merde d’aller baiser leurs morts. Quel intérêt de poursuivre cette existence sur une voie que vous savez par avance condamnée? Pour vous aider à en finir une bonne fois pour toutes, NUISIBLE se propose de vous accompagner au bal des morts-vivants et de terminer le travail, non en crachant sur votre tombe, mais en déféquant en son sommet avec un jubilatoire dédain. L’enfer vous paraîtra soudain plus paisible que votre vie manquée, vos amours contrariées et votre quotidien imprégné de frustration et de rage. Le dégoût de vous-même et de votre existence sera porté à son paroxysme en écoutant cet album. Vous n’en sortirez pas indemne, c’est certain. Il n’est que le reflet de vos souffrances, de vos doutes et balaie en l’espace de 33 minutes toute volonté de bien faire, de participer à la vie en y trouvant le bonheur. Du grand art.

Album disponible via ce LIEN

Facebook NUISIBLE

Liste des titres

1- Slaves…

2 – … And Snakes

3 – Evil Still

4 – Death Legacy

5 – Vengeful Blood

6 – Pervert Biggot

7 – Swarm As king

8 – Two Sided Integrity

9 – Burning Embers

10 – Blind Paradox

11 – Blur The Light

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PESTILENCE @ Le Gibus, 28 février 2019

Un bain de jouvence. Après TERRORIZER le mois dernier, retour dans la capitale pour un show du fabuleux groupe néerlandais PESTILENCE, toujours mené par l’infatigable Patrick Mameli. Une date unique dans l’Hexagone faisant figure d’événement puisque la tête pensante du groupe a décidé de fêter l’anniversaire de son second et cultissime album,  Consuming Impulse  (1989). Pour ce faire, PESTILENCE a eu l’idée d’embarquer avec lui ses compatriotes de BLEEDING GODS. Difficile de donner un avis objectif sur la prestation du groupe d’ouverture, votre humble serviteur découvrant pour la première fois de sa vie la musique et la performance de ce dernier. Tout juste notera-t-on que le groupe évolue dans un thrash/death teinté d’atmosphérique que semble apprécier une bonne partie du public tandis que pour ma part, je ne goûte que très moyennement à ce mélange de peintures faciales guerrières et macabres, à ces claviers rappelant certaines atmosphères dignes d’un black metal symphonique petits bras et à cette voix manquant quelque peu de relief tandis qu’une écrasante majorité des morceaux semble être calquée sur un modèle somme toute assez similaire, soit un mid-tempo le plus souvent écrasant, d’où surgit parfois une accélération bienvenue, voire quelques blast beats dissimulés çà et là. Moins de 40 minutes d’un show assez délicat à ingurgiter pour qui est venu assister à un déferlement de death metal « à l’ancienne », comme c’est le cas du scribouillard de ces quelques lignes. Ceci dit, et en toute objectivité, BLEEDING GODS fait le job et le fait bien. Les musiciens font montre d’un savoir-faire évident et semblent heureux d’être là, malgré leur apparence laissant imaginer le contraire. Mention spéciale à la demoiselle tenant la basse qui esquisse quelques sourires, tandis que le vocaliste brille par une prestance proche de 0, totalement immobile, voire figé sur scène. Sans doute est-ce l’effet recherché. Problème, rien ne se dégage de ce garçon lorsqu’il agrippe le micro, indifféremment de la qualité de ses vocaux. A l’inverse, difficile de ne pas mentionner le batteur, absolument époustouflant de puissance. Quelle frappe de mule ! Une régalade visuelle et sonore totale qui a sauvé – encore une fois, selon des critères loin d’être objectifs – un show relevant davantage d’un reportage sur la vie et la reproduction des mouches en milieu basique que d’un tabassage en règle. Un gros somnifère.

CREDIT PHOTO FLORIAN DENIS

C’est après une pause d’une trentaine de minutes que les rois de la soirée entrent en scène, au son de l’instrumental « Proliferous Souls », neuvième et avant-dernière piste de Consuming Impulse. Ovation délirante à l’arrivée de Patrick Mameli, lequel, sentant tous les regards pointés sur lui, empoigne sa guitare et lance en compagnie de ses petits camarades le tuant « Dehydrated ». Et là, c’est la gifle à 200km/h. Le son est surpuissant et d’une clarté absolue. Il était fait mention du manque de prestance du vocaliste de BLEEDING GODS à l’instant, nous assistons face à Mameli à son extrême négatif. L’homme, d’une forme physique absolument ahurissante, dégage une aura et une assurance à vous faire baisser les yeux. Affûté comme jamais du haut de ses 52 ans, il est facile d’imaginer que le vocaliste fréquente assidûment les salles de sport et autres piscines ou pistes sportives. Incroyable ce que ce garçon peut dégager par son unique présence, y compris entre les titres au cours desquels l’impassibilité de son visage – lorsqu’il ne toise pas le public d’un air de dire :  « vous en prenez plein la poire et je le sais » – laisse pantois. Aucun signe, aucune faiblesse visible, rien. Il est hypnotique. A ses côtés, il faut bien reconnaître que Mameli a une nouvelle fois réussi le tour de force de s’entourer d’une équipe de fous furieux, à commencer par le batteur déjà présent sur l’excellent dernier album de PESTILENCEHadeon (2018), Septimiu Hărşan, véritable machine de guerre nucléaire dont le jeu en vaut vraiment la chandelle. Quel plaisir de voir un batteur aussi versatile pratiquer son art de la sorte, se mettant vraiment au service de titres jouissifs joués en leur temps par l’exceptionnel Marco Foddis, tout en y insufflant sa patte ! C’est bien simple, entre Patrick Mameli et lui, les yeux ne font que des vas et vient. A la droite du Père, le guitariste Calin Parashiv paraît plus en retrait mais n’en demeure pas moins un excellent complément guitaristique à la star de la soirée. A la gauche du Diable, le fort discret Edward Negrea assure une assise rythmique de premier ordre, caché derrière sa basse six cordes conjuguée à la frappe chirurgicale de Hărşan. Discret mais diablement efficace. Une équipe de bouchers ! La setlist quant à elle ne réserve que peu de surprises, le groupe jouant donc la totalité des titres du classique, dans l’ordre de celui-ci. Cependant, un élément reste frappant face à ce jouissif déferlement de death metal à l’ancienne. Prenant la parole entre chaque titre pour annoncer le suivant, Patrick Mameli ne tarit pas d’éloge face à un public lui mangeant dans la main et qu’il remercie à de nombreuses reprises, tout en invitant ce dernier à « keep the old school death metal alive ». Remarque pour le moins étonnante pour un musicien qui n’a eu de cesse durant une bonne partie de sa carrière que de repousser les limites du genre, passant en l’espace d’une paire d’années d’un death metal technique, rapide et brutal, Testimony Of The Ancients (1991), à un album exceptionnellement audacieux et d’une richesse musicale dont on continue 26 ans après sa sortie à décortiquer le raffinement et la luxuriance, Spheres (1993), voyant PESTILENCE abandonner la vélocité et la brutalité pures pour s’aventurer aux confins d’un jazz/death jubilatoire, innovant autant qu’avant-gardiste. Sans même faire allusion à la formation post-PESTILENCE de Mameli nommée C-187, laquelle proposait elle aussi une musique foncièrement éloignée de la brutalité old school d’antan, misant davantage sur le groove et renforçant l’aspect jazzy de sa musique. De quoi désarçonner ses fans ultimes. Seulement voilà, depuis le retour de Mameli dans le giron « metal de la mort » et la résurrection de PESTILENCE, le garçon semble avoir retrouvé un plaisir non feint à jouer ce type de musique. Au point d’annoncer, entre deux titres et après une énième ovation pour l’exécution de cette tournée anniversaire, la probable tenue d’un exercice similaire s’agissant du superbe album déjà cité,  Testimony Of The Ancients. Exultation de la salle et ce sont trois pépites directement extirpées du dit album qui sont offertes à l’audience en guise de final, « The Secrecies Of Horror », le rampant et sinueux « Twisted Truth » – quel magnifique solo central joué par un Mameli héroïque et majestueux – et enfin le définitif et infernal « Land Of Tears », réclamé à cor et à cri par l’assistance, entrecoupés du seul extrait tiré des plus récentes œuvres de PESTILENCE, l’efficace « Horror Detox » tiré de l’album du retour, Resurrection Macabre (2009). La foule est aux anges mais repue, elle qui a donné tout ce qu’elle pouvait au point de se faire sermonner par un Patrick Mameli quelque peu ennuyé par un slammeur ayant fait tomber son micro. Une mise au point ferme et nécessaire ayant eu un impact presque immédiat, les ardeurs de certains acharnés d’un pit absolument déchaîné étant quelque peu revues à la baisse.

CREDIT PHOTO FLORIAN DENIS

Un concert magique d’un groupe majeur pratiquant un style, le death metal, qui ne devrait être que ça et pas forcément une course de vitesse dont le but est d’aligner une ribambelle de plans techniques et riffs imbitables – à prendre au second degré bien sûr, la musique se doit d’évoluer, rien de plus normal. Quel bonheur de retrouver ses vingt ans durant une heure quarante ! Nous attendons donc ardemment la venue du groupe pour l’anniversaire suivant. Si la prestation est à ce point réussie, avec un line-up de ce calibre, nul doute qu’il vous faudra penser à réserver vos places relativement vite tandis que Garmonbozia Inc. serait bien avisé de réserver une salle plus grande tant la fête promet d’être belle. Dis donc Patrick… Tant qu’à fêter les anniversaires de tes albums, tu pourrais pas pousser jusqu’à Spheres, s’il te plait ? Merci d’avance de penser à moi. Une belle bande de petits Bataves.

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