SPHERES « Iono »

La jolie surprise que voilà ! En provenance directe de la région parisienne, SPHERES s’offre avec son premier album intitulé Iono – disponible depuis le 10 mai – une bien désirable carte de visite. Fondé il y a tout juste un an autour du guitariste/chanteur Jonathan Lino, peu après l’arrivée de ses talentueux collègues venus renforcer l’édifice, SPHERES fait montre d’un sacré savoir-faire et d’une insolente agilité pour suggérer les riches et luxuriantes pistes de ses pièces musicales. Suggérer, car le groupe sait prendre le temps de développer ses ambiances, de les soigner et de les poser délicatement, sans brusquer l’auditeur. A la manière d’un TOOL, sans en être une pâle copie, SPHERES essaime ses notes et distille ses arrangements, remarquablement servis par une production aérée et lumineuse, plaçant ce son de basse aussi chatoyant que douillet au centre de l’hémicycle musical. Autour de cette rythmique savoureuse, le travail des guitares est impérieusement enivrant, tandis que le registre vocal de Jonathan Lino oscille habilement entre susurrements – parfois même un brin « vicieux », voix claire faisant ressortir un caractère d’urgence – voire d’instabilité, et chant saturé mettant en lumière l’aspect le plus hargneux de l’éventail vocal du garçon. La musique, dans sa globalité, offre un riche panel de sonorités au milieu duquel s’inscrivent d’incroyables harmonies modernes autant que progressives, combinées à des atmosphères empruntes d’un esprit presque seventies. Pour autant, le propos artistique se veut résolument actuel et pleinement assumé. SPHERES parvient à injecter une bonne dose de technique dans sa musique empirique mais jamais au détriment de la chanson elle-même, comme il est assez souvent coutume de le déplorer sur les albums des petits camarades de sa catégorie confondant parfois vitesse et précipitation. Le groupe parvient à mener sa barque avec une impressionnante maîtrise et un redoutable savoir-faire malgré son jeune âge, tant sur un cours d’eau des plus sereins qu’au beau milieu d’un déchaînement tempétueux des éléments. Des accélérations progressives exécutées avec maestria, pas une once de débauche technique stérile et un sens de la mélodie aiguisé, digne des plus grands noms du genre, tout est maîtrisé à la juste perfection. Non vraiment, rien ne peut être laissé sur le bord de la route tout au long de l’écoute de cette merveille artistique et musicale. SPHERES ne tombe dans aucun piège et semble avoir parfaitement fait sienne la maxime : « le mieux est l’ennemi du bien ». Force est de constater avec éblouissement et révérence l’assimilation complète par le groupe de ses bases et influences que sont probablement MASTODON, OPETH ou le déjà cité TOOL, tout en s’en étant affranchi, pour un premier effort aussi remarquable que bienheureux. L’assurance musicale dont fait preuve SPHERES à l’issue de ce premier album laisse présager d’un futur radieux au sein de cette scène progressive alternative dont il risque fort de ravir les premières places du classement  hexagonales si les têtes d’affiche actuelles n’élèvent pas sérieusement leur niveau de jeu. Pas une seconde d’ennui, aucun temps mort et une incontrôlable envie d’appuyer de nouveau sur la touche « play » du lecteur au terme de l’écoute de cet album renversant. Vraiment très impressionnant !

Iono disponible à l’achat via ce lien

Facebook officiel de SPHERES

Liste des titres

1 – The Cimmerian Ghost

2 – Mars

3 – Television Nation

4 – Break Loose

5 – Stellar

6 – Silk Road

7 – The Thing

8 – Sound City

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POSSESSED « Revelations Of Oblivion »

Inutile de revenir longuement sur le statut culte de POSSESSED. De son empreinte aussi indélébile que démoniaque, le groupe californien a dessiné les contours de la base d’une partie non négligeable de la musique metal moderne. La trace que laissera Jeff Becerra dans l’histoire de la musique extrême avec ses acolytes de l’époque sur l’album Seven Churches (1985) est véritablement gigantesque, de celle qui comptera dans les décennies, voire les siècles à venir, de même que celle de l’immense Chuck Schuldiner auquel on n’a eu de cesse que d’opposer le groupe DEATH à celui du désormais handicapé moteur vocaliste de POSSESSED. Encore une course à l’échalote qui ne rime à rien. Les bonnes vieilles habitudes des aficionados de heavy metal ont la vie dure. Pourquoi diviser ou opposer tandis qu’il est tellement plus sain d’unifier ? Un mystère insondable de la scène metal. Un de plus. POSSESSED revient donc avec un nouvel album intitulé Revelations of Oblivion, à paraître le 10 mai, première véritable trace discographique inédite depuis 1987 et un mini-album plutôt convaincant, avant un split suivi, à la manière d’un MÖTORHEAD, de divers compilations et albums live plus ou moins attrayants. Du glorieux line-up des années 80 ne subsiste désormais que Jeff Becerra, frontman de toute façon indissociable de POSSESSED. La première chose qui frappe à l’écoute de ce nouvel album franchement très attendu reste cette production absolument magistrale qui réussi l’exploit de combiner cet aspect méphistophélique et rugueux typique à une approche nettement plus actuelle, pour ne pas dire moderne. Le son s’est considérablement étoffé depuis The Eyes of Horror (1987) et davantage encore depuis Seven Churches. Si modernité rime avec tradition, le propos musical du groupe reste cependant assez similaire à celui qu’était le sien durant les 80’s, si ce n’est un net durcissement du tempo, globalement soutenu, des chansons. C’est en cela que réside sans doute la force de ce nouvel album. Là où la production souvent limite des premières sorties de POSSESSED desservait bien souvent sa musique, celle de cette cuvée 2019 transcende totalement celle-ci. La clarté des guitares permet d’insuffler une dynamique titanesque à l’ensemble des compositions, permettant de ce fait de maintenir quelques gimmicks propres aux années 80 sans que cela sonne daté le moins du monde – ce son de toms orgasmique et ses descentes typiques de la grande époque ; une madeleine de Proust ! Musicalement, nous avons donc affaire à du POSSESSED pur jus dévoilant parfois de faux airs du PESTILENCE « old school » pour un résultat véritablement ébouriffant, à savoir un thrash abrasif et inspiré, flirtant avec le death, tous les codes inhérents aux styles étant respectés. L’ami Becerra reste fidèle à ce qu’il a toujours proposé, c’est-à-dire un chant plaintif et pervers, presque au bord de la rupture. Toutefois, le chanteur s’aventure sur des terrains plus mélodiques bien plus souvent que par le passé. Le résultat s’avère assez jubilatoire, il faut bien le reconnaître. S’il est un seul maigre point en deçà du reste à relever, c’est celui d’une légère faiblesse durant la seconde moitié du disque, notamment le temps de ce « Omen » qui s’essouffle un peu du haut de ses presque 7 minutes. L’ambition de POSSESSED montre un peu ses limites lorsque le groupe s’aventure sur un terrain moins foncièrement bourrin et plus fouillé. Ceci dit, rien de bien grave en soi. Becerra et les siens parviennent tout de même à maintenir un niveau de composition suffisamment élevé, de sorte qu’ils ne perdent pas l’auditeur après cette petite sortie hors piste. Tout juste notera-t-on que les dernières compositions sont peut-être un peu moins percutantes que celles de ce début d’album absolument assassin. Une très belle surprise tout de même que ce nouvel album de POSSESSED dont on n’attendait pas forcément grand chose mais qui parvient à revenir d’entre les morts de la plus belle des manières. A écouter d’urgence !

Revelations Of Oblivion disponible dès le 10 mai 2019 via ce lien

Liste des titres

1 – Chant Of Oblivion

2 – No More Room In Hell

3 – Dominion

4 – Damned

5 – Demon

6 – Abandoned

7 – Shadowcult

8 – Omen

9 – Ritual

10 – The Word

11 – Graven

12 – Temple Of Samael

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SPLIT BRAIN « Discours Idylliques »

Lancée en 2008, l’aventure SPLIT BRAIN synthétise au travers d’un premier album intitulé Discours Idylliques l’ensemble des efforts fournis depuis sa création, laps de temps qui l’aura vu publier trois mini-albums. Après quelques bouleversements de line-up, celui-ci parvient à se stabiliser, lui permettant par là même de se produire sur scène et de figurer désormais au catalogue du label Juste Une Trace. La musique de SPLIT BRAIN se veut être un échantillonnage de ce que le metal d’aujourd’hui propose, celui que l’on nomme « modern metal ». Doté d’une production qui sied parfaitement son propos, Discours Idylliques est suffisamment bien agencé pour ne pas lasser son auditoire, puisant sans vergogne dans le panier de ses influences sans pour autant les pasticher. Le propos musical se veut sombre et torturé, tandis que les lyrics affichent une gravité pleine de fatalisme, d’autant que ceux-ci sont chantés en français, sans doute le point faible de l’album. Si la voix de Rémi, du moins certaines de ces intonations et son phrasé, semble parfois fortement imprégnée de celle de Reuno Wangermez (LOFOFORA), l’ensemble des paroles rédigées par ses soins laisse trop souvent échapper une petite odeur vaguement similaire à celles du vocaliste de LOFOFORA, la percussion vocable en moins. Il n’est déjà pas aisé de chanter en français mais il est d’autant plus difficile de rédiger des textes profonds et inspirés tels que les élabore Wangermez. Dans le cas de SPLIT BRAIN, on assiste davantage à un exercice de style consistant à aligner des tournures de phrases se voulant bien troussées mais dont le résultat tombe le plus souvent à plat, l’utilisation parfois excessive d’oxymores et de rimes riches vraiment trop évidentes rendant l’ensemble un peu léger, presque candide. Le maniement de la langue de Molière reste une arme à double tranchant. Soit le parolier est capable de fulgurantes punchlines sur la forme et d’un véritable travail de réflexion dans le fond, à la manière d’un Bernie Bonvoisin (TRUST) ou du précité Wangermez, soit le couperet tombe et l’on se retrouve avec des lyrics enfonçant des portes ouvertes à grand renfort de figures de style maintes fois éprouvées, oxymores prévisibles, métaphores faciles et autres rimes riches dignes d’un niveau de 6ème, comme le pratique avec maestria Mouss Kelai (MASS HYSTERIA). S’agissant de SPLIT BRAIN, il lui est sans doute nécessaire de prendre un peu de hauteur et de trouver sa voie en matière de textes. Le voici pour le moment dans une position bien inconfortable d’où il devra se sortir pour enfin trouver son chemin, sa véritable personnalité et par là même son salut. Ceci étant précisé, Rémi possède un éventail de modulations des plus convaincants, capable de s’engouffrer dans les profondeurs d’un growl abyssal, d’enchaîner immédiatement avec de très légers murmures, à peine susurrés, tout en s’aventurant avec brio dans un registre nettement plus proche d’un MASS HYSTERIA. Pour le reste, la musique ne souffre d’aucun véritable désagrément. On y passe de forts jolis moments, même si l’on attend parfois que l’ensemble se soulève et se révolte véritablement par une accélération foudroyante ou un break assassin. Les accélérations ne sont pas nombreuses mais ont le mérite de renvoyer l’auditeur dans les cordes (mention spéciale à la petite speederie « Machine infaillible » qui fait un bien fou, avec son magnifique break et sa reprise survoltée). Il est difficile de ne pas reconnaître le très chouette travail des guitares pour lesquelles le rendu jaillissant des mains de Arnaud Bascuñana – au Studio 180 de Paris – permet d’offrir une écoute des plus optimales, notamment au casque. A noter d’ailleurs quelques réminiscences guitaristiques issues du death metal « à la suédoise » pas déplaisantes pour un sou. Un album vraiment agréable si ce n’est ce léger souci de textes, pour le moment le cul entre deux chaises. L’importance des choix s’avérera donc décisive à l’heure de l’élaboration du second album. A suivre de très près.

Album disponible dès le 17 mai 2019 via ce lien

Liste des titres

1 – Coulisses de la pensée

2 – Discours idylliques

3 – Caste aveuglée

4 – Corps meurtri

5 – Critique sceptique

6 – Coupables inavouables

7 – Patience latente

8 – Machine infaillible

9 – Violence gratuite

10 – La valeur d’un homme

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PRESS GANG METROPOL « Point Blank »

PRESS GANG METROPOL. Derrière ce nom un peu étrange se cache l’un des derniers frissons musicaux découverts récemment par votre bien humble serviteur. Pourtant fondé dès 2006 et auteur de plusieurs sorties remarquées, dont un premier album Checkpoint paru en 2012, la formation niçoise propose depuis quelques jours un second opus baptisé Point Blank, sur lequel les ingrédients demeurent globalement identiques à ceux de la première sortie, à la différence notable qu’en 2019, un assombrissement prononcé du propos est sorti du ventre de la bête. Pas que Checkpoint laissait entrevoir une séance de stage diving sauvage à la FISHBONE, mais Point Blank appuie nettement sur la pédale du spleen bienheureux, celui qui plonge dans un état de mélancolie puisée au tréfonds du métabolisme. Si la conception des chansons de PRESS GANG METROPOL s’articule bien souvent autour de la basse à l’omniprésence aussi hypnotique que redoutable de Christophe Baudrion, l’enchevêtrement des pistes de guitare dans leur plus simple appareil entrouvre quant à lui une porte sur un horizon plus dépouillé, davantage emprunt d’une poésie cathartique, un aspect moins tangible sur le premier album dont l’influence parfois très prononcée de David Bowie n’est sans doute pas étrangère à ce constat. Bien sûr, certains ne manqueront pas de déceler dans la musique du groupe ses plus évidentes influences, à commencer par THE CURE dont le son de basse directement emprunté à celui de Simon Gallup est aussi jouissif qu’une carie à soigner pour un dentiste. Le sensibilité du nouveau vocaliste Sébastien Bernard offre un aspect bien plus épais, délaissant quelque peu les intonations « à la Bowie » de son prédécesseur au profit d’une voix davantage ancrée dans la profondeur, la gravité. Nick Holmes (PARADISE LOST) ou Dave Gahan (DEPECHE MODE) ne sont pas très loin. Il s’en dégage une assise vocale plus sûre et fluide, en parfaite adéquation avec la musique glaciale concoctée pour ce Point Blank. Paradoxalement, la musique de PRESS GANG METROPOL, si elle semble avoir gagné en maturité de par son approche épurée ce qu’elle a perdu en candeur – voire en une certaine forme de naïveté juvénile, offre une richesse qui poussera l’auditeur à puiser dans ses ressources pour en toucher le substrat du bout des doigts. L’oeuvre proposée ne livrera sans doute pas toute sa diversité et sa richesse lors des premières écoutes. Elle suppose un apprivoisement pour enfin en livrer son essence. La musique de Point Blank ne se donne pas comme une fille facile. Elle se mérite. Cet amalgame entre un rock sombre, une new wave directement empruntée aux earlies 80’s et des sonorités plus récentes atteste de la richesse de l’album proposé par le groupe. Les amateurs de JOY DIVISION – et par extension NEW ORDER, THE CURE, ou SIOUXIES AND THE BANSHEES devraient pouvoir se retrouver autour du feu avec ceux de PARADISE LOST, notamment de la période One Second / Host, ou NINE INCH NAILS auxquels j’ajouterai bien volontiers ceux de XTC, DEPECHE MODE ou LORDS OF THE NEW CHURCH. S’il est un seul reproche que l’on peut éventuellement faire valoir auprès du groupe, c’est sans doute celui de ne pas varier suffisamment ses tempi avec pour conséquence de ne pas fouiller avec davantage de profondeur ses ambiances lorsque celles-ci pourraient sans nul doute délivrer une palette de couleurs d’autant plus riche que le genre pratiqué par PRESS GANG METROPOL s’y prête extrêmement bien. Rien de bien grave en somme, le moment passé à écouter cet album n’est pas perdu, bien au contraire. Voici donc un disque aux vertus florissantes dont il est bien difficile de ne pas avouer, et sans aucune torture, qu’il compte parmi les sorties les plus réussies de ce premier semestre de l’année. Foncez !

Album disponible via ce lien

Liste des titres

1 – Empty Playground

2 – Outshined

3 – Stalemate

4 – Orphans

5 – MMT

6 – Eternally

7 – Diva

8 – Sovereign

9 – The Place You Own

10 – Unraveling

11 – Vertigo

12 – With Our Love

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BLIND WISDOM « Blind Wisdom »

Fondé en 2015 sur les terres occitanes de Perpignan, BLIND WISDOM a fait paraître tout récemment – au mois de mars – la première partie d’un concept album dont l’écriture de la seconde moitié semble déjà bien avancée. Sans titre, cette première offrande composée de cinq chansons laisse deviner l’amour que portent les quatre membres du groupe pour le power/heavy metal allemand, GAMMA RAY et surtout HELLOWEEN en tête. Si la production globale du disque s’avère à la hauteur pour une première sortie, malgré une mise en son de la batterie laissant sans doute trop d’espace à la grosse caisse, le plus souvent doublée, au détriment du reste des éléments, à commencer par la caisse claire perdant par là même en impact et en efficacité, nous aurions souhaité davantage de grain dans le son des guitares pour une attaque au médiator plus incisive. Quelques réglages sonores sont donc à prévoir pour la suite de cet album au concept encore un peu flou à l’heure de la rédaction de cette chronique, ne disposant ni des textes des morceaux, ni du thème abordé. Qu’importent les détails, la musique fait son œuvre. En cela, le pari est relativement bien tenu. Si l’empreinte des références allemandes précitées reste sans doute un brin trop présente, celle de HELLOWEEN notamment, l’ensemble des titres se laisse écouter sans aucun désagrément. Les morceaux proposent un heavy metal le plus souvent rapide, aux couplets travaillés tandis que les refrains restent accrocheurs dans la grande tradition du style. Le doublement des voix demeure une des valeurs ajoutées à ces chansons parfois à tiroirs, tandis que d’autres foncent tête baissée sans faire de quartier. Il est à noter un très joli travail au niveau des soli de guitares, elles aussi dans la plus pure tradition des références du style. Alors bien sûr, certains ne manqueront pas de remarquer une forte similitude entre la voix de Christophe Marty et celles de ses forts probables idoles que demeurent Michael Kiske, Kai Hansen ou Ralf Scheepers, mais le garçon met tout son cœur à l’ouvrage et ne peut en aucun cas être taxé de clone usurpateur sans panache. Il est nécessaire de voir au travers de cette sortie ce qu’elle est, un premier essai, par définition pas exempt de défaut. Certes, l’influence est immense – ce qui vaut pour le vocaliste vaut également pour l’ensemble de l’oeuvre et de ses artisans. BLIND WISDOM use et abuse sans doute un peu de celle-ci mais la volonté et la passion sont bien là. La personnalité et la griffe artistique du groupe s’affinera sans aucun doute au fur et à mesure des sorties que Pré en Bulle lui souhaite nombreuses. A noter également un très bel artwork signé Laurent Metivier. Les morceaux ont quant à eux été enregistrés au Höly Höme Studio de Bages, cependant que leur mastering s’est déroulé au Record It Studio de Perpignan. Très encourageant !

Liste des titres

1 – Every End Is A New Beginning

2 – Battle

3 – Poison And Wine

4 – Whistled Wind

5 – Enslaved

Facebook de Black Wisdom

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VLTIMAS « Something Wicked Marches In »

Annoncé dans le courant du dernier trimestre de l’an dernier, voici donc qu’arrive sur nos platines le premier album de VLTIMAS, projet élaboré autour du batteur Flo Mounier (CRYPTOPSY), du guitariste Rune Blasphemer Eriksen (AURA NOIR, ex-MAYHEM) et de David Vincent (ex-MORBID ANGEL). Le moins que l’on puisse dire, c’est que cet album est attendu comme le messie, si l’on en juge par le nombre toujours croissant de commentaires impatients glanés sur les réseaux sociaux. En effet, si l’association de ces trois sommités dans leur genre provoque une excitation non feinte, c’est probablement et avant tout l’idée de réentendre Vincent s’emparer du micro au sein d’un groupe de pur death metal, brutal et racé, qui titille l’oreille des fans. Pas que MORBID ANGEL n’en soit pas un, mais l’aventure liant le frontman à son ancienne formation s’étant terminée d’une manière bien abrupte et si peu convaincante aux yeux de la majorité des fans, avec un album semant la zizanie par son approche electro-death « Illud Divinum Insanus » (2011), et son amour grandissante pour la country music, sans compter son incorporation au sein de HEADCAT à la place du défunt Kilmister, laissaient à penser qu’un retour dans le giron du metal de la mort n’apparaissait pas des plus évidentes dans la tête de Vincent. Seulement voilà, lorsque l’on est sollicité par Blasphemer en personne et que l’on se sait rythmiquement soutenu par Mounier, difficile de résister à l’appel du growl. D’autant que la matière première, entièrement écrite par le guitariste, a semblé particulièrement appétissante pour le vocaliste pour qu’il s’investisse au mieux tout en délaissant sa basse – laquelle est tenue sur ce disque par Blasphemer lui-même –  pour se concentrer sur le chant. Fort de ce constat, l’écoute de cet album ne laisse aucun doute sur la nature de l’oeuvre ainsi proposée. N’y allons pas par quatre chemins : Something Wicked Marches In est un album passionnant. VLTIMAS offre aux amateurs du genre ce qu’ils sont en droit d’attendre d’un tel plumage, soit un ramage d’une violence extrême, grandiose, formidablement agencée, alternant les passages telluriques et les breaks assassins. Magistralement enregistré sous la houlette de Jaime Gomez Arellano en Grande-Bretagne, aux Orgone Studios, cet album impose sans forcer ses ambiances, blastées ou non, mais toujours majestueusement pensées. Rien ne semble avoir été laissé au hasard, sans doute le visionnaire Blasphemer ayant depuis le départ de l’aventure un objectif vraiment tangible duquel rien, ni personne ou presque, ne parvenant à l’en dévier. Même si Vincent et Mounier ont su apporter leurs idées au guitariste pour l’élaboration des chansons, l’empreinte Blasphemer reste la plus évidente. Les riffs sont d’ailleurs emprunts d’une ambiance black metal plus souvent qu’à leur tour, mais cette touche noire ne perturbe en rien l’écoute de cette œuvre pour un non-initié au style comme peut l’être votre serviteur. Bien au contraire, l’amalgame des ambiances permet aux novices de faire la jointure entre le death et le black metal. Il s’agit probablement du tour de force de ce disque. Parvenir à concentrer sous une même chapelle l’ensemble des amateurs de musiques extrêmes. Chapeau bas. L’album jouit d’une osmose quasi parfaite en matière de riffing, de rythmes furieux ou plus posés – quel travail absolument époustouflant de Flo Mounier ! – et d’une voix démoniaque au possible. On peut penser ce que l’on veut de David Vincent, de sa réputation, de ses choix artistiques parfois discutables ou de ses mauvaises manières, il reste un chanteur d’exception, sans doute le meilleur de sa catégorie. Délesté de son instrument, Vincent assure une prestation proprement hallucinante tout au long des 9 titres composant Something Wicked Marches In. Impossible de prendre le monsieur en défaut, lequel se permet même quelques incursions dans le domaine du chant clair, avec parcimonie mais surtout avec aisance et réussite. Vous l’aurez sans doute compris depuis quelques instants, nous tenons avec ce premier album véritablement jouissif de VLTIMAS un potentiel futur très, très grand des musiques extrêmes. Si par hasard tel n’était pas le cas, ce disque se rangera parmi les meilleurs albums du genre de votre discothèque. Quand on pense qu’un deuxième album pointe déjà en ligne de mire du sieur Blasphemer, on est en droit de se demander jusqu’où s’arrêtera-t-il. Impatience totale et dégustation sans modération de l’instant présent. Album de l’année ? Allez savoir.

Parution le 29 mars 2019, disponible via ce lien

Titres de l’album

1 – Something Wicked Marches In

2 – Praevalidus

3 – Total Destroy

4 – Monolilith

5 – Truth And Consequence

6 – Last Ones Alive Win Nothing

7 – Everlasting

8 – Diabolus Est Sanguis

9 – Marching On

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MÖRGLBL « The Story Of Scott Rötti  »

Toujours mené par l’inénarrable Christophe Godin, le trio de musiciens que compte MÖRGLBL revient fêter ses 20 ans d’existence au moyen d’un nouvel album, le septième, intitulé The Story Of Scott Rötti. Toujours délicieusement entouré d’Aurélien Ouzoulias à la batterie et de l’excellent bassiste Ivan Rougny, le guitariste Godin propose tout au long de ce nouveau disque un condensé de ce que le groupe a pour habitude d’offrir à l’auditeur, soit une musique terriblement riche, ambitieuse et débarrassée de tout carcan, au milieu de laquelle surnagent de sacrés techniciens, capables de désarçonner le plus intransigeant érudit en matière de complexité auditive. Ce nouvel effort cependant se distingue de son prédécesseur Tea Time For Punks (2015) – et par extension ses sorties antérieures – par une approche sensiblement moins explosive que de coutume. Bien sûr, les amateurs de gros son et de plans proprement éblouissants, exécutés en quatorzième vitesse, y trouveront leur compte, mais MÖRGLBL semble avoir pris le parti d’imposer des rythmes parfois moins frénétiques et des situations musicales nettement plus dépouillées, d’une densité plus légère mais succulente, astreignant l’auditeur à le suivre sur des terrains plus ambiants. La sémantique du groupe est belle et bien là, mais Christophe Godin et les siens semblent savourer l’instant pour mieux faire déguster le suivant. Certains morceaux dénotent par leur approche sans doute plus ouverte que jamais sur le jazz. Pourtant, dieu sait qu’en terme d’ouverture, MÖRGLBL se pose en tête de gondole. Mais ce nouvel album démontre une fois encore l’amour que les trois compères portent au style et à ses nombreuses variantes. Tout au long des titres d’une luxuriance jamais prise en défaut, la magie prend forme sans qu’aucune combinaison plus audacieuse qu’une autre ne vienne perturber l’écoute de l’auditeur, même le moins musicalement instruit. Tout saute, tourbillonne et voltige dans un Magma sonore bouillonnant – notez la majuscule ! – avant de terminer miraculeusement dans votre conduit auditif. Quel tour de force ! Même si dans sa globalité ce nouvel album se veut moins fou-fou, il n’en demeure pas moins que nous avons affaire à une musique fascinante où s’entremêlent, parfois de manière très surprenante, les instruments, mais là où l’aspect purement technique semblerait un peu rébarbatif, la capacité de MÖRGLBL à unifier ses pistes au sein d’un même titre rend l’écoute véritablement captivante. Car, s’il est une chose essentielle à noter s’agissant de cet album, c’est que nous sommes face à de véritables « chansons », non à une débauche stérile de puissance technique. Sans doute est-ce cela dont peut le plus s’enorgueillir le groupe avec ce nouvel album, ne laisser aucun auditeur sur le bord de la route. Ce nouveau disque s’adresse à toutes et à tous, sans distinction aucune et non à une caste de musiciens pointus. A aucun moment l’attention ne dévie de sa trajectoire, ni de son but. Celui de passer un sacré bon moment avec des musiciens d’une qualité exceptionnelle, capables de vous embarquer avec eux dans un grand 8 artistique ébouriffant. Et comme l’humour n’est jamais très loin lorsqu’il s’agit de MÖRGLBL, sans doute peut-on percevoir la onzième et courte dernière piste comme un hommage à Christophe Salengro, président de la présipauté du Groland, décédé quelques mois seulement avant l’enregistrement estival entrepris l’an dernier. Un album en tout point réjouissant !

Page Facebook du groupe

Liste des titres

1 – Flics Amis Amish

2 – Anarchytektür

3 – Les Légions Du Rhum

4 – Dark Vädim

5 – Döner Dörgazm

6 – La Lèpre à Elise

7 – Crime Minister

8 – Panzer Kökötier

9 – Prog Töllög

10 – The Story Of Scott Rötti

11 – Cor à Cor

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NUISIBLE « Slaves & Snakes »

Oubliez Diogène, sa lampe et son tonneau. Chassez de votre esprit Diderot, Rameau et son neveu. Les quatre membres de NUISIBLE leur pissent à la raie sans retenue, comme à la notre, en vous offrant cette pantomime dégueu’ des plus indécentes. Oubliez également tout ce qui vous fait honte et vous dérange dans votre vie minable et ratée. NUISIBLE se charge de décortiquer votre misère de névrosé soumis à l’échec de votre existence. Fondé sur les cendres du groupe de hardcore ébroïcien AS WE BLEED, NUISIBLE revient après un ep, Inter Feces Et Urinam Nascimur paru en 2016 chez Deadlight Entertainment, avec ce premier album, Slaves & Snakes, lui aussi paru sous le label dont l’épicentre se trouve à Foix, en Ariège. Les choses étant ce qu’elles sont, de même qu’il est bien illusoire de vouloir y changer quoi que ce soit, le groupe poursuit son œuvre de nihilisme musical, à grands coups de boutoir rythmique et de décharnement distordu. NUISIBLE vous invite à vivre un mauvais rêve : le vôtre. Le groupe semble prendre un malin plaisir à gratter là où la corde sensible survit tant bien que mal en mode ultra obscène. Celle qui vous ronge, dont vous n’êtes pas fier et qu’il serait souhaitable de ne pas dévoiler en public. Cette micro-seconde où vous avez éprouvé un début de fantasme en regardant par le trou de la serrure votre maman sous la douche ; celui qui vous a forcé à ouvrir les yeux tout en pivotant la tête d’un quart de tour à hauteur de l’accident impliquant quatre voitures et dont l’issue mortelle de tous les occupants ne fait aucun doute, tandis que vous vous promettiez intérieurement quelques instants auparavant que vous baisseriez le regard pour ne pas voir cela. Par pudeur sans doute. NUISIBLE flatte vos instincts refoulés les plus bas, les moins moraux, desquels semblent surgir parfois une once de misère. Ce plaisir aussi malsain qu’inqualifiable d’avoir assisté au spectacle d’un viol collectif dans une cave insalubre est à portée de vos entrailles et hante votre subconscient, non parce que vous en avez été témoin, mais bien parce que vous n’avez pas participé à la tournante. Cette idée vous révulse autant qu’elle vous obsède. Vous êtes répugnant mais dans la fond, ça vous plaît. La complaisance de l’ordurerie, en quelque sorte. Vous préméditez secrètement d’assouvir votre désir de vengeance d’avoir dû subir la main protéiforme du curé de la paroisse à l’intérieur de votre culotte, cette saloperie libidineuse qui vous crache à la gueule sa fausse morale comme il crache sa purée dans votre gorge d’enfant en maintenant fermement de sa main droite et moite votre menton, tout en bouchant votre nez avec les doigts parfumés d’odeur anale de son autre main. NUISIBLE, c’est un peu tout cela à la fois. L’arôme repoussant des charniers de l’Holocauste, mêlée à la putréfaction nauséabonde d’une carcasse en décomposition avancée de nonagénaire. Les agressions sonore de cet album n’ont d’autre effet que celui de vous sentir minable, paumé, empli de haine à l’encontre de vos prochains, votre descendance et leurs cercueils. Le soubassement d’une décharge à ordure est encore bien trop douillet pour écouter Slaves & Snakes. Votre seule échappatoire, c’est la came, l’alcool frelaté et les bas-fonds d’un caniveau. Alors, à quoi bon lutter ? Autant en finir au plus vite, n’est-ce pas ? Autant vider ses couilles et son sang du haut de la cime du monde, en ordonnant à ces êtres insipides imbibés de merde d’aller baiser leurs morts. Quel intérêt de poursuivre cette existence sur une voie que vous savez par avance condamnée? Pour vous aider à en finir une bonne fois pour toutes, NUISIBLE se propose de vous accompagner au bal des morts-vivants et de terminer le travail, non en crachant sur votre tombe, mais en déféquant en son sommet avec un jubilatoire dédain. L’enfer vous paraîtra soudain plus paisible que votre vie manquée, vos amours contrariées et votre quotidien imprégné de frustration et de rage. Le dégoût de vous-même et de votre existence sera porté à son paroxysme en écoutant cet album. Vous n’en sortirez pas indemne, c’est certain. Il n’est que le reflet de vos souffrances, de vos doutes et balaie en l’espace de 33 minutes toute volonté de bien faire, de participer à la vie en y trouvant le bonheur. Du grand art.

Album disponible via ce LIEN

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Liste des titres

1- Slaves…

2 – … And Snakes

3 – Evil Still

4 – Death Legacy

5 – Vengeful Blood

6 – Pervert Biggot

7 – Swarm As king

8 – Two Sided Integrity

9 – Burning Embers

10 – Blind Paradox

11 – Blur The Light

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